SINQUIN Jean, Henri

Par Daniel Grason

Né le 21 novembre 1904 à Scaër (Finistère), fusillé le 13 octobre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; terrassier, charpentier ; syndicaliste ; militant communiste ; résistant.

Fils d’Alain, sabotier, et de Marie, née Morvan, Jean Sinquin épousa Marie Billon, le 29 août 1931 à la mairie du XIIIe arrondissement de Paris. Il adhéra au Syndicat général unitaire des terrassiers ainsi qu’au Parti communiste, au rayon des Ve et XIIIe arrondissements de Paris. Il habitait avec sa femme et ses deux enfants dans un hôtel au 163 rue Nationale (XIIIe arr.).
Le 1er mai 1934, à la suite de l’arrestation de la militante Ida Battu, des affrontements avec la police se déroulèrent avec des habitants de la cité Jeanne-d’Arc. Lucien Monjauvis, député communiste du quartier de la Gare, fut interpellé. Les habitants manifestèrent en cortège, demandant sa libération. Le préfet de police Roger Langeron décida l’intervention des forces de police qui, selon Le Populaire, matraquèrent « avec une sauvagerie inimaginable ».
Jean Sinquin prit son fusil de chasse, et de sa chambre d’hôtel tira sur les forces de police. Le 2 mai vers 3 h 30 du matin, il fut arrêté ; les policiers saisirent le fusil de chasse, un revolver avec vingt-cinq cartouches et un couteau de chasse. Il y eut d’autres arrestations, et le Parti communiste organisa la riposte, André Marty dénonçant lors d’un meeting de solidarité les provocations policières. Le 14 juillet, l’Humanité publia les noms des emprisonnés, dont ceux des « emprisonnés pour leur action en faveur des revendications ouvrières » et des victimes de l’agression policière à la cité Jeanne-d’Arc. Ida Battu, qui s’était interposée pour empêcher un policier de matraquer un ouvrier, fut condamnée à quatre mois de prison, et purgea sa peine à la Petite-Roquette (XIe arr.). Me Georges Pitard, du Secours rouge international (SRI), assura la défense des inculpés. Détenu à la prison de la Santé (XIVe arr.). Jean Sinquin fut jugé le 27 septembre 1934, condamné à deux ans de prison et cinquante francs d’amende. Il en fut de même pour Marcel Noblet, camelot, Jean Dhubert, maçon, et Maurice Laporte, qui firent appel. Le 14 juillet 1935, ils étaient toujours en prison.
Pendant la guerre, la famille Sinquin, qui comptait cinq enfants, demeurait 141 rue du Château-des-Rentiers (XIIIe arr.). Jean Sinquin travaillait comme charpentier pour le compte des autorités allemandes sur un chantier à Cloyes (Eure-et-Loir). Le mardi 30 septembre 1941, la police française, avec le concours de la Feldgendarmerie, boucla une partie du XIIIe arrondissement. Le logement de Jean Sinquin fut perquisitionné, quatorze cartouches de dynamite, quarante-neuf mèches, deux cartouches de chasse de 12 mm, une matraque, douze cordons Bickford et des tracts du Parti communiste furent saisis. Un autre militant communiste, Marcel Moisiard, soupçonné d’imprimer des tracts, fut appréhendé, emprisonné en France, puis en Allemagne.
Jean Sinquin comparut devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) le 10 octobre 1941. Il fut condamné à mort « pour détention illégale d’explosifs » et passé par les armes le 13 octobre à 16 h 32 au Mont-Valérien.
Les journaux collaborationnistes L’Œuvre et Le Matin publièrent un Avis signé du général von Schaumburg le 15 octobre.
Son corps fut inhumé dans le carré des corps restitués aux familles au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article143114, notice SINQUIN Jean, Henri par Daniel Grason, version mise en ligne le 18 novembre 2012, dernière modification le 27 février 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., 77W 55. – DAVCC, Caen, Boîte 5, Liste S 1744-1865/41 (Notes Thomas Pouty). – L’Humanité, 6 mai, 14 juillet, 28 et 29 septembre 1934, 14 juillet 1935. – Le Populaire, 3 mai 1934. – L’Œuvre et Le Matin, 15 octobre 1941. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil.

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