PAYRI Jean, Pierre, Joseph.

Par André Balent

Né le 5 mars 1900 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) ; mort le 9 septembre 1973 à Toulouse (Haute-Garonne) ; propriétaire viticulteur à Saint-Laurent-de-la-Salanque (Pyrénées-Orientales) ; médecin à l’hôpital de Perpignan ;conseiller municipal de Saint-Laurent-de-la-Salanque ; militant du Parti socialiste SFIO ; résistant (Libération-Sud) ; déporté en Allemagne.

Jean Payri était le fils de Pierre, Pompée, Léon médecin (trente-cinq ans en 1900) et de Marie-Thérèse Sèbe, vingt-neuf ans 1900. Il se maria quatre fois : le 18 octobre 1923 à Saint-Laurent-de-la-Salanque (Pyrénées-Orientales) avec Marie, Paule, Angèle, Mazarine Cadilhac de Madures ; le 15 novembre 1926 à Perpignan avec Jeanne, Marie Llonch ; à Saint-Pierre (Haute-Garonne) avec Suzanne, Marie, Rose Parazols à Perpignan le 9 janvier 1947.
Jean Payri mena de front une double activité de médecin et de viticulteur. Ce fut un militant actif.
En 1945, il était médecin des hôpitaux à Perpignan. Il occupait alors le poste de médecin-chef du service de vénérologie de l’hôpital Saint-Jean de Perpignan. Il était également inspecteur départemental de l’hygiène.
Alors qu’il était étudiant, Jean Payri adhéra en 1921 au groupe des Étudiants républicains de Montpellier (Hérault). En 1924, il adhéra au Parti socialiste SFIO. En 1926, il devint conseiller municipal de Saint-Laurent-de-la-Salanque (Voir Paret-Escudié Urbain).
En 1936, Jean Payri offrit ses services pour venir en aide aux républicains espagnols. Il se rendit à Llançà (province de Gérone, près de la frontière) pour soigner trois cents enfants malades.

En septembre 1939, il fut mobilisé comme médecin capitaine à Creil (Oise), puis à Montpellier. Il participa à la campagne de France.
Démobilisé, il revint dans les Pyrénées-Orientales. Il s’engagea dans la Résistance dans les rangs du mouvement Libération-Sud. Il fut immatriculé dans les Forces navales françaises libres en janvier 1942 au titre du réseau Action de la France combattante « Kléber » du BCRA. Il était aussi en contact avec un résistant de Cerdagne actif dans les filières de passages clandestins vers l’Espagne (le réseau Akak de l’OSS, en particulier), l’abbé Jean Ginoux, curé de Dorres et des Escaldes : il lui recommanda douze jeunes jésuites que leur supérieur voulait faire partir en Espagne et que l’évêque de Perpignan, Mgr Bernard ne voulait pas accepter dans son diocèse. Il expliqua lui-même ses contacts avec l’abbé dans une lettre tapuscrite à Yseult Marcadet, assistante sociale aux Escaldes et confidente de celui-ci (1966, sans indication de lieu, de jour et de mois).
À noter, également, que, à l’hôpital de Perpignan, un groupe de FTP avait constitué par des membres du personnel et fut aussi victime de la répression (Voir en particulier : Holan Paul, Leccia Émile). Arrêté par la Siecherheitspolizei le 3 mars 1944, il fut torturé (il eut une côte cassée). Il fut déporté en Allemagne par le convoi parti de Compiègne le 27 avril 1944, le même que celui de Georges Brousse, le patron de L’Indépendant des Pyrénées-Orientales, le plus important organe de presse du département, le troisième convoi de non-Juifs à aller directement à Auschwitz depuis la France. Les déportés furent tout d’abord dirigés vers Auschwitz où ils arrivèrent le 30. Le 12 mai, ils furent transférés à Buchenwald. Par la suite, il fut interné à Flossenbürg et affecté au commando de Hersbruck (usine souterraine de fabrication de moteurs d’avions) où il contracta le typhus.
De retour dans les Pyrénées-Orientales, il milita à nouveau dans les rangs du Parti socialiste SFIO. Il fut candidat de la SFIO dans le canton de Saint-Laurent-de-la-Salanque de septembre 1945. Au premier tour, il recueillit 1322 voix (Émile Masnou PCF : 1109 ; Georges Lavail, radical-socialiste : 778). Il fut facilement élu 30 septembre 1945 conseiller général de ce canton car Masnou s’était retiré en sa faveur, en application des accords de désistement. En mars 1949, il fut remplacé par Joseph Artès, maire radical de Torreilles.

En 1947, Jean Payri fut nommé dans l’ordre de la Légion d’Honneur (dans lequel il accéda au grade de commandeur) pour faits exceptionnels de guerre. Il était titulaire de la croix de guerre avec palmes et de la médaille de la Résistance.

Père de deux enfants, il fut inhumé dans l’intimité le 11 septembre 1973 à Gruissan (Aude).

Deux rues portent le nom de Jean Payri, à Saint-Laurent-de-la-Salanque et à Narbonne (Aude).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article142158, notice PAYRI Jean, Pierre, Joseph. par André Balent, version mise en ligne le 4 octobre 2012, dernière modification le 17 avril 2016.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Pyrénées-Orientales, série J non classée, fonds Iseult Marcadet (activités résistantes de l’abbé Jean Ginoux, de Dorres, Pyrénées-Orientales). — Arch. com. Perpignan, état civil, acte de naissance et mentions marginales. — Le Cri Socialiste, nouvelle série, 25 janvier 1945, 15 septembre 1945. — L‘Indépendant, 13 septembre 1973, faire part de d’inhumation ; 26 septembre 1973. — André Balent, « Ginoux, Jean, Émile [Robert Darques dans la clandestinité] », in Gérard Bonet, André Balent, Étienne Frénay, Nicolas Marty, Michelle Ros, Nouveau dictionnaire de biographies roussillonnaises, 1789-2011, volume I, tome I, Pouvoirs et société, A à L, Perpignan, Publications de l’Olivier, 699 p. [pp. 492-495]. — Roger Bernis, Roussillon politique du réséda à la rose, 1, Le temps de Quatrième, Toulouse, Privat, 1984, 286 p. [pp. 28, 30, 132, 157] — Ramon Gual et Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, II b, De la Résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, p. 509, p. 1060. — Livre mémorial de la déportation in http://www.fmd.asso.fr/ , site de la Fondation pour la mémoire de la déportation consulté le 3 septembre 2012. — Amiral Émile Chaline, Liste des marins FNFL in http://www.charles-de-gaulle.org consulté le 26 septembre 2012. — http://www.francaislibres.net site consulté le 26 septembre 2012.

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