RUAULT

Par Maurice Moissonnier

Lithographe, syndicalist (CGT puis CGTU), conseiller prudhomme.

Lithographe à Lyon (Rhône), Ruault donna son adhésion à la CGT dès la création de la confédération. Il faisait partie, après la Première Guerre mondiale, de la commission exécutive de l’Union des syndicats du Rhône qui décida de participer en décembre 1921 au congrès minoritaire de Paris, prélude à la scission de 1922. Il fut l’un des signataires de la circulaire de janvier 1922 qui justifiait cette décision en fustigeant ceux qui, victimes « du virus de l’union sacrée » avaient « de reniements en trahisons » substitué « à l’intérêt de classe, l’intérêt général », et qui étaient devenus les « néo-syndicalistes du banquet des industriels et des tapis verts de Versailles ». Lorsque, dès mars 1922, la scission fut consommée par la création à Lyon d’une autre union départementale fidèle à la majorité confédérale, il devint membre de la commission exécutive de l’UD unitaire du Rhône. Avec Berthier, il participa au congrès constitutif du Livre CGTU qui se tint à Lyon les 24-25 juin 1922.

Ruault fut nommé, en août 1923, à la commission de propagande et, le 5 du même mois, au premier congrès ordinaire de l’UD unitaire s’affirma avec T. Argence, H. Fourcade et P. Pontal comme l’un des porte-parole de la majorité départementale hostile aux commissions syndicales des communistes et réticente à l’adhésion à l’Internationale syndicale rouge. « En France, déclara-t-il, nous sommes depuis longtemps guéris de la politique, car nous n’avons qu’à nous rappeler que ces mêmes politiciens qui sont encore à la tête du parti ont voté les crédits de guerre. Nous voulons donner au syndicalisme révolutionnaire toute sa vertu, et le fond du débat, c’est toujours l’autonomie syndicale. Nous entendons garder la suprématie pour la Révolution. Il est plus facile de voter que de faire de l’action syndicale. »

Malgré ces positions, il semble bien que Ruault ne suivit pas Fourcade, Pontal et Argence qui, dès 1924-1925, prirent le parti d’une nouvelle scission en créant une union autonome. En 1935, en effet, il était toujours membre de la CGTU.

Depuis 1917, au moins, il était conseiller prud’homme.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article143971, notice RUAULT par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 6 janvier 2013, dernière modification le 11 juillet 2020.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : Arch. du syndicat des maçons et aides, déposées à la Bourse du Travail de Lyon. — Bulletins officiels de l’Union des syndicats unitaires du Rhône, 1922-1923. — Compte rendu du congrès des syndicats unitaires du Rhône, 5 août 1923, Villeurbanne, Traquet éditeur, pp. 15 et 16. — L’Effort, 23 novembre 1935.

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