GOBLOT François

Par Xavier RIONDET

Né le 21 octobre 1904 à Caen (Calvados), mort le 6 août 1974 à Lyon (Rhône) ; enseignant ; chargé de mission pour les classes nouvelles ; secrétaire de l’ANECNES ; rédacteur en chef de la revue Les Cahiers pédagogiques.

François Goblot
François Goblot
Lyon 1966

Fils d’Edmond, Léonce, Laurent Goblot, professeur de philosophie à la faculté des Lettres de Lyon, et d’Amélie, Cornélie Martet, frère de Germaine et d’Hélène Goblot, François Goblot passa son enfance à Lyon où résidait sa famille dans le quartier de la Croix-Rousse, depuis la nomination à Lyon de son père en 1906. Scolarisé au lycée Ampère, il obtint le baccalauréat (série mathématiques). Pendant sa jeunesse, il pratiqua le scoutisme et les promenades, avec Marcel Kergomard, fils de Pauline Kergomard, la spécialiste des écoles maternelles. Au cours de la Première Guerre mondiale, son père le confia à une troupe des Éclaireurs de France de Lyon, dirigés par Pierre Mazeran. François Goblot fit part de son expérience de scoutisme lorsqu’il fréquenta les réseaux initiés par la revue La Nouvelle éducation, et en particulier le cercle de Mâcon en 1936.

François Goblot termina une licence de Philosophie en 1927 à la faculté des Lettres. Sensible à la culture allemande, il connaissait la langue allemande et fréquentait l’Institut Goethe de Lyon. Par la suite, il envisagea de traduire Thomas Mann. Une de ses sœurs devint professeur d’Allemand.

François Goblot effectua son service militaire d’octobre 1925 à octobre 1926, dans les chasseurs alpins et le termina avec le grade de sous-lieutenant.

François Goblot se maria le 1er septembre 1928 à Lyon avec Suzanne Schoen (née le 27 juin 1902), qui résidait également dans le quartier de la Croix-Rousse. Ils eurent cinq enfants, dont Jean-Jacques Goblot et Marie Goblot. Ils partirent à Paris et résidèrent rue Cardinal Lemoine. A la Sorbonne à la même époque que Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, il obtint l’agrégation de philosophie en 1931 (9e).

François Goblot et son père fréquentaient la Société Lyonnaise de Philosophie que son père avait fondée en 1923 avec Charles Chabot (1857-1924), et dans laquelle on retrouvait des figures de la science de l’éducation lyonnaise (Chabot, Bourjade). Un fort intérêt pour les questions éducatives liait également le père et le fils. Edmond Goblot aborda les questions éducatives, notamment dans l’ouvrage La barrière et le niveau (1925), mais également dans différentes revues dont Le Volume et L’École et la Vie. Enfin, François Goblot fut un lecteur consciencieux de l’œuvre de son père : à la disparition de ce dernier, il introduisit des notes inédites de son père dans la Revue de métaphysique et de morale avant de signer en 1937 une partie de l’ouvrage consacré à son père avec Jean Kergomard et Pierre Salzi. Dans la même période, il participa également à la Revue d’Histoire de la Philosophie et au IXe congrès de Philosophie (1937).

François Goblot devint délégué pour l’enseignement de la philosophie au lycée d’Haguenau (Bas-Rhin) du 1er octobre 1929 au 30 septembre 1931, puis y fut nommé en 1931 professeur. En 1933, il fut muté au lycée Lamartine de Mâcon (Saône-et-Loire).

Mobilisé en tant que lieutenant, le 2 septembre 1939, il participa aux campagnes de Lorraine et de Belgique. Promu capitaine le 1er janvier 1940, avec son régiment, il se distingua en juin 1940 dans la région de Lille, à proximité de la prison de Loos. Fait prisonnier, en captivité en Allemagne dans un camp de prisonniers en Poméranie (Oflag II D), il refusa de travailler pour les Allemands et créa une troupe de routiers, dont beaucoup étaient instituteurs. Père de quatre enfants, libéré, rapatrié le 5 juin 1941, il fut démobilisé le 28 juin 1941.

Après avoir été mis à la disposition du Secrétariat national des Éclaireurs de France, le 19 septembre 1942, il réintégra très rapidement l’enseignement et son poste de professeur de philosophie au lycée Lamartine de Mâcon le 11 novembre 1942. Il participa par la suite à la campagne de Libération de juin à décembre 1944 et obtint une citation de la Brigade Gal (9 octobre 1944).

Le 7 mars 1945, Goblot fut mis à la disposition du Service de documentation et d’études pédagogiques à Paris pour une période de trois mois. Il obtint un poste de professeur de philosophie au lycée du Parc à Lyon pour la rentrée de 1945, puis devint professeur à l’annexe de Saint-Rambert (lycée Perrin) en 1946-1947. Inscrit sur les listes d’aptitude aux fonctions d’Inspecteur d’académie (mai 1947) et aux fonctions de censeur (mai 1948), il fut nommé professeur au lycée Ampère à Lyon à partir d’octobre 1950.

Pendant cette période lyonnaise, il obtint diverses charges de mission pour la Direction de l’Enseignement du Second degré notamment auprès du Recteur Allix (académie de Lyon) et en lien avec l’École Pratique de Psychologie et de Pédagogie de Jean Bourjade de 1950 à 1968. La particularité initiale de cette charge fut d’être en lien avec la coordination des classes nouvelles du lycée du Parc de Lyon. Goblot observa et rendit compte des expérimentations menées et de l’organisation des regroupements en rapport avec les classes nouvelles. Dans le cadre de cette responsabilité, il créa en 1945 Les Dossiers pédagogiques pour l’enseignement du second degré, un bulletin de liaison rendant compte des actions menées dans les classes nouvelles. Si l’audience de ce petit format fut initialement régionale (Rhône-Alpes), elle se développa rapidement au niveau national en devenant Les Classes nouvelles puis Les Cahiers pédagogiques pour l’enseignement du second degré dont il fut le rédacteur en chef. Il fut aussi secrétaire de l’Association Nationale des Éducateurs des Classes Nouvelles de l’Enseignement Secondaire dès sa création en 1946.

Chevalier de la Légion d’Honneur en 1951, il prit sa retraite en 1968. Jean Delannoy, ancien enseignant de classes nouvelles de Biarritz et compagnon de longue date, lui succéda en fonction de rédacteur en chef de la revue Les Cahiers pédagogiques.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article142965, notice GOBLOT François par Xavier RIONDET, version mise en ligne le 12 novembre 2012, dernière modification le 5 septembre 2019.

Par Xavier RIONDET

François Goblot
François Goblot
Lyon 1966

ŒUVRES : Jean Kergomard, Pierre Salzi et François Goblot, Edmond Goblot. La vie – l’œuvre, Librairie Félix Alcan, 1937.

SOURCES : Arch. Nat., F17/29173. —Jacques-Guy Petit, La jeunesse de Monchanin, Beauchesne, 1983. — Témoignage de Marie Goblot. — Xavier Riondet, La question de l’autorité chez les novateurs de la revue Les Cahiers pédagogiques, thèse de doctorat en sciences de l’éducation, non publié, 2010.

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