MEYSSONNIER Georges, Émile

Par Jacques Girault, Alain Prigent, François Prigent

Né le 7 septembre 1905 à Château-Arnoux (Basses Alpes, Alpes de Haute Provence), mort le 12 novembre 1990 à Paimpol (Côtes d’Armor) ; instituteur ; militant syndicaliste, secrétaire adjoint de la section de la Drôme (1933), secrétaire général de la section des Côtes-du-Nord du SNI (1938-1939), secrétaire adjoint de la section FEN des Côtes-du-Nord FEN (1951) ; militant socialiste (SFIO, PSU).

Georges Meyssonnier était le fils de Vincent, François Meyssonnier, menuisier, et d’Eugénie, Émilie Chevalier, tailleuse. Issu d’une famille nombreuse, il fut baptisé et effectua sa communion solennelle.

Après avoir fait ses études à Digne, il fut reçu à l’École normale d’instituteurs d’Avignon (promotion 1921-1924) dans le contingent bas-alpin. Il suivit les cours de la préparation militaire et ne se présenta pas aux épreuves. Titulaire du brevet supérieur en 1924, il obtint le certificat d’aptitude à l’enseignement de la gymnastique et le certificat d’aptitude pédagogique en 1925. Il commença à enseigner à la rentrée 1924 aux Omergues (Basses Alpes, Alpes-de-Haute-Provence). Il fit son service militaire d’octobre 1924 à octobre 1925 comme soldat de deuxième classe à Aix-en-Provence puis à Orange au 22e régiment d’infanterie coloniale. À son retour du régiment il fut nommé à Noyers (Basses-Alpes), où il enseigna pendant deux ans. Après 1927 il fut nommé dans la Drôme à Miribel, à Portes-en-Valdaine puis à Dieulefit. À partir de la rentrée 1930 il enseigna au Maroc à l’école musulmane de Mazagan. Après avoir exercé deux mois à la rentrée 1932 à la section normale professionnelle musulmane de Casablanca, il enseigna à l’école européenne Jules Ferry dans la même ville (1932-1933). À son retour du Maroc, il fut nommé en octobre 1933 à Plouézec (Côtes-du-Nord, Côtes d’Armor) puis à la rentrée 1934 à Kérity près de Paimpol (Côtes-du-Nord, Côtes d’Armor) où il termina sa carrière en septembre 1958.

Georges Meyssonnier se maria uniquement civilement à Comps (Drôme) le 20 août 1926 à Paula Boulard, institutrice à Montfroc (Drôme) qui donna naissance à une fille le 4 juin 1927. Mais son épouse décéda quelques semaines après. Il se remaria le 24 décembre 1932 à Kerfot (Côtes-du-Nord, Côtes d’Armor) avec Simone Ollivier*, institutrice rencontrée lors du congrès de la Fédération unitaire de l’enseignement en août 1931 à Limoges.

Georges Meysonnier militait à la FUE-CGTU, dont il était responsable du groupe de jeunes pendant une année scolaire en 1924. Adhérent au Syndicat unitaire de l’Ardèche et à la section de la Drôme du Syndicat national (CGT), il devint membre du conseil syndical et secrétaire adjoint de cette dernière. Après avoir été présent aux congrès de la FUE de 1930 à 1934, il intervint dans ces congrès sur les questions coloniales, en particulier au congrès d’août 1934 à Montpellier. À son arrivée en Bretagne, il accompagna le processus unitaire mis en route l’année précédente par les militants du SMEL-CGTU. Gréviste le 12 février 1934, il partit avec six instituteurs du canton en taxi pour participer à la manifestation de Saint-Brieuc.

Elu au conseil syndical du SN après la fusion, bien qu’issu du courant minoritaire, secrétaire adjoint (1935), il devint secrétaire général à la rentrée 1938, remplaçant René Chapin. Délégué aux congrès du SNI en 1937 et en 1938, il participa à plusieurs réunions du conseil national du SNI. Meyssonnier s’inspirait des méthodes de Célestin Freinet (imprimerie à l’école, échanges scolaires). Abonné à L’École émancipée et à La Révolution prolétarienne, il faisait partie de diverses organisations de luttes laïques et mutualistes.

Georges Meyssonier dut faire face aux conséquences de la grève du 30 novembre 1938, l’inspecteur d’académie appliquant les mesures répressives contre les grévistes du département. D’accord avec les orientations pacifistes du SNI, il approuva les accords de Munich. Cependant ses convictions internationalistes le conduisirent à héberger un militant républicain espagnol, refugié en Bretagne après la Retirada, en mai 1939.

Mobilisé le 2 septembre 1939, il fut fait prisonnier le 3 juin 1940 puis transféré au stalag VIII, AK 1201. Libéré en 1945, il passa plusieurs mois dans un hôpital de l’armée rouge à Lwov en Ukraine. Dans cette ville, il assista au défilé du 1er mai 1945. Son épouse était membre du comité d’assistance aux prisonniers. Pensionné à 30 %, il fut à Paimpol le trésorier de la section locale de l’Union fédérale des anciens combattants.

Après la guerre, Georges Meyssonnier reprit son poste d’instituteur à Kérity, commune qui fusionna avec Paimpol. Membre du bureau de la section départementale du SNI en 1945, il fut chargé des affaires concernant les prisonniers de guerre et les déportés. Pendant une décennie, il fut un des représentants les plus significatifs du courant autonome, élu sur la liste « Indépendance du syndicalisme » au conseil syndical de la section départementale du SNI en 1951 et en 1954, et en 1956. Cependant il laissa les militants de la nouvelle génération jouer les premiers rôles, en particulier François Collobert. Son ami Sylvestre Guillou devint en 1947 le secrétaire général d’une section départementale forte de 1 500 adhérents sur 1 850 instituteurs. En 1949, le conseil syndical étant renouvelable par moitié tous les deux ans, la liste intitulée « pour un syndicalisme agissant et pour le retour à la CGT » obtint 446 voix battant la liste « Indépendance du syndicalisme » qui ne recueillit que 398 voix. Les 8 sièges furent attribués à la liste CGT qui devint majoritaire au sein du conseil syndical à la suite du ralliement de trois conseillers sortants. Le 13 octobre 1949, Jean Geffroy devint secrétaire de la section en 1949 avec pour adjoint Louis Treussart qui venait de rejoindre le courant cégétiste*. Il dirigea la section jusqu’en décembre 1952 avec une très courte majorité (11 voix sur 21). Jamais le courant autonome ne parvint à renverser ce rapport de forces.

Elu au Conseil départemental de l’enseignement primaire, réélu en 1951, il participa à la démission collective, à la demande du SNI, pour protester contre la politique répressive du gouvernement et sa politique antilaïque à la fin de 1953. Il fut réélu en janvier 1954 avec beaucoup plus de voix qu’en 1951. Il représentait aussi le personnel à la commission administrative paritaire départementale au milieu des années 1950. Délégué au congrès national du SNI à Pau, il intervint le 17 juillet 1954 pour protester comme un éventuel accord avec la CFTC qui constituerait une « atteinte à la laïcité ».

Après l’éclatement du courant autonome, il figura, en dixième position sur la liste présentée par « les Amis de L’École émancipée » pour l’élection du bureau national du SNI en décembre 1957. Les membres du conseil national, le 23 décembre 1957, lors du scrutin, le placèrent au onzième rang. Il figura sur la liste EE au conseil syndical en 1959, 1960, 1962 et 1966. Il ne négligeait pas les responsabilités locales étant par exemple délégué cantonal SNI à Paimpol en 1954. Il rédigea de nombreux articles dans le bulletin départemental sur le bilinguisme auquel il était opposé. Il continua à s’intéresser à la situation de l’Afrique du Nord produisant une contribution sur le système scolaire au Maroc en 1951 (N°27 du bulletin).

Militant de la section des Côtes-du-Nord de la FEN, il présenta le rapport lors du congrès départemental au moment de la scission en mai 1948. Secrétaire adjoint en octobre 1951 en charge des problèmes laïques, Georges Meyssonnier fut membre du bureau en 1954. Il fut délégué au congrès national de novembre 1955. Membre de la commission administrative de la FEN-22 de 1957 à 1959, au titre du comité de parrainage, il intervenait régulièrement lors des congrès départementaux. Il démissionne des instances de la FEN en mai 1959.

Administrateur de la Ligue des droits de l’Homme dans le département, à partir de 1955, Georges Meysonnier présida l’Autonome de solidarité et fut en 1956 désigné comme président de la fédération nationale des Autonomes. Retraité, il s’intéressait fortement à l’histoire de la Bretagne.

Militant socialiste SFIO, il rejoignit le PSU et était en 1960 le secrétaire de la section de Kérity du Parti socialiste unifié et son épouse, Simone, Marie Meysonnier, institutrice en retraite, était aussi membre du PSU. Il adhérait en 1965 à la section de Paimpol. Il fut candidat en mars 1965 sur la liste « Union pour la démocratie » conduite par Charles Bourcier (SFIO) et Jean Boulard (PSU). Cette liste s’opposa à celle du centre gauche conduite par Max Querrien*, proche de François Mitterrand et à celle du Parti communiste français, conduite par Yves Le Calvez. Georges Meyssonnier fut après le congrès d’Epinay un sympathisant socialiste votant pour les candidats de gauche.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article143351, notice MEYSSONNIER Georges, Émile par Jacques Girault, Alain Prigent, François Prigent, version mise en ligne le 3 décembre 2012, dernière modification le 24 avril 2021.

Par Jacques Girault, Alain Prigent, François Prigent

ŒUVRE :
Georges Meyssonnier, « Notes sur la Russie telle que je l’ai vue », La Révolution Prolétarienne, N° 382, mars 1954.

SOURCES : Arch. Nat., 581AP/99, 119. ¬ Arch. dép. Côtes d’Armor, 1T1589, dossier professionnel versé par l’inspection académique ; 1192W18 (Elections municipales 1965). — Arch. de l’UD CGT des Côtes d’Armor. — Arch. de la FSU 22 (bulletins des sections départementales du SNI et de la FEN). — Renseignements fournis par l’intéressé en 1975 à J. Girault. — Presse syndicale. — Christian Bougeard, Les forces politiques en Bretagne. Notables, élus et militants (1914-1946), Presses Universitaires de Rennes, 2011. — Alain Prigent, Les instituteurs des Côtes-du-Nord sous la IIIe République. Laïcité, amicalisme et syndicalisme, Éditions Astoure, 2005. — François Prigent, Les réseaux socialistes en Bretagne des années 1930 aux années 1980, thèse de doctorat, Université de Rennes 2, 2011.

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