DODAT Georges

Par François Ferrette

Né le 22 mars 1898 à Brest (Finistère) ; militant de l’ARAC ; militant communiste de Paris puis en rupture.

Engagé volontaire le 27 mars 1915, Georges Dodat a été blessé et cité à l’ordre de la brigade le 17 décembre 1916. Par la suite il a été versé dans les services auxiliaires de l’armée. En traitement pour maladie à l’hôpital Faidherbe pendant deux mois, jusqu’en avril 1919, il a été ensuite renvoyé dans ses foyers. Il recevait une pension d’invalidité d’un taux de 60 %. Selon la police, son père aurait été tué en août 1914 mais tous les rapports ne s’accordent pas sur ce point. À la démobilisation, il a eu plusieurs activités professionnelles : successivement peintre aux usines Renault de Billancourt, employé de bureau puis employé à la gare du Nord, enfin concierge jusqu’en 1927. Il était titulaire du certificat d’études.

Il ne semble pas avoir eu d’activités pacifistes. À la démobilisation, il s’était investi dans plusieurs organisations. Il eut une activité intense au début des années 1920 dans les rangs communistes et antimilitaristes. Il était secrétaire de la 20e section parisienne de l’ARAC et secrétaire fédéral adjoint de la Seine du 3 octobre 1919 au 1er novembre 1920. Dans ce cadre, il avait été chargé de former une légion populaire, sorte de service d’ordre pour les organisations ouvrières. Il était également secrétaire provisoire du groupe du XXe arrondissement du Comité de la IIIe Internationale depuis avril 1920 puis à la tête d’un « comité de défense des soldats emprisonnés » en décembre 1920. Il portait un intérêt pour les milieux d’extrême gauche et signa l’appel de la commission mixte des organisations révolutionnaires fondée pendant l’été 1920. Il s’agissait d’un « front des révolutionnaires » impulsé par les dirigeants ultra-gauches liés à la fédération communiste des soviets et au parti communiste de Raymond Péricat, deux petites organisations alors en concurrence avec le Comité de la IIIe Internationale. Ce dernier décida d’ailleurs de boycotter cette commission ayant mieux à faire de convaincre la masse des socialistes qui se tournaient de plus en plus vers le communisme. Georges Dodat soutint les initiatives de la commission mixte et intervint notamment dans la réunion publique à La Bellevilloise contre la commémoration du 11 novembre 1920.

En 1921, il prit part aux réunions de la jeunesse communiste et à ceux du comité d’action révolutionnaire du 20e arrondissement dont il était le secrétaire. En 1922, il s’opposa aux projets de statuts de la fédération communiste de la Seine et signa le manifeste du Comité de Défense Communiste (CDC), dans la filiation de la motion Heine-Leroy soumise au vote des congressistes au moment du congrès de Tours. Heine était d’ailleurs signataire du Manifeste du CDC. Dodat le fréquentait d’ailleurs depuis au moins l’été 1920 dans la commission mixte. Il continuait essentiellement son activité militante par des interventions au titre de l’ARAC et soutenait la campagne en faveur de Sacco et Vanzetti. Il assurait le secrétariat du comité d’assistance en faveur du peuple russe dans son arrondissement. En mars 1922, Dodat eut sans doute des ennuis avec ses camarades qui animaient le comité d’assistance puisque l’Humanité parle du « cas Dodat ». Il fut vraisemblablement éloigné des responsabilités car il apparaissait ensuite uniquement comme orateur pour le comité de défense sociale. Le 22 octobre 1922, la commission des conflits de l’ARAC devait l’interdire de fonctions et de délégations, pour des raisons inconnues.

En 1927, après avoir été reçu au concours des facteurs-receveurs, il participa à l’action du syndicat des agents et employés des PTT dont il était le secrétaire et délégué de la 10e section de la Seine. En 1928, il fut violemment pris à partie dans le journal La cocarde rouge, organe communiste des PTT selon Dodat, sans doute de la CGTU, car il avait quitté l’ARAC au profit de la FNCR (Fédération nationale des combattants républicains) qui prônait l’indépendance politique et la lutte pour la paix universelle. Il répondit dans De la Bonne guerre du 31 mars 1928 et se félicitait alors de ses « campagnes contre le communisme dans le journal syndical : le Ralliement » Il signa son article en tant que trésorier adjoint de la 10e section de la FNCR et secrétaire du syndicat confédéré des PTT de la 10e section. En décembre, il devait recevoir l’appui de Fernand Bouisson, président de la Chambre des députés qui incita l’administration et la préfecture du Finistère à l’aider à retourner dans son département d’origine. Il fut nommé en définitive à Pluvien. Il gravit rapidement les échelons du syndicat pour devenir en 1930 secrétaire de la fédération postale du Finistère.

En 1930, il était le secrétaire départemental de la fédération postale du Finistère. En 1936, il habitait Rouen et porta plainte contre une surveillance policière à son encontre. Il écrivit qu’il n’avait « aucune fonction officielle dans un parti ou un syndicat », que son « engagement volontaire à 17 ans et [sa] conduite durant la guerre attestent hautement de [son] patriotisme et [son] dévouement aux institutions » de la France.

Il s’était marié le 8 mai 1920 avec Germaine Obé.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article142745, notice DODAT Georges par François Ferrette, version mise en ligne le 24 novembre 2012, dernière modification le 8 septembre 2020.

Par François Ferrette

SOURCES : Le Journal du peuple, 15 avril 1920. — L’Humanité, 27 octobre 1922. — Centre des Archives Contemporaines : cote 20010216, article 256 ; cote 1994 0440 article 281 dossier 23880, dossier 23801 et dossier 23802.

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