LEMAIRE Colette dite ROBIN Colette [épouse PROSPER Colette]

Née le 28 mars 1909 à Montlouet (Eure-et-Loir) ; secrétaire puis représentante  ; dirigeante des Jeunes Filles de France  ; militante communiste de Saint-Maur-des-Fossès (Seine, Val-de-Marne).

Fille d’un militant communiste employé aux Petites Ménages, Albert Lemaire, et d’une mère ménagère prénommée Aline, Colette Lemaire était titulaire du certificat d’études. Elle travailla comme secrétaire dans plusieurs « maisons » de Paris, syndiquée à partir de 1927. Elle se maria avec Gabriel Prosper qui fut gérant de société et permanent communiste.
Colette Lemaire adhéra au Parti communiste en 1934 et fut la même année responsable des femmes en 1934 à Athis-Mons (Seine-et-Oise), membre du Comité régional Paris-Sud depuis 1935 et secrétaire des Jeunes Filles de France de 1937 à 1939. Le Parti communiste lui avait fait suivre une école nationale en 1937.

Après l’interdiction du Parti communiste, elle fut illégale à partir d’octobre 1939 et fit partie du trio avec Léon Depollier et Henri Gautier des métaux. Ils éditaient des journaux syndicaux (premiers numéros de la VO), achetaient du matériel, recherchaient des planques, collectaient pour solidarité aux emprisonnés syndicaux. Arrêtée le 27 mars 1940, elle déclara aux policiers être seule responsable de ce travail et prit comme avocat Maurice Boitel).

Emprisonnée à la Roquette, elle fut transférée en juin au camp de Saint-Germain-les-Belles en Haute-Vienne d’où elle s’évada le 19 septembre 1940 avec quatre autres camarades dont Mireille Chauvin et de Jeanne Dallidet, la femme d’Arthur Dallidet. Elle avait été condamnée à 20 ans de travaux forcés et 10 d’interdiction de séjour.

Colette Lemaire reprit contact avec le Parti communiste par Marcel Vitot, secrétaire aux Taxis, en liaison avec Eugène Hénaff. Vitot l’aida pour les contacts en zone libre avec le camp de Gurs, pour organiser des évasions. Lorsque les militants de Gurs furent transférés à la forteresse de Maussac en Dordogne, elle fit parvenir instructions, plans et planques. Deux internés purent s’évader. En 1941, elle travailla avec Léon Depollier responsable des « camps et prisons », aux liaisons avec l’intérieur des camps et prisons pour la zone occupée  : transmission des nouvelles politiques, organisation des évasions, planques, convoiement des évadés.

Elle fut arrêtée le 22 décembre 1942 par les Brigades Spéciales à mon domicile illégal, après l’arrestation de Depollier et Vion dit « Charlemagne ». Vion la reconnue mais elle nia tout travail clandestin, utilisa sa mauvaise santé, et n’eut pas de preuves formelles contre elle. Elle fut emprisonnée à Fresnes, Romainville, Compiègne. Déportée à Ravensbrück, elle fut responsable du block des femmes chez Siemens. Son travail consistait à donner le soir les nouvelles du front, à faire tenir le block propre, à la bonne entente. Punie avec 9 autres camarades pour protestation contre mauvaise répartition de la soupe, envoyées dans un block de punition.

Elle fut évacuée du camp le 5 avril 1944 pour un échange entre trois cents prisonnières contre des officiers allemands à la frontière Suisse, par la Croix Rouge Suisse. Elle arriva à Paris le 14 mars 1945 et fut aussitôt utilisée pour faire une campagne électorale municipale puis elle partit se reposer pendant 6 mois car elle était malade des poumons.

Elle fut homologuée RFI sous-lieutenant, mais sa carte de déportée résistante lui fut refusée.

Devenue représentante, militait au syndicat des cadres, 10 rue Vezelay, et au syndicat des représentants ”, comme à l’Union des femmes française et à la FNDIRP.

Elle était membre de la cellule communiste Marius Adam de Saint-Maur-La Varenne en 1954.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article143651, notice LEMAIRE Colette dite ROBIN Colette [épouse PROSPER Colette], version mise en ligne le 17 décembre 2012, dernière modification le 17 décembre 2012.

SOURCE  : Arch. comité national, Questionnaire biographique daté du 2 avril 1954 (La Varenne).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément