MICHARD Lucien

Par Daniel Grason

Né le 17 novembre 1879 à Commentry (Allier), fusillé le 13 janvier 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; coiffeur ; militant socialiste, puis communiste.

Fils de Joseph, tailleur, et de Marie, née Martin, Lucien Michard épousa le 13 février 1909 Marie Maillet à la mairie du Pré-Saint-Gervais (Seine, Seine-Saint-Denis). Il combattit pendant la guerre de 1914-1918. Le couple demeura à partir de 1919 101 allée de la Fontaine à Livry-Gargan (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis).
Militant socialiste, Lucien Michard fut l’un des 294 signataires de la motion d’adhésion sans réserves à la IIIe Internationale, présentée au congrès national de Tours (25-30 décembre 1920). Il fut conseiller municipal communiste de Livry-Gargan de 1920 à 1929. À partir de 1932, il cessa toute activité politique tout en restant sympathisant du Parti communiste.
Coiffeur, il exerçait depuis 1932 sa profession au salon de coiffure de l’Omnium Hôtels Métropolitain à la salle d’accueil à la gare de l’Est à Paris (Xe arr.). Il devint aussi, en avril 1940, gérant d’un salon rue Saint-Lazare à Paris (VIIIe arr.). À la suite d’une dénonciation, la police allemande perquisitionna : un fusil de chasse déposé par un client fut saisi. Dans sa dernière lettre à sa femme, il écrivait : « Tu leur diras que je meurs pour avoir oublié de rendre un fusil qui m’avait été mis à la gare. » Dans cette dernière lettre, nous apprenons aussi qu’il avait des enfants prisonniers en Allemagne.
Arrêté le 24 novembre 1941, Lucien Michard a été interné à la prison du Cherche-Midi à Paris (VIe arr.). Depuis l’armistice aucune charge ou suspicion d’activité politique ne pesait sur lui.
Lucien Michard comparut le 10 janvier 1942 devant le tribunal militaire du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « détention illégale d’armes » il fut passé par les armes le 13 janvier au Mont-Valérien. Il fut inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) le 13 janvier 1942 division 39, ligne 1, n°1.
Le journal collaborationniste Le Matin, publia le 23 janvier un « Avis » signé du commandant du Grand-Paris annonçant l’exécution de Lucien Michard.
La mention Mort pour la France lui fut attribuée le 29 janvier 1947.
Son nom figure sur la cloche du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien. À Livry-Gargan son nom fut gravé sur le monument aux morts et sur le monument dédié « Aux martyrs de la résistance et de la déportation morts pour la France ».
De plus le conseil municipal de Livry-Gargan décida le 28 octobre 1944 de nommer l’allée de la Fontaine du nom de Lucien-Michard ; l’inauguration eut lieu le 1er novembre.

Voir Mont-Valérien, Suresnes (Hauts-de-Seine)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article143051, notice MICHARD Lucien par Daniel Grason, version mise en ligne le 16 novembre 2012, dernière modification le 25 avril 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., 77W 94. — DAVCC, Caen, Boîte 5, Liste S 1744-25/42 (Notes Thomas Pouty). — Le Matin, 23 janvier 1942. — Le congrès de Tours, édition critique, op. cit., p. 141. — Arch. mun. Livry-Gargan. — État civil. — Guy Krivopissko, La vie à en mourir. Lettres de fusillés 1941-1945, Tallandier, 2003. — MémorialGenWeb. — Site Internet Mémoire des Hommes. — Répertoire des fusillés inhumés au cimetière parisien d’Ivry.

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