DRAPEAU René

Par Maurice Rouzier

Né le 28 mars 1922 à La Petite Boissière (Deux-Sèvres), fusillé le 3 décembre 1942 à Biard (Vienne) ; charcutier puis tourneur ; membre des Jeunes communistes (JC) ; résistant au sein de l’Organisation spéciale (OS) et des FTPF dans les Deux-Sèvres.

René Drapeau
René Drapeau
Maurice Rouzier, op. cit.

Avec ses frères, René Drapeau passa son enfance dans une famille ouvrière. Il fut apprenti-charcutier et entra ensuite comme tripier à l’abattoir de Thouars ; il y resta jusqu’en février 1942, date à laquelle il s’embaucha comme manœuvre à l’usine de trains d’atterrissage Rusz.
Dans l’usine, l’OS 680 organisa la production de pièces défectueuses pour les trains d’atterrissage, ce qui amena les Allemands à renforcer le contrôle. Comme ses camarades résistants du groupe OS 680, René Drapeau participa à des distributions de tracts. Enfin, selon le rapport de la police judiciaire, il fit partie du groupe avec Brunet et Chénier qui, au début du printemps 1942, sur les consignes de Baquet, récupéra 30 kg de poudre (poudre BPF en lamelles jaunes et poudre US3 en baguettes noires) et trois douilles vides en dessertissant les obus d’une trentaine de cartouches abandonnées sur la route de Saint-Généroux à 9 kilomètres de Thouars. Le groupe garda une petite quantité de cette poudre pour préparer un sabotage qui eut lieu le 20 avril 1942 (ce sabotage contre le transformateur de la gare échoua). L’essentiel de la poudre fut transporté à Niort par un agent de liaison, Julienne Wadoux.
René Drapeau fut arrêté par la police judiciaire d’Angers à Thouars dans le coup de filet qui démantela le groupe le 29 mai ou le 5 juin (selon les sources) et incarcéré le 7 juin à Bressuire, puis à Niort et enfin à Poitiers. Condamné à huit ans de prison par la Section spéciale de la cour d’appel de Poitiers en juillet 1942 comme « co-auteur de l’attentat de Thouars par moyens fournis », il fut emprisonné à Angoulême. Il fut ramené à Poitiers pour être rejugé avec ses camarades par le tribunal de guerre de la Feldkommandantur 677 de Poitiers du 18 au 24 novembre 1942. Il y eut quinze condamnations dont onze à mort : outre René Drapeau, Joseph Berthou, Yves Berthou, Germaine Brunet, Jean Brunet, Édouard Chénier, Marcel Marolleau, Antonin Revéreault, Simone Thibault et Julienne Wadoux. Onze membres du groupe furent déportés dont les trois femmes condamnées à mort. René Drapeau a été fusillé avec ses sept camarades le 3 décembre 1942 à Biard près de Poitiers. Dans sa dernière lettre, il évoqua le chagrin que sa mort allait causer à ses parents. Il fut inhumé à Buxerolles, près de Poitiers.
Exhumé le 1er décembre 1944, il eut avec Marcel Marolleau et Jean Richet des funérailles solennelles à Thouars le 3 décembre 1944 devant une très nombreuse assistance. Hommage leur fut rendu par des représentants des Jeunes communistes, du Front national, du Parti communiste et par le maire de Thouars.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article144459, notice DRAPEAU René par Maurice Rouzier, version mise en ligne le 27 janvier 2013, dernière modification le 11 octobre 2020.

Par Maurice Rouzier

René Drapeau
René Drapeau
Maurice Rouzier, op. cit.

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Mémoire d’André Forestier sur l’OS 680 (CRRL Thouars). – Entretiens avec Hélène Roux, fille d’Antonin Revéreault, Thouars, 24 février et 17 juin 2010. – Rapport établi par le commissaire de police judiciaire après les arrestations de juin 1942 (Arch. Dép. Vienne, document communiqué par Jean-Yves Pineau et Jacky Berge, Parthenay). – Presse locale, article de A. Olivier, 18 octobre 1944. – Témoignage de Marcel Maillet. – Le Semeur, hebdomadaire du Parti communiste à la Libération.

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