MERLAT Pierre [MERLAT Eugène, Pierre]

Par Jacques Girault

Né le 20 août 1911 à Albertville (Savoie), mort le 14 octobre 1959 à Rennes (Ille-et-Vilaine) ; professeur d’université ; résistant.

Fils d’un sous-officier des chasseurs alpins, originaire des Pyrénées-Orientales, Pierre Merlat, obtint le baccalauréat en 1927 au lycée de Troyes. Elève des khâgnes des lycées Lakanal puis Henri IV, il fut admissible à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm en 1930 et en 1931. Après avoir obtenu une licence ès-lettres à la Sorbonne en 1931 et 1932, un diplôme d’études supérieures d’archéologie antique en 1933, il fut reçu à l’agrégation des lettres en 1935. Après son service militaire en 1935-1936, à la caserne de Reuilly comme sous-lieutenant, il enseigna au lycée de Douai (Nord) en 1936. Poursuivant des recherches archéologiques, il fut mis à la disposition du ministère des Affaires étrangères pour exercer les fonctions de conservateur du musée d’Antioche en janvier 1937, ce qui lui permettait des poursuivre ses travaux d’archéologie sur le Sandjak d’Alexandrette. Son poste en décembre 1938 fut supprimé lors de la cession du Sandjak à la Turquie. Il reprit alors un poste de professeur au lycée d’Amiens.

Pierre Merlat, étudiant, se maria, en juillet 1932, à Paris (Ve arr.) avec Odette Guitard (voir Odette Merlat), étudiant en histoire, devenue agrégée en 1935. Le couple recueillit un enfant au début de la guerre puis divorça en 1948.

Mobilisé d’août 1939 à août 1940 dans un régiment d’infanterie, Pierre Merlat fut blessé le 6 juin 1940 au Chemin des Dames (Aisne). Démobilisé, il retrouva son poste de professeur au lycée d’Amiens en 1940-1941, puis fut nommé au lycée Claude Bernard à Paris.

Comme son épouse, Pierre Merlat, en contact avec le réseau de Résistance du Musée de l’Homme, lui transmettait des renseignements. Son domicile fut l’objet de perquisitions infructueuses en juillet 1942. Bénéficiant d’un certificat de complaisance, il obtint un congé de maladie à partir du 1er octobre 1943. Il rallia alors une brigade de l’Armée secrète dans le Limousin. Il demanda une mise en disponibilité à partir du 1er avril 1944 pour raison de santé écrivant à l’administration qu’il était en traitement en Corrèze. Une infirmité fut reconnue qui le plaça « hors d’état d’exercer ses fonctions ». En fait, il était au maquis depuis le 29 septembre 1943. Chef de camp à La Rivière-de-Mansac, puis à Sainte-Féréole, blessé le 15 novembre lors de l’attaque du camp par les SS, il fut soigné à la clinique de Tulle jusqu’au 12 février 1944. Chef AS sous le pseudonyme « Capitaine Romain » dans la région de Lonzac et de Treignac de février à avril 1944, puis dans le camp de Camps (500 hommes) en avril-juin 1944, promu commandant de bataillon du maquis de l’As de Cœur dans la brigade AS de Corrèze, il prit part aux combats du 6 juin au 21 août 1944 contre la division Das Reich à Souillac, Cressensac et Bretenoux dans le Lot, contre les colonnes motorisées (17-25 juin), participa à des sabotages de voies ferrées (10 juin- 20 juillet) puis au blocus et la prise de Brive (20 juillet-15 août), à la libération de la Corrèze du 16 au 21 août, puis de l’Allier (septembre).

Intégré dans le régiment de marche de Corrèze-Limousin de la première armée du 19 octobre 1944 au 18 janvier 1945, commandant FFI, il poursuivit son engagement en Haute-Saône, à Belfort et en Haute Alsace. Il fut placé à la tête d’un bataillon de zouaves du 16 janvier 1945 au 25 août 1945 pendant les campagnes de Vosges, du Rhin (février-mars), de la percée de la ligne Siegfried en Forêt Noire (avril) jusqu’au Danube et au lac de Constance (avril-mai).

Pierre Merlat reprit son poste de professeur au lycée Claude Bernard en octobre 1945. Il acheva sa thèse de doctorat d’État qu’il soutint en 1948 sous le titre Répertoire des inscriptions et monuments figurés relatifs au culte de Jupiter Dolichenus accompagné en thèse complémentaire d’un « essai d’interprétation et de synthèse ». Nommé maître de conférences d’histoire ancienne à la faculté des lettres de Rennes en 1948, il fut nommé professeur l’année suivante et, en 1952, directeur de la circonscription des Antiquités historiques de Rennes rayonnant sur sept départements. Il fut élu doyen de la faculté en 1957. Il publia de nombreux articles régionaux dans les Annales de Bretagne en attendant une synthèse sur l’Armorique gauloise et gallo-romaine. Il présidait le théâtre et l’orchestre universitaires.

Pierre Merlat se remaria en juillet 1949 à Rennes.

Son nom fut donné à un square de Rennes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article143036, notice MERLAT Pierre [MERLAT Eugène, Pierre] par Jacques Girault, version mise en ligne le 15 novembre 2012, dernière modification le 25 avril 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17 27534. — Annales de Bretagne. — Divers sites Internet.

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