BAGHUS Jan.

Par Willy Haagen

Anvers (Antwerpen, pr. et arr. Anvers), 24 mars 1904 – mai 2001. Ébéniste puis propagandiste syndical socialiste puis employé coopératif, dirigeant local du Belgische werklieden partij puis du Belgische socialistische partij, cofondateur et dirigeant du Socialistische arbeiders radio omproep voor Vlaandeeren (SAROV).

Fils de Johan Mathias Baghus, ouvrier portuaire, ensuite ouvrier communal, et d’Élisa Wilhelmina Witte, ménagère, Jan Baghus suit l’enseignement primaire de 1910 à 1916 et fréquente l’école technique de 1916 à 1917.

Jan Baghus travaille comme ébéniste de 1917 à 1923. À cause de ses activités de propagande pour la journée des huit heures pour la section anversoise de la Centrale générale du bois, du bâtiment et des métiers mixtes de Belgique, il est sur une liste noire. Il étudie aux frais de cette section à l’École ouvrière supérieure (EOS) de 1924 à 1925 et suit ensuite un stage dans la Campine anversoise de 1925 à 1926, comme propagandiste dans la briqueterie et dans la cimenterie le long du canal campinois, dans la région de Sint-Lenaerts-Turnhout (pr. Anvers). Baghus y travaille avec August Hens* et le Baron Armand Van der Gracht de Rommerswael*. En 1925, il devient également membre de l’Arbeidersjeugd (jeunesse ouvrière).

En 1926, Jan Baghus devient secrétaire de Frans Engels*, l’administrateur général du mouvement coopératif de l’arrondissement d’Anvers. De la fin 1926 à la fin de 1929, il se charge de la fonction de secrétaire du conseil d’administration et du Bureau exécutif de l’Union coopérative d’Anvers.

Sur le plan local, Jan Baghus est président de la section de Kiel-Anvers-Sud du Belgische werklieden partij (BWP - Parti ouvrier belge) où, avec Willem Eekelers*, Gust Laroche* et Jos Van Santvoort*, il est rédacteur du mensuel socialiste, De roode kielenaar (Le caréneur rouge). C’est sous son impulsion que la Socialistische arbeiders radio omproep voor Vlaandeeren (SAROV - Association ouvrière socialiste pour la radio diffusion) est créée à Gand (Gent, pr. Flandre orientale, arr. Gand) le 1er juillet 1929, ce qui peut être considéré comme précurseur de l’indépendance culturelle flamande dans le BWP. La SAROV est à la base d’une initiative pour fêter la bataille des éperons d’or, ce qui sera fait pour la première fois en 1937. En 1929, Baghus devient secrétaire général, chargé de l’administration, de la composition et de la diffusion des programmes et il est speaker jusqu’en 1939. En même temps, il fait partie de la rédaction de l’hebdomadaire radio, Radiobode (Messager radio). Il travaille en étroite collaboration, avec Corneille Mertens* de la Commission syndicale, Willy Serwy du mouvement coopératif national, et Jos Verbert* de la mutualité socialiste, qui s’occupent tous régulièrement d’une chronique radio à la SAROV. Pendant cette période d’activité à la SAROV, Jan Baghus est l’un des représentants de la Fédération d’arrondissement d’Anvers, dirigée par Eduard Van Eyndonck*, au Conseil général du POB. Il représente, comme président, la Federatie van omroepverenigingen (Fédération des associations de radiodiffusion) lors des discussions avec le gouvernement (ministre des Postes Téléphones Télégraphe) avec le Conseil d’administration du NIR. Il publie également plusieurs articles de propagande dans différents journaux et hebdomadaires locaux.

Après une courte période de mobilisation en 1938, Jan Baghus est définitivement mobilisé en 1939 comme spécialiste radio. Après la Campagne des 18 jours, il est déporté à Stettin en Pologne et est relâché en février 1941. Malgré diverses pressions, il refuse de travailler à la radio contrôlée par les allemands. D. De Meyer, rédacteur du journal, Vooruit (En avant), et un délégué de la section anversoise de l’Union des travailleurs manuels et intellectuels (UTMI), créée par l’occupant allemand, lui demandent de travailler pour leurs organisations respectives. Il refuse et est renvoyé. Henri Lemaire* l’engage comme traducteur en chef à La Prévoyance sociale. Quelques mois plus tard, Baghus devient secrétaire des directeurs de l’époque, Henri Joseph et Raymond Lemaire*. Lors de la reprise des émissions de radio par De Nationaal instituut voor radio (NIR - Institut national de radio), Julien Kuypers*, président du Conseil d’administration du NIR et également secrétaire général du ministère des Sciences et des Arts, et Gust Demuynck, chef des émissions parlées du NIR, informent Jan Baghus que, dans la direction radiophonique d’après-guerre, il n’y a plus de place pour des émissions indépendantes et que la SAROV n’a donc plus de raison d’exister. On lui offre une place de directeur au service officiel de diffusion pour les émissions régionales, place qu’il refuse.

En février 1945, Jan Baghus est nommé directeur de l’administration de l’Institut Joseph Lemaire à Tombeek (aujourd’hui commune d’Overijse, pr. Brabant flamand). Il remplit cette fonction jusqu’en 1969, date de sa pension. Il s’installe à Meise (aujourd’hui pr. Brabant flamand, arr. Hal-Vilvorde) où il crée une section du Belgische socialistische partij (BSP - Parti socialiste belge). En même temps, il y crée une section du Fonds Vermeylen et se charge du secrétariat. Il siège, à l’âge de quatre-vingt ans, dans un groupe qui travaille avec des personnes qui visitent les personnes âgées dans la région de Bruxelles.

Jan Baghus est marié à Alfonsine Brat.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article143551, notice BAGHUS Jan. par Willy Haagen, version mise en ligne le 14 décembre 2012, dernière modification le 16 juillet 2021.

Par Willy Haagen

SOURCES : Het Schild, n°5, 1969, p. 140 (icono) ; n°6, p. 1969, 149-153 (icono) – DHONDT J. (dir.), Geschiedenis van de socialistische arbeidersbeweging, Antwerpen, 1960, p. 560 (caricature).

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