FRIDMAN Josef (ou FRYDMAN Joseph, Chaskiel ou FRIEDMAN Joseph)

Par Daniel Grason

Né le 2 juin 1899 à Piaski (Pologne), fusillé comme otage le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ébéniste ; communiste parisien.

Josef Fridman demeurait 58 rue Crozatier à Paris (XIIe arr.) ; de nombreuses familles juives habitaient le quartier. En 1937 fut créée au sein des Renseignements généraux une Section spéciale de recherche (SSR) chargée de la surveillance politique des étrangers dans le département de la Seine. Il y eut plusieurs « rayons », « espagnol », « russe », « italien », « allemand », « polonais »... Rompant avec le principe de la nationalité, fut créé en octobre 1941 un « rayon juif », chargé de surveiller les étrangers comme les Français. Les Allemands étant à Paris, il n’était plus question de les surveiller. La direction du « rayon juif » fut confiée à son ex-responsable, le brigadier-chef Louis Sadosky. Nommé inspecteur principal adjoint en janvier 1941, il n’eut qu’un objectif, donner satisfaction à ses chefs. Chargé d’arrêter des Juifs, il ne faillit pas ; il établit un fichier des « Juifs suspects », et n’hésita pas à falsifier les rapports des inspecteurs qu’il eut sous ses ordres. Lui-même se vantait d’avoir fait fusiller entre soixante et quatre-vingts personnes.
Quand le gouvernement de Vichy promulgua le statut des Juifs, Josef Fridman dut renoncer à travailler. Au cours du mois de mai 1941, les policiers de la 3e section des Renseignements généraux effectuèrent quatre cents enquêtes au sujet de Juifs considérés comme suspects. Cinq cents Juifs furent contrôlés dans les établissements publics, cafés, restaurants. Les domiciles de certains interpellés firent l’objet de perquisitions. Ces opérations se déroulèrent dans sept arrondissements de Paris où tracts et papillons en français et en yiddish édités par le Parti communiste étaient distribués et collés.
Le 23 mai 1941 les policiers investirent le 58 rue Crozatier. Selon des renseignements parvenus à la police, des réunions de militants communistes s’y tenaient deux ou trois fois par mois. Les domiciles d’une vingtaine de locataires juifs de l’immeuble furent perquisitionnés. Les policiers arrêtèrent Josef Fridman et Jankiel Minsky, porteurs de tickets de cotisation du Parti communiste ; Adolf Pivolski, en fait Abraham Trzebrucki, militant communiste, membre de l’organisation Solidarité, créée par l’Union des Juifs pour la résistance et l’entraide (UJRE) ; ainsi que Léon Jolles qui livrait de la marchandise dont il ne put expliquer la provenance.
Incarcéré le 22 août 1941 à la prison de la Santé, Josef Fridman fut interné à une date inconnue au camp de Drancy réservé aux Juifs. Une enquête de voisinage des Renseignements généraux eut lieu le 9 septembre, et l’inspecteur écrivit « membre du Parti communiste juif », en fait de la sous-section juive du Parti communiste français. Josef Fridman avait milité au Secours rouge international avant sa dissolution en 1939. Louis Sadosky fit de lui un homme « dangereux pour l’ordre intérieur ».
Josef Fridman, désigné comme otage, fut passé par les armes le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien, et son inhumation eut lieu au cimetière de Suresnes. Après la Libération, la mention « Mort pour la France » ne fut pas accordée à Josef Fridman par le ministère des Anciens Combattants car il était de nationalité étrangère.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article142982, notice FRIDMAN Josef (ou FRYDMAN Joseph, Chaskiel ou FRIEDMAN Joseph) par Daniel Grason, version mise en ligne le 12 novembre 2012, dernière modification le 15 novembre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo, BA 2439, KB 95, 77W 12. – DAVCC, Caen, otage B VIII dossier 2 (Notes Delphine Leneveu, Thomas Pouty). – Louis Sadosky, brigadier-chef des RG, Berlin 1942, CNRS Éd., 2009. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC.

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