BRAJLOWSKI ou BRAJLOCWSKI Zygmund ou Zygmunt [dit Kratko]

Par Daniel Grason

Né le 16 juin 1921 à Varsovie (Pologne), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; mécanicien ; militant communiste ; résistant.

Fils d’Henri et de Marie, née Horzecka, Zygmund Brajlowski arriva à Paris en 1938 ou 1939 et habita 30 rue Jacob, à Paris (VIe arr.). Lors de la guerre, il s’engagea dans la résistance communiste juive. Le 25 avril 1942, Saül Bot dit Salek, violoniste, élève du conservatoire, et Hersch Zimmerman, ancien combattant d’Espagne fabriquaient une bombe en vue d’un attentat le 1er mai, dans un logement au 7e étage du 49 rue Geoffroy-Saint-Hilaire, Paris (Ve arr.). Erreur de manipulation, une explosion se produisit et Saül Bot fut déchiqueté. Hersch Zimmerman mourut de ses blessures. La police identifia l’amie de Saül Bot, Macha Lew, militante du travail anti-allemand. Elle fut appréhendée à son domicile 1 bis rue Lacépède (Ve arr.).
La police tendit une souricière et neuf militants communistes furent appréhendés entre le 26 et le 30 avril. Les policiers arrêtèrent Zygmund Brajlowski le 26. Sa serviette contenait mille trois cents tracts édités par le Parti communiste, l’Humanité avec en titre « Vive le 1er mai ! », un « Appel au peuple Français », des tracts en allemand, et Solidarité. Ces tracts étaient destinés à Macha Lew. Il portait une fausse carte d’identité au nom de Blanquart Louis, Victor né le 20 mars 1919 à Raucourt (Ardennes), domicilié à Sèvres (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine). Une perquisition fut effectuée à son domicile et des brochures du Parti communiste furent saisies. Il était en relation avec Albert Aimi, médecin, en fuite. Une lettre déchirée, écrite en polonais fut traduite, il s’agissait de descriptions de sabotages. Macha Lew et Wanda apparaissaient comme celles qui transmettaient les directives.
Zygmund Brajlowski fut incarcéré le 28 avril 1942 à la Santé, puis le 7 août au camp de Romainville sur ordre du commando spécial pour crimes capitaux de la GFP (Geheimfeldpolizei) qui recouvrait les polices criminelle, de sécurité et d’État. Il fut passé par les armes comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien. Son corps fut incinéré au crématorium du Père-Lachaise, l’urne fut enterrée au cimetière parisien de Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis). Zygmund Brajlowski fut reconnu comme officier supérieur à titre posthume par le ministère des Anciens Combattants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article142928, notice BRAJLOWSKI ou BRAJLOCWSKI Zygmund ou Zygmunt [dit Kratko] par Daniel Grason, version mise en ligne le 9 novembre 2012, dernière modification le 13 novembre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., carton 12, 77W 287, 77W 392. – DAVCC, Caen, otage B VIII dossier 3 (Notes Delphine Leneveu et Thomas Pouty). – Annette Wieviorka, Ils étaient juifs, résistants, communistes, Denoël, 1986. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – David Diamant, Les juifs dans la résistance française 1940-1944, Le Pavillon, Roger Maria éditeur, 1971. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC.

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