MENEY Albert [MENEY Marc, Albert]

Par Jacques Girault

Né le 13 septembre 1918 à Rouvres-sous-Meilly (Côte d’Or), mort le 21 février 2015 à Dijon (Côte d’Or) ; instituteur en Côte d’Or ; militant syndicaliste du SNI ; militant communiste, conseiller municipal de Pouilly-en-Auxois.

Son père, entrepreneur des travaux publics, maréchal des logis dans un régiment d’artillerie, fut gazé au front. Après son décès, Albert Meney, qui avait reçu les premiers sacrements catholiques, fut reconnu pupille de la Nation à partir de 1930. Sa mère tenait un café-restaurant-épicerie. Interne à l’école primaire supérieure de Dijon puis élève du cours complémentaire de Nolay, il obtint le brevet supérieur à l’EPS de Sens (Yonne).

Ayant perdu la foi catholique, Albert Meney adhéra aux Jeunesses communistes et au Parti communiste en septembre 1936 et fut le responsable du groupe des étudiants communistes à Sens, chargé de vendre le journal de l’organisation, L’Avant-Garde.

Parti au service militaire dans l’infanterie à Fontainebleau (Seine-et-Marne), il termina son temps en 1941 avec le grade de sergent dans l’armée de l’armistice. Pendant la Résistance, il créa le Front national dans le secteur de Pouilly-Saulieu-Arnay et, avec le maquis « Bayard », participa à la libération de Dijon.

Albert Meney se maria en décembre 1941 à Dijon avec une institutrice. Le couple eut trois fils.

Instituteur à partir de 1941 à Savigny-sous-Malain puis dans des villages de la Côte d’Or (dont Saint-Martin-de-la-Mer), secrétaire de mairie à Corrombles, dans le canton de Semur en 1946, il exerça à Corberon au début des années 1950 et y créa les Amis de l’Ecole pratiquant le théâtre. Adhérent depuis 1946 au groupe d’Education nouvelle et de l’Ecole française moderne, il appliqua les méthodes d’éducation active, les techniques préconisées par Célestin Freinet et encadrait des colonies de vacances. Nommé par la suite à Dijon, il enseigna dans une classe de l’école d’application Chevreul dont il devint directeur.

Mobilisé en septembre 1939 comme officier de cavalerie, Albert Meney adhéra au syndicat dès sa reconstitution dans la clandestinité en 1943. Après la Libération, il fut élu au conseil syndical puis au bureau en 1946 de la section départementale du Syndicat national des instituteurs, secrétaire de la commission d’éducation syndicale. Il resta membre du bureau de la section jusqu’au milieu des années 1960. Au début de 1955, lors de la journée syndicale agricole, il intervint après l’exposé de Denis Forestier affirmant que le succès des instituteurs dans la France rurale s’expliquait par « notre connaissance du milieu ». Lors du congrès national du SNI à Bordeaux, il intervint, le 22 juillet 1955 dans la séance consacrée à la laïcité, pour approuver l’organisation d’un front laïque. Trésorier de la section syndicale, en novembre 1963, il signa le texte pour les candidats au bureau national « Pour un SNI toujours plus uni, toujours plus fort ». Lui-même candidat ne fut pas élu lors de la réunion du conseil national, le 22 décembre 1963. Lors d’une réunion du conseil national, en juin 1964, après le rapport d’André Ouliac sur « l’enseignement primaire, élément fondamental de la mise en œuvre d’une véritable réforme de l’enseignement », il souhaita que le SNI prévoie « les moyens d’action ». Pour l’élection du bureau national du SNI en décembre 1965, il figurait en seizième position sur la liste "Pour un SNI toujours plus uni, toujours plus fort" conduite par Alfred Sorel.
De 1966 à 1973, Meney, secrétaire général de la section, responsable de la commission pédagogique, fut élu à la commission administrative paritaire départementale et au Comité technique paritaire. A partir de 1961, il était aussi membre du bureau de la section départementale de Fédération de l’Éducation nationale.

Secrétaire de la section communiste de Pouilly-en-Auxois qu’il avait créée en 1944-1945, élu conseiller municipal de la ville en 1945, candidat sur les listes communistes aux deux Assemblées nationales constituantes en 1946, il devint secrétaire de la section de Semur de 1945 à 1948, puis secrétaire de la section de Seurre à partir de 1950. Président départemental du comité pour la libération d’Henri Martin, correspondant de la revue communiste L’École et la Nation, il suivit le stage central pour les instituteurs communistes (8-21 septembre 1957) après avoir renoncé en 1956 pour raisons familiales. Il entra au comité de la fédération communiste en 1945 et y resta jusqu’en 1973. Membre du comité de la section communiste de Dijon-Nord, il fut le responsable des instituteurs communistes de la fédération à partir de 1964.

Retraité en 1973, toujours actif dans la Fédération des œuvres laïques, membre du conseil d’administration de la section départementale de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale de 1960 à 1986, Albert Meney milita alors dans la section départementale de la Fédération générale des retraités et en devint le trésorier en 1979. Il participa à la fondation en 1989 de "Vive 89" et devint le trésorier de cette association. Membre du bureau départemental de la Mutuelle accidents élèves, il en devint le président de 1981 à 1994. Il présida l’Association des anciens combattants de la Résistance en Côte d’Or.

Selon la presse dijonnaise, "un des piliers de l’Université pour tous de Bourgogne", secrétaire de l’association des étudiants, Albert Meney présenta son ouvrage, Hier l’école en Côte d’Or, conçu après une exposition de 1978, dans les locaux de la section de la Fédération de l’Éducation nationale en mars 1981. Après le premier tome de son autobiographie, sous le titre Itinéraire d’un jeune orphelin rural, le deuxième tome, sous le titre Un itinéraire singulier, fut préfacé par Pierre Lévêque, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Dijon.

Le quotidien Le Bien public, le 23 février 2015, publia un hommage. Ses obsèques civiles se déroulèrent le 25 février au crématorium de Mirande à Dijon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article142845, notice MENEY Albert [MENEY Marc, Albert] par Jacques Girault, version mise en ligne le 5 novembre 2012, dernière modification le 25 avril 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Presse syndicale et locale.— Notes de Josette Ueberschlag.

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