TÉRION Lucien

Par Claude Pennetier

Né le 12 juillet 1894 à Montrichard (Loir-et-Cher), mort en déportation le 3 mai 1945 à Mauthausen ; mutin de la mer Noire ; compagnon du Tour de France, conducteur de travaux ; militant communiste de Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine).

Plaque sur les murs de la Fédération compagnonnique des métiers du Bâtiment.

Fils d’un charpentier de Montrouge, sapeur au 7e génie en 1919, Lucien Térion fut un mutin de la mer Noire.

Il suivit les cours de « trait » (dessin) de l’école des compagnons charpentiers du Devoir de Liberté de la rue Mabillon à Paris. Il fut reçu compagnon pour la Saint-Joseph, le 26 mars 1927, sous le nom de « Tourangeau l’Intrépide ». Il était alors gâcheur (contremaître) chez Paquignon à Vanves. Il réalisa un chef-d’oeuvre de charpente en 1927 qui lui valut le titre de Meilleur Ouvrier de France. En 1937, il travaillait comme conducteur de travaux à l’entreprise Nord Travaux Publics.

Syndicaliste CGTU puis CGT, Lucien Térion était secrétaire du rayon communiste de Montrouge en 1935. C’est lui qui, en septembre 1936, sollicita Arthur Dallidet pour aller combattre en Espagne et obtint son accord. Il ne semble pas que cet engagement ait été suivi d’effet.

Président des compagnons charpentiers de Paris jusqu’en 1942, il était fondateur de la Coopérative ouvrière de production des charpentiers de l’Ile-de-France.

Il entra dans la Résistance comme membre du groupe Libération. Arrêté par la Gestapo à Bonneuil-sur-Marne en 1944, il fut déporté à Mauthausen et tué le 3 mai 1945, à quelques jours de la fin de la guerre…

Son nom ne figure pas sur le Mémorial de la déportation seul un nom proche, Thirion y est inscrit.

Dans une lettre à Jean Maitron du 12 mai 1955, sa veuve, toujours domiciliée à Montrouge, évoquait, une « plaque de mon mari, [10] rue Mabillon » à Paris.
Une carte postale dans la série « Les heures glorieuses de la Mer Noire » 30e anniversaire 1919-1949, a été éditée avec son portrait (voir photo ci-dessus).

Le musée-librairie du compagnonnage, dédié à l’histoire du compagnonnage, est installé dans l’ancien siège des compagnons charpentiers du devoir de liberté (« Indiens »), rue Mabillon. Il est géré par la Fédération compagnonnique des métiers du Bâtiment. Sur la façade du musée on peut voir une plaque à la mémoire de Lucien Térion :

« À la mémoire de Lucien Térion, dit : Tourangeau l’Intrépide, président des Compagnons charpentiers du Devoir de Liberté de Paris, meilleur ouvrier de France, lauréat du travail de Belgique, lauréat de la Ligue d’enseignement et d’éducation sociale, lauréat de la Société arts, sciences et lettres, déporté politique mort pour la France au camp de Mauthausen le 3 mai 1945"

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article142128, notice TÉRION Lucien par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 septembre 2012, dernière modification le 15 juin 2022.

Par Claude Pennetier

Lucien Térion
Lucien Térion
Plaque sur les murs de la Fédération compagnonnique des métiers du Bâtiment.

SOURCES : Notice Arthur Dallidet. — Arch. Jean Maitron, CHS/Paris I, correspondance.

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