MATHERON Lucien, René

Par Daniel Grason

Né le 8 octobre 1920 à Paris (IVe arr.), fusillé comme otage le 16 septembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; manœuvre.

Lucien Matheron
Lucien Matheron

Fils d’Hilarion Fernand, livreur, et de Jeanne Marie, née Robin, Lucien Matheron était célibataire et vivait 19 rue Henri Vuillemin à Goussainville (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Il a été arrêté le 28 août 1941 pour faits de résistance et il fut détenu à la prison du Cherche-Midi à Paris (VIe arr.) puis à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne). Les militaires allemands firent l’objet de plusieurs actions de la Résistance à Paris début septembre 1941. Le 6 vers 4 h 30 du matin des sentinelles allemandes de faction devant la propriété d’un collaborateur dans le XVIe arrondissement essuyèrent des coups de feu. Le même jour, vers 23 h 30 l’adjudant Hoffmann fut pris pour cible, rue Fontaine (XVIe arr.). À la même heure, boulevard Bonne-Nouvelle (Xe arr.), Ehwin Gerstner reçut plusieurs coups de poing au visage. Au moment où il prenait son billet à la station Porte Dauphine (XVIe arr.), le matelot Denecke fut blessé d’une balle à la cuisse le 10 vers 19 h 15. Enfin, le 11 sur les Champs-Élysées (VIIIe arr.) le trésorier général Knop reçut un coup de matraque sur la tête.
Les autorités d’occupation décidèrent de fusiller en représailles dix otages le 16 septembre 1941 au Mont-Valérien. Lucien Matheron, vingt et un ans, fut passé par les armes à 8 h 30 en compagnie de : René Joly quarante et un ans, Lucien Clément vingt-neuf ans, Albert Gokelaere vingt-six ans, Jules Bonnin vingt-quatre ans, David Liberman dix-neuf ans, Chil Opal cinquante ans, Isaïe Bernheim soixante-douze ans, Henri Bekerman vingt et un ans et Léon Blum soixante-deux ans. Le lendemain, le quotidien Le Matin publiait un « Avis » avec les noms, accompagnés d’un texte du journal collaborationniste qui relevait que parmi les dix hommes qualifiés de « communistes » il y avait « cinq Juifs ». Un appel à la délation était lancé : « Tout Français, digne de ce nom, doit donc aider la justice à faire la lumière dans ces affaires et dénoncer les criminels. Les Français se le doivent à eux-mêmes, ils le doivent à leur famille. »
Le 19 septembre l’Humanité clandestine titrait : « Honte au général assassin Von Stülpnagel qui a fait fusiller à nouveau dix otages parmi lesquels trois jeunes de dix-neuf et vingt et un ans et un vieillard de soixante-douze ans. » Les dix noms étaient suivis d’une phrase vengeresse : « Le sang de ces martyrs, victimes des cannibales fascistes, crie Vengeance ! et le jour viendra où l’ennemi Von Stülpnagel devra payer. »
Lucien Matheron fut inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) le 16 septembre 1941 division 39, ligne 4, n° 2. Après la Libération, il a été transféré dans le carré militaire du cimetière de Goussainville. Son nom figure sur le monument aux morts de la ville ainsi que sur la cloche du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien.
Lucien Matheron a été homologué Interné résistant et, à titre posthume, combattant des Forces françaises de l’intérieur (FFI).
Le ministère des Anciens Combattants le reconnut « Mort pour la France » le 15 mars 1946.
Lucien Matheron reçut la médaille militaire , la croix de guerre avec palme et la médaille de la résistance, à titre posthume (1959) avec la citation "Magnifique patriote, membre des FFI, arrêté pour faits de résistance le 28/08/1941, a été interné jusqu’au 16/09/1941, date à laquelle il est mort glorieusement pour la France" par décret du président de la République Charles de GAULLE -

Voir Mont-Valérien, Suresnes (Hauts-de-Seine)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article141566, notice MATHERON Lucien, René par Daniel Grason, version mise en ligne le 27 août 2012, dernière modification le 8 juin 2021.

Par Daniel Grason

Lucien Matheron
Lucien Matheron
Place Henri Barbusse. Goussainville
Place Henri Barbusse. Goussainville
Tombe à Goussainville
Tombe à Goussainville

SOURCES : Arch. PPo. BA 1752. — DAVCC, Caen, B VIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). — SHD Vincennes GR 16 P 406936. — L’Humanité clandestine no spécial du 14 juillet 1941, no 129 du 19 septembre 1941. — Le Matin, 17 septembre 1941. — S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. — JO, 9 septembre 1959. — Site Internet Mémoire des Hommes. — MémorialGenWeb. — Site Héros de Goussainville. — Répertoire des fusillés inhumés au cimetière parisien d’Ivry.

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