ARYANOVITCH Georges

Par Daniel Grason

Né le 4 octobre 1897 à Sambor en Serbie (Yougoslavie) ; disparu en décembre 1941 ; ouvrier tailleur ; militant communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; résistant.

Georges Aryanovitch fils de Milan et d’Anna Detkovitch arriva en France en septembre 1923, il résida à Nice (Alpes-Maritimes), puis à Paris jusqu’en 1924. Célibataire, il partit en Espagne combattit dans la XVe Brigade internationale, il parlait et lisait le hongrois, le russe et le français. Il bénéficia d’une permission le 3 mars 1938 à destination de la France. À son retour d’Espagne, il demeurait 4 Rue Auger, Paris XXe arr.

Le 2 février 1939, il obtint une carte d’identité au titre de « travailleur industriel », il quitta le 15 mars son logement pour le 2 Rue Lhomond, Paris Ve arr. Il travaillait en qualité de tailleur chez Simon Deri 2 Av. de Breteuil, VIIe arr.
Un militant communiste roumain Jules Kover-Kiss repéré par la police fut filé, Georges Aryanovitch était interpellé le 7 novembre 1940. Lors de la fouille au corps, les policiers saisissaient le livre « Histoire du parti bolchevik de l’Union Soviétique » en langue hongroise ; une liste de souscription du parti communiste français avec comme en tête un appel à chasser « le gouvernement Laval » ; trois feuilles de souscription en langue hongroise et un calepin avec des notes de lecture en hongrois.

Les policiers trouvèrent des livres et des brochures en français, hongrois et russe à son domicile des livres et brochures, certains de Engels et de Staline. Lors de son interrogatoire, il déclara : « Je lis beaucoup et j’aime à me documenter sur tous les sujets ». Inculpé d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939, il fut conduit au Dépôt le 8 novembre. À aucun moment, sa participation aux combats dans les Brigades internationales ne fut pas découverte. Il comparut le 12 novembre devant la 12e Chambre du Tribunal correctionnel de la Seine, fut condamné à huit mois de prison, le 14 décembre 1940. Il purgea sa peine à la centrale de Poissy (Seine-et-Oise, Yvelines), le préfet de police ordonna son expulsion à l’issue de sa peine, il était libérable le 2 juillet 1941.

La direction départementale des anciens combattants demanda en 1948 une enquête sur la destinée de Georges Aryanovitch. Selon un rapport du 7 décembre, à l’expiration de sa peine, les autorités allemandes l’emprisonnèrent à la Santé, puis à Fresnes, puis il aurait été fusillé en décembre 1941. Or, aucune transcription de sa mort ne figurait dans les mairies du IIIe arr. et de Fresnes, de plus deux de ses compatriotes qui lui faisaient parvenir des colis à la prison de la Santé témoignèrent qu’ils ne reçurent plus de nouvelles de lui à la même époque. Deux autres rapports de 1952 et 1955 aboutirent à la même conclusion, le destin de Georges Aryanovitch demeura inconnu.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article141949, notice ARYANOVITCH Georges par Daniel Grason, version mise en ligne le 15 septembre 2012, dernière modification le 1er juillet 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. RGASPI 545.2.114, BDIC mfm 880/47. - Arch. PPo. 77W 1738.

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