JUSTICE Léon, Georges, Lucien

Par Daniel Grason

Né le 12 septembre 1896 à Mayet (Sarthe), mort le 17 mai 1968 à Mayet ; forgeron, manœuvre ; communiste ; interné ; résistant.

Fils d’Auguste, ouvrier tisseur et d’Augustine, née Brossard, Léon Justice de la classe 1916 fut mobilisé lors de la Grande guerre. Il épousa Bérengère Bobin, le couple fit l’acquisition d’un pavillon au 6 Rue Louise-Michel à Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis). Un fils Raymond, naquit en 1920. En 1919, Léon Justice entra au réseau Nord des Chemins de fer à Drancy, travailla dans les ateliers comme forgeron. Il fut révoqué l’année suivante pour faits de grève, puis réintégré en 1921. Il fut mis à la retraite en 1937.

Il travailla alors comme manœuvre aux entrepôts de la Chambre de commerce à Pantin, la direction le considérait comme une forte tête tentant d’influencer les ouvriers. Il fut requis civil à la SNCF du 2 septembre au 31 décembre 1939. Ensuite, il reprit son poste aux entrepôts, des papillons du parti communiste furent collés dans les locaux, mais « aucune preuve n’a pu être recueillis contre lui » écrivit un policier dans un rapport.

Des policiers pensaient que le sous-sol du pavillon abritait une imprimerie clandestine, ceux du commissariat de Pantin perquisitionnèrent le 19 novembre 1940. Ils trouvèrent quelques magazines qualifiés « d’extrême gauche », mais antérieurs à la mesure d’interdiction du parti communiste, il ne fut pas inquiété.
Son fils Raymond Justice* fut arrêté le 13 août 1941 par la police, interrogé par les Brigades spéciales. Livré aux allemands, il fut condamné à mort par une Cour martiale pour « Intelligence avec l’ennemi », fusillé le 26 août 1941 au Mont Valérien à Suresnes.

Quant à Léon Justice, il fut appréhendé le 24 septembre 1942 par la police, lors d’une opération d’ensemble menée avec la gendarmerie sur le département de la Seine contre des communistes ou supposés tels. Il était soupçonné d’avoir participé à la distribution de tracts clandestins. En application du décret du 18 novembre 1939, il y eut mille six cent vingt et une arrestations, tous étaient internés à la caserne des Tourelles, Bd Mortier, Paris XXe arr. Il fut interné à Pithiviers (Loiret), libéré le 28 juillet 1943.

Il se réfugia immédiatement ans le village de Pontvallain dans la Sarthe, chez un cultivateur. Ce dernier lui délivra aux premiers jours d’août 1944, une attestation d’hébergement au titre de réfractaire. Il rentra à Drancy, poursuivit son activité résistante avec Ceux de la Résistance (CDLR). Léon Justice obtint des attestations écrites certifiant qu’il servit dans les FFI de Drancy.

Il déposa plainte le 7 avril 1945 contre les inspecteurs qui arrêtèrent son fils. Le conseil municipal nomma une rue Raymond Justice, son nom fut gravé sur une plaque commémorative à l’entrée de la mairie de Drancy avec les autres fusillés et les déportés de la ville.

Léon Justice mourut le 17 mai 1968.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article142316, notice JUSTICE Léon, Georges, Lucien par Daniel Grason, version mise en ligne le 15 octobre 2012, dernière modification le 8 octobre 2012.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 1836, KB 64, RG77W 1462. – État civil, Mayet.

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