NICOT Gabriel, Léon

Par Daniel Grason

Né le 16 octobre 1913 à Paris (XIVe arr.), mort le 23 octobre 1944 à Mittelbau (Allemagne) ; manœuvre ; militant communiste ; résistant ; déporté.

Fils d’Édouard, cocher livreur et d’Eugénie, née Aupetit, Gabriel Nicot adhéra au Parti communiste. Il fut mobilisé lors de la déclaration de guerre dans un Régiment d’artillerie coloniale tractée. Il épousa le 18 octobre 1941, Joséphine Olzanski*, employée, vingt-huit ans, le couple vivait 16 rue d’Odessa, Paris XIVe arr.
Il travailla à partir du 9 juin 1942 comme manœuvre pour le compte des autorités allemandes dans un établissement du XVe arr. Il fut renvoyé le 4 août 1942 pour « propagande subversive ». Gabriel Nicot était en contact avec l’organisation clandestine du parti communiste, distribuait des tracts.
Le samedi 1er août 1942 devant le magasin Félix-Potin rue Daguerre dans le XIVe arr., des femmes des comités féminins étaient parmi les ménagères qui attendaient pour s’approvisionner, près de deux cents femmes. Elisabeth Ricol dite Lise protégée par plusieurs groupes de FTP prit la parole, un très court moment : « Les Français doivent refuser de travailler pour la machine de guerre allemande. […] C’est le moment de passer à la lutte armée contre les Boches pour les bouter hors du pays. Le deuxième front va bientôt s’ouvrir. […] Vive la Résistance, vive la France ! » (La mégère de la rue Daguerre). Selon le rapport de la police la tonalité de la harangue fut différente : « Révoltez-vous… Les Américains l’ont dit… Il faut piller les magasins ».
Les forces de police étaient sur place, des renforts arrivèrent, il y eut des échanges de coups de feu avec des FTP en protection. Un passant fut tué, il y eut six passants, deux gardiens de la paix et un caporal allemand blessés. Lise Ricol réussit à prendre la fuite, elle se dirigea vers la rue d’Odessa, le couple Nicot était absent, la concierge lui prêta des vêtements pas très seyant vu la différence d’âge. Gabriel Nicot qui rentrait chez lui prêta des vêtements de sa femme absente, puis il l’accompagna jusqu’au métro Châtelet.
Dès le 8 août des policiers des Brigades spéciales appréhendaient une personne impliquée dans ce qui était devenu l’affaire de la rue Daguerre. Le 11 août Gabriel Nicot était arrêté ainsi que Joséphine sa femme. Il y eut plus d’une vingtaine d’arrestations, ces résistants jugés plus tard par un tribunal militaire allemand, six d’entre eux furent fusillés en novembre 1942. Incarcérés, ils furent cinq à comparaître devant le Tribunal d’État le 17 mai 1943 : Marie Maurice*, Odette Reglait, Elisabeth Ricol future Lise London, Artur London, Joséphine et Gabriel Nicot. Ce dernier était condamné à cinq ans de prison.
Le 12 mai 1944, il était dans un convoi de deux mille soixante-treize hommes à destination de Buchenwald (Allemagne), ils arrivèrent quarante-huit heures plus tard. Gabriel Nicot fut transféré au camp de Dora à une date inconnue. Affecté au Kommando de travail de Mittelbau dont l’activité principale était l’installation d’une usine souterraine dans une colline, matricule 49568, il mourut le 23 octobre 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article142811, notice NICOT Gabriel, Léon par Daniel Grason, version mise en ligne le 5 novembre 2012, dernière modification le 28 mars 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 2056, carton 13 rapports hebdomadaires de la préfecture de police sur l’activité communiste, 77W 412. – Le Matin 3 août 1942 ; 20 mai 1943 ; 17 et 18 août 1943. – La mégère de la rue Daguerre, Lise London, Seuil 1995. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – JO n° 174 du 28 juillet 1995. – Site Internet GenWeb. – État civil, Paris XXe.

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