SIGONNEY André, Marcel

Par Daniel Grason

Né le 1er juin 1920 à Paris (XIVe arr.), fusillé après condamnation à mort le 26 août 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; mécanicien tourneur ; militant communiste ; résistant.

Fils de Marcel, mécanicien, et de Marcelle, née Gueux, couturière, André Sigonney obtint le certificat d’études primaires. Il fut adopté par la Nation en vertu d’un jugement rendu le 10 mai 1933 par le tribunal de la Seine. Il habitait chez ses parents, 6 rue Le Goff à Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis), et travaillait comme mécanicien tourneur aux Établissements Alsthom, 26 rue des Bateliers à Saint-Ouen.
Au cours de l’été 1938, il participa à des sorties de plein air avec un groupe des Jeunesses communistes, puis y adhéra, sans exercer de responsabilité.
Il se rendit le 13 août 1941 à une manifestation organisée par les Jeunesses communistes de la région Paris-Est à proximité du métro Havre-Caumartin, pour protester contre la présence des troupes allemandes. Les policiers arrêtèrent dix-sept jeunes, parmi lesquels André Sigonney. Des inspecteurs des Brigades spéciales perquisitionnèrent son domicile, des tracts et des brochures des Jeunesses communistes furent saisis. Interrogé sur sa présence à Paris, il expliqua qu’il avait entendu trois jours auparavant des ouvriers de son atelier parler d’une manifestation communiste le 13 août à 18 h 30 à cet endroit. Son camarade d’atelier Émile Grout avait entendu la même conversation et décidé lui aussi d’y participer. Ils s’étaient donné rendez-vous à 18 h 15 à la station de métro Saint-Lazare. Alors qu’ils s’approchaient de la rue Glück, près du boulevard Haussmann, des policiers les interpellèrent. Quant aux tracts et brochures, il ignorait qui les avait déposés dans sa boîte aux lettres.
Les policiers adressèrent la procédure et les scellés au conseiller Karl Boemelburg, commandant SS-Sturmbannführer qui dirigeait la police de sécurité et du renseignement de la SS (Sipo-SD) sur le territoire français. André Sigonney fut incarcéré au Cherche-Midi à Paris (VIe arr.), prison administrée par les Allemands, puis à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne). Le 23 août, il comparut devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.), et fut condamné à mort pour « intelligence avec l’ennemi ». Neuf accusés furent acquittés. Émile Grout fut condamné aux travaux forcés à perpétuité ; il mourut le 27 octobre 1941 à la prison de Rheinbach (Allemagne).
Il y eut trois manifestants fusillés le 26 août. Le journal collaborationniste Le Matin publia le 30 août en une un Avis du 27 août. « André Sigonney, de Drancy. Raymond Justice, de Drancy. Jean-Louis Rapinat, de Pavillons-sous-Bois, ont été condamnés à mort par la cour martiale pour aide à l’ennemi, ayant pris part à une manifestation communiste dirigée contre l’armée allemande. Ils ont été fusillés ».
Sa mère déposa plainte le 20 mars 1945. Elle déclara que lors des interrogatoires des inspecteurs frappèrent son fils à coups de matraque et de pied.
André Sigonney a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Interné résistant.
La municipalité de Drancy donna son nom à une rue de la ville. Il fut par ailleurs gravé sur le monument aux morts de la commune et sur une plaque à l’entrée de la mairie. Une cellule du Parti communiste de l’usine Alstom à Saint-Ouen porta son nom. En 1985, André Sigonney figurait sur la liste des fusillés et déportés de l’entreprise dans l’ouvrage Mémoires d’usine, mémoires d’avenir, publié par le comité d’établissement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article143112, notice SIGONNEY André, Marcel par Daniel Grason, version mise en ligne le 18 novembre 2012, dernière modification le 11 janvier 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., KB 64, 77W 1729. – Bureau Résistance GR 16 P 548341. – Mémoires d’usine Mémoires d’avenir, CE Alsthom Savoisienne de Saint-Ouen (93), 1985. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 2 / Boîte 5, Liste S 1744-1562/41 (Notes Thomas Pouty). – L’Humanité clandestine. — Guy Krivopissko, La vie à en mourir, op. cit. – Le Matin, 30 août 1941. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (XIVe arr.).

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