LAMBERT Eugène, André, Raymond dit Bibi

Par Daniel Grason

Né le 30 novembre 1901 à Amiens (Somme), mort le 19 novembre 1948 à Paris XIIe arr. ; représentant en vins ; sympathisant communiste, puis membre du rassemblement national populaire (RNP) ; volontaire en Espagne républicaine.

Fils d’Eugène, terrassier et de Juliette, née Brument, Eugène Lambert fut orphelin à l’âge de treize ans. Son père Eugène, Hippolyte soldat au 12e Régiment d’infanterie fut tué le 29 septembre 1914 à Achiet-le-Petit (Pas-de-Calais), le déclara « Mort pour la France ». Le Tribunal civil de la Seine en date du 6 décembre 1919 fit de son fils Eugène, André un pupille de la Nation. La décision fut transmise à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis) où la famille habitait. Eugène, André épousa dans cette ville Jeanne Raffy, le 22 janvier 1921, pratiquait la boxe anglaise.

Il fut mobilisé en 1921 au 2e zouave, fit huit mois de campagne au Maroc, fut décoré de la Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs (TOE) et de la Médaille coloniale. De retour en France, il intégra un régiment d’infanterie, fut nommé caporal, démobilisé en 1923.

Le couple demeurait 22 Rue Edgar-Quinet à La Courneuve, un enfant naquit. Eugène exerçait la profession de représentant en vins. Sympathisant communiste, il partit le 28 novembre 1936 en Espagne combattre dans les Brigades internationales. Il fut incorporé dans la XIVe Brigade, blessé, il fut rapatrié sanitaire le 20 janvier 1938.

Il quitta sa femme, vécut avec une amie, elle-même séparée et mère de trois enfants, ils habitaient à l’hôtel Parmentier 23 Rue Saint-Ambroise dans le XIe arr. Il reprit son métier de représentant en vins, proposant ses crus dans les nombreux cafés-restaurants, débits de boissons fort nombreux à Paris et en banlieue.

Mobilisé le 3 septembre 1939 au 92e Régiment d’infanterie à Tours (Indre-et-Loire), étant cardiaque, il fut réformé le 13 octobre. En 1941, Eugène Lambert était au chômage, loua un nouveau logis au 14 Rue de Belfort.

Une lettre anonyme dactylographiée arriva à la préfecture de police le 22 janvier 1942. Il était dénoncé comme « un repris de justice » et « un communiste acharné […] se glorifiant d’avoir participé à la guerre d’Espagne comme volontaire ». Le dénonciateur faisait référence aux directives du Maréchal Pétain et justifiait son anonymat en raison des antécédents d’Eugène Lambert.
Un policier du quartier mena l’enquête, Eugène Lambert avait purgé en 1941 quelques mois de prison avec quelques complices pour avoir volé, puis vendu au détail au marché noir un cheval appartenant à l’armée. Il était connu pour fréquenter quelques débits de boissons en compagnie de copains.

Il fut interpellé le 24 mars 1942, il précisa que jamais il ne se syndiqua ni adhéra au parti communiste. Il reconnut son engagement dans les Brigades internationales, mais déclara qu’il fut « écœuré par l’attitude des communistes et par les scènes de vandalisme ». Il en rajouta, prétendit qu’il s’était enfui de son unité. Poursuivit par la police espagnole, il se réfugia au Consulat de France où il demanda son rapatriement.

Il affirma qu’il était devenu « l’adversaire des communistes », et que quarante-huit heures avant son arrestation il avait donné son adhésion au RNP, parti collaborationniste fondé par Marcel Déat, il donna le numéro de sa carte. Après l’interrogatoire, il fut relâché.

Il mourut le 19 novembre 1948 à Paris XIIe arr.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article142178, notice LAMBERT Eugène, André, Raymond dit Bibi par Daniel Grason, version mise en ligne le 14 novembre 2012, dernière modification le 10 janvier 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. RGASPI 545.6.45. – Arch. PPo., RG77W 221. – Site Internet Mémoire des Hommes. – État civil, Amiens.

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