DELGADO José

Par Daniel Grason

Né le 3 mars 1916 à Escobar (Paraguay), tué le 23 mai 1944 semble-t-il par la Résistance ; mécanicien ; volontaire en Espagne républicaine ; résistant FTP-MOI.

Fils de Francisca Delgado et de père inconnu, José Delgado s’engagea dans les Brigades internationales de l’armée républicaine espagnole. Après le retrait des Brigades, il régularisa sa situation, obtint une carte d’identité délivrée à Bordeaux par la préfecture de la Gironde. Il fit parti d’un groupe de FTP espagnols : Émiliano Alcon-Fernandez, Sébastien Madueno, Georges Perez, José Garcia et Domingo Tejero-Perez.
Il fut partie prenante d’une série d’attentats à Bordeaux, en juillet 1942, dépôt d’une bombe sous un camion allemand près du parc des sports de la ville ; dépôt d’une cartouche de dynamite sous un camion allemand en stationnement rue Notre-Dame. Accompagné de deux hommes en protection, José Delgado enfonçait un poinçon qu’il avait fabriqué lui-même dans le dos d’un militaire allemand rue Davion. Les autorités firent appel à la délation par voie de presse et offrirent une prime de cinq mille francs pour celui ou celle qui permettrait l’arrestation des « terroristes ».
L’équipe de FTP alla à Paris vers le 20 août, habita 8 rue d’Odessa, XIVe arrondissement José Delgado accompagné de Domingo Tejero-Perez participait le 27 à la protection armée de Marcel Lamour, ex-conseiller municipal communiste qui prenait la parole aux abords des usines Renault à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine).
Le 12 septembre, il protégeait en compagnie de Georges Perez, Émiliano Alcon, qui brisait la glace de la vitrine de la permanence des jeunesses populaires françaises (JPF), organisation de jeunesse du PPF, 15 Rue André-Chénier à Issy-les-Moulineaux. Alcon entrait à l’intérieur de la boutique, versait deux litres d’essence et y mettait le feu.
Le 16 septembre rue de Cadix, XVe arrondissement José Delgado et Georges Perez tiraient sur deux militaires allemands. Ceux-ci n’étaient pas touchés, Émiliano Alcon assurait la protection. Le 26 septembre, seul José Delgado tirait trois balles dans le dos du Hauptfeldwebel (sous-officier) Siebert, avenue Secrétan XIXe arrondissement.
Le 30 septembre, le groupe réalisa une opération très audacieuse contre les jeunesses populaires françaises dans la cour de l’immeuble du PPF, rue Raffet, XVIe arrondissement. Les jeunes collaborationnistes étaient alignés en carré, pour saluer la levée des couleurs, trois hommes surgirent, jetèrent des grenades et tirèrent : deux morts et plusieurs blessés. Une poursuite s’engagea Domingo Tejero-Perez et José Delgado parvinrent à s’enfuir, mais Émiliano Alcon fut rattrapé au métro Jasmin.
Le 8 octobre, José Delgado et José Garcia, membre de la Fédération anarchiste ibérique (FAI) étaient interpellés dans un restaurant de la rue du Maine, XIVe arrondissement où ils allaient régulièrement. Lors de la fouille de José Delgado, les policiers trouvèrent un ticket de métro indiquant un rendez-vous avec des chiffres et un mot « 18-5-Danube ». Sommé de s’expliquer, frappé, il lâcha le jour et l’heure du rendez-vous avec « une femme blonde » et éventuellement avec un homme surnommé Le chauffeur. Le lendemain, deux inspecteurs de la BS2 interpellaient Domingo Tejero-Perez* Place du Danube, XIXe arrondissement, celui-ci tenta de fuir, les policiers tirèrent, touché par quatre projectiles, il mourut à l’hôpital Saint-Louis, Xe arrondissement.
José Delgado s’enfuyait le 12 octobre des locaux de la BS2 à la préfecture de police, nous ignorons s’il mena des actions avec les FTP par la suite. Il séjourna peut-être à Bordeaux, puis s’évanouit dans la nature.
La Direction générale des Renseignements généraux édita en janvier 1943 un avis de recherches, placardé dans les commissariats et gendarmeries avec sa photographie de face et de profil, ses trois domiciles connus à Bordeaux et à Paris au 28 rue des Chaufourniers, XIXe arrondissement. Elle écrivait : "Chef terroriste très dangereux, auteur de nombreux attentats - toujours armé. Est suceptible d’être entouré de terroristes armés, chargé d’assurer sa protection".
Cette évasion parut-elle suspecte aux FTP ? Selon un rapport des renseignements généraux, José Delgado fut tué le 23 mai 1944 par des FTP espagnols pour trahison.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article143176, notice DELGADO José par Daniel Grason, version mise en ligne le 25 novembre 2012, dernière modification le 5 novembre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. PCF carton 13 rapports hebdomadaire sur l’activité communiste, BA 1751, KB 64, 77W 442. – Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le sang de l’étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1989. — Fiches de police de l’Occupation (Arch. PPo.) concernant les militants communistes recherchés, communiqué par Guillaume Bourgeois.

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