CUKIER Rubin

Par Daniel Grason

Né le 6 août 1891 à Szydlowice (Pologne), fusillé comme otage le 14 mai 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier bijoutier.

Fils de Lejb et de Faiga, née Mentezski, Rubin Cukier épousa Sossa Gaffinskiel, née le 26 novembre 1897 à Varsovie (Pologne). Il arriva en France le 7 février 1924 porteur d’un passeport délivré à Radom par le consulat de France en décembre 1923 et se conforma à la législation sur le séjour des étrangers. Il habitait boulevard Voltaire à Paris (XIe arr.) et exerçait sa profession d’ouvrier bijoutier. Il obtint en mars 1929 un visa aller et retour pour se rendre en Pologne d’où il revint avec sa femme.
En 1939, considérés comme des étrangers indésirables ils furent internés administrativement, au camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) où huit mille internés dont plus de deux mille enfants étaient recensés en avril. Le couple s’évada le 21 juin 1941 et réussit à rejoindre Paris. Le ministère de l’Intérieur émit une fiche de recherches le 5 juillet 1941. Rubin Cukier fut interpellé le 26 août à l’Office de secours national au 16 rue Lamarck à Paris (XVIIIe arr.), ex-locaux de l’asile israélite où il séjournait depuis deux jours. Sa femme Sossa réussit à s’éclipser.
Rubin Cukier comparut devant le tribunal de la 12e Chambre correctionnelle le 1er septembre. Condamné à un mois de prison, incarcéré à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne), le 25 il fut interné au camp de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis) réservé aux Juifs. Un inspecteur de police des Renseignements généraux écrivit sur sa fiche : « Suspect et susceptible de constituer un élément dangereux pour l’ordre intérieur ».
Le 13 mai 1942, le Commandement militaire allemand déclarait à l’occasion de l’introduction du port de l’étoile jaune pour les Juifs : « Il peut être utile que la propagande attire l’attention sur le fait que ces derniers temps, la participation des Juifs a été établie [...] comme auteurs ou instigateurs intellectuels, aux actes de terrorisme communistes dirigés contre la Wehrmacht. »
Le lendemain six fusillés d’origine juive, dont Rubin Cukier, furent fusillés. Il fut inhumé au cimetière de Nanterre (Seine, Hauts-de-Seine).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article144800, notice CUKIER Rubin par Daniel Grason, version mise en ligne le 7 février 2013, dernière modification le 30 septembre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., 77W 30. – Denis Peschanski, La France des camps. L’internement 1938-1946, Éd. Gallimard, 2002. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet CDJC. – Site Internet Mémoire des Hommes.

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