LANTOS Lazlo (Ladislas)

Par Daniel Grason, Thomas Pouty

Né le 16 novembre 1907 à Nagyboreonjo (Hongrie), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; maître imprimeur ; militant communiste ; résistant.

Fils de David et d’Esther, née Moskovitcz, Ladislas Lantos vint en France le 23 septembre 1933. Il se maria avec Thérèse Barta. Le couple eut un enfant, demeura 1 avenue du Docteur Lannelongue à Paris (XIVe arr.).
Ladislas Lantos fut membre de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU) et de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT). Il ouvrit un atelier de travaux d’imprimerie au 86 rue du Faubourg Saint-Denis (Xe arr.) en association avec Charles Masson*. Ils imprimaient la revue Balkans demokrate, à laquelle collaboraient des militants communistes des pays balkaniques. En 1937, ils éditèrent la brochure de Marcel Cachin et Paul Vaillant-Couturier, « Guerre, sabotage, assassinat, trahison. Le procès du centre de réserve trotskiste ».
Militant du Parti communiste, il éditait avec son frère cadet André Lantos plusieurs publications Szabad Szo (Libre Parole), hebdomadaire en langue hongroise édité par l’Union des syndicats CGT de la Seine, Uzenet (Message) et Balkans Démockrate dans l’atelier du 88 rue de La Villette où tous les deux travaillaient par intermittence. Le 5 septembre et le 1er octobre 1939, un commissaire de police notifiait aux frères Lantos l’interdiction de publication des titres.
Ladislas Lantos fut arrêté le 28 juin vers 14 heures à son domicile par des policiers de la BS1 dans le cadre de l’affaire Tintelin, son associé Charles Masson* mis hors de cause fut relaxé le lendemain. Remis aux Allemands, incarcéré au fort de Romainville le 10 août, il était fusillé comme otage (en représailles à l’attentat du stade Jean-Bouin et de divers attentats qui provoquèrent trente et un morts allemands dans le même mois) le 11 août 1942 en même temps que son frère André.
Sa femme Thérèse témoigna le 21 mars 1945 devant la commission d’épuration de la police, elle déclara : « Mon mari a été conduit dans les locaux des Brigades spéciales, il y est resté cinq jours, il a ensuite été au Dépôt jusqu’au 10 août 1942. J’ignore s’il a été frappé, je ne l’ai pas revu. »
Son acte de décès porte la mention « Mort pour la France » par décision du 9 septembre 1947 du ministre des Anciens Combattants. Il fut homologué résistant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article144310, notice LANTOS Lazlo (Ladislas) par Daniel Grason, Thomas Pouty, version mise en ligne le 24 janvier 2013, dernière modification le 16 novembre 2020.

Par Daniel Grason, Thomas Pouty

Photo du passeport de Lantos Lazlo
Photo du passeport de Lantos Lazlo

SOURCES : Arch. PPo., BA 2298, KB 21, KB 32, KB 83. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3. – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit., p. 116. – Marie-Cécile Bouju, La production des maisons d’édition du PCF (1921-1956). Catalogue de la production des maisons d’édition du PCF, 1999. – Site Internet Mémoire des Hommes. – État civil, Paris (XIVe arr.). — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 337181 (nc).

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 157

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