MAES Georges.

Par Jean Puissant

Saint-Josse-Ten-Noode (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale), 5 avril 1865 − Bruxelles, 27 avril 1915. Employé puis typographe, militant du Parti ouvrier belge, premier secrétaire trésorier permanent du Conseil général du parti, conseiller communal et échevin à Bruxelles.

Georges Maes fréquente l’école jusqu’à l’âge de quinze ans, ce qui lui permet de devenir employé. Plus tard, il devient typographe. Il entre ainsi en contact avec le monde ouvrier. Il a vingt ans lorsqu’il adhère au Parti ouvrier belge (POB), qui vient de naître.

Très vite, Georges Maes est tenté par des positions radicales, celles défendues par Alfred Defuisseaux* à l’issue de « l’année terrible » de 1886. Au Congrès de Mons, les 14 et 15 août 1887, il défend, avec Léon Allard, Joseph Defaux* et Marchal, une motion opposée à celle du Conseil général du POB, affirmant que « la grève générale resterait sans effet tant qu’on resterait sur le terrain légal, que seule la grève générale ayant pour but la révolution pouvait amener une transformation sociale et qu’en conséquence, il y avait lieu de faire de la propagande en ce sens. » (voir BERTRAND, L. dans Sources). Cette motion obtient 34 voix contre 59 à la motion majoritaire et 24 abstentions, alors même que les partisans de Defuisseaux ont quitté le Congrès pour créer le Parti socialiste républicain. Le Conseil général est donc minoritaire dans la voie prudente et méthodique qu’il préconise. Georges Maes est donc un des rares soutiens du leader hainuyer à Bruxelles.

Georges Maes quitte la coopérative, La Maison du peuple, et crée à la rue de Schaerbeek, où il habite au n°10, une petite coopérative dissidente, La Sociale, qui vivote quelque temps. Au moment de la réunification des partis ouvriers en 1890, il regagne le bercail du POB où il prend rapidement du galon. C’est un orateur enjoué et apprécié.

En 1893, Georges Maes est condamné à trois mois de prison, confirmés en appel pour « provocation au délit de rébellion », à l’occasion des troubles de la révision constitutionnelle. Il est alors élu au Conseil général et siège à son bureau. En 1895, lors de la préparation des élections communales, il prend fermement position avec Charles Delfosse, Moreau* et les étudiants socialistes, contre toute alliance électorale. C’est la situation des communes bruxelloises qui est au centre des débats et opposent « intellectuels » et « ouvriers », ces derniers étant favorables par principe aux alliances. Candidat, non élu, à Bruxelles, il est alors qualifié de typographe.

En 1898, Georges Maes figure parmi les fondateurs de la Commission syndicale (CS), où il représente le Conseil général du POB et siège à son Conseil national. En 1905, il est élu directement par le Congrès de la CS où il représente, avec Alphonse Octors*, le parti.

En 1903, Georges Maes devient le premier secrétaire-trésorier permanent du Conseil général du POB. D’un abord jovial et rond, orateur fougueux, il ne ménage pas sa peine pour développer le parti, à Bruxelles et dans le pays. Il écrit régulièrement dans Le Peuple. Mais plus préoccupé de propagande que d’administration (le Conseil général ne dispose pas d’archives pour cette époque), il est tout entier dans l’action. Il faudra attendre son successeur pour jeter les bases d’un parti structuré, organisé, cohérent dans sa réflexion, son organisation et son action à l’exemple de la social-démocratie allemande (voir les rapports annuels). Loin de lui en faire porter la responsabilité, la comparaison entre le POB de 1905 et celui de 1913 est éclairante.

Georges Maes est de plus en plus orienté vers la politique communale. Il est élu conseiller communal en 1904, alors que le POB participe à la gestion de la capitale, ce qui n’est pas rien pour un parti qualifié de « révolutionnaire et antinational », par la majorité parlementaire. En 1910, Maes succède à Désiré Vandendorpe, comme échevin de la Bienfaisance publique, et quitte le bureau du Conseil général. Il est à l’origine de la création d’un service d’assistance au vagabondage qui améliore la situation des sans domicile fixe de l’époque, tout en allégeant les charges de la ville, d’une « soupe populaire communale ».

Georges Maes se distingue surtout par son dynamisme lors de la Première Guerre mondiale, en créant le fonds de chômage, les restaurants populaires, l’œuvre des sans logis et réfugiés. Durant le mandat de Maes, le bourgmestre de la ville, Adolphe Max, ne manque pas de se tourner vers lui pour solliciter son avis «  : Que dit le bon sens de notre collègue Maes ? »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article144272, notice MAES Georges. par Jean Puissant, version mise en ligne le 21 janvier 2013, dernière modification le 25 octobre 2020.

Par Jean Puissant

SOURCES : BERTRAND L. , Histoire de la démocratie et du socialisme en Belgique depuis 1830, 2 t., Bruxelles, 1906-1907 − « Les fondateurs de la Commission syndicale », Le mouvement syndical belge, n° 15, 21 juillet 1923, p. 196 − PUISSANT J., « Maes Georges », dans Biographie Nationale, XXXVII, 2, col. 569-570, Bruxelles, 1972.

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