MEJEROWICZ Hirsch, Leib

Par Daniel Grason

Né 18 mai 1917 à Kobryn (Pologne, Union soviétique, aujourd’hui Biélorussie), fusillé comme otage le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; plombier.

Hirch Mejerowicz arriva en France le 14 octobre 1938, porteur d’un passeport polonais visé par le consulat de France à Varsovie (Pologne). Le 23 novembre, il fit l’objet d’un refus de séjour, mais obtint par la suite un sursis renouvelable. Le dernier était valable jusqu’au 5 juillet 1941. Il résida à plusieurs adresses dans le quartier de Ménilmontant, et fut hébergé par son oncle Jankiel Jackson, coupeur, 397 rue des Pyrénées, à Paris (XXe arr.). Il partit travailler en province du 13 juin au 24 décembre 1940, résida à Marseille (Bouches-du-Rhône) et à Draguignan (Var). De retour à Paris, il logea rue Delaître, puis 36 rue de Tlemcen, à Paris (XXe arr.).
Le 17 septembre, les armées soviétiques annexèrent la partie orientale de la Pologne. Hirch Mejerowicz, étant natif d’une ville désormais sous contrôle soviétique, se rendit en décembre 1940 au consulat de l’URSS et opta pour la citoyenneté soviétique ; il demanda son rapatriement.
Le premier et le second statut des Juifs, promulgués par le gouvernement de Vichy, le 3 octobre 1940, puis le 2 juin 1941, imposaient un recensement spécifique. Il faisait obligation aux Juifs, dans un délai d’un mois, de faire : « une déclaration écrite indiquant qu’elles sont juives au regard de la loi, et mentionnant leur état civil, leur situation de famille, leur profession et l’état de leurs biens ». (Art. 1). Hirch Mejerowicz en attente de son rapatriement ne se fit pas recenser. Il travaillait comme livreur pour la maison David, à Bagnolet (Seine, Seine-Saint-Denis).
Le 6 juillet 1941, Hirch Mejerowicz fut appréhendé à son domicile par deux inspecteurs de la 3e section des Renseignements généraux. Rien de suspect ne fut trouvé lors de la perquisition. Un inspecteur griffonna : « Juif citoyen soviétique. Était en relation avec le consulat de l’URSS. ». Le brigadier-chef ajouta : « De plus est considéré comme très suspect au point de vue politique et dangereux pour l’ordre intérieur. » Le lendemain, il fut interné à la caserne des Tourelles (XXe arr.). Le 22 août, il fut transféré au camp de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis), réservé aux Juifs. Le 14 décembre, avec les autres otages juifs, il prit la destination d’une prison. Il fut passé par les armes le 15 décembre 1941 à 12 h 45 au Mont-Valérien. Son oncle Jankiel Jackson fut déporté par le convoi no 7 qui partit de Drancy le 19 juillet 1942 à destination du camp d’extermination d’Auschwitz (Pologne), où il trouva la mort – il n’y eut que seize survivants sur neuf cent quatre-vingt-dix-neuf déportés.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article144879, notice MEJEROWICZ Hirsch, Leib par Daniel Grason, version mise en ligne le 9 février 2013, dernière modification le 16 novembre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo, BA 2439, KB 95, 77W 52. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). – Louis Sadosky, brigadier-chef des RG, Berlin 1942, CNRS Éd., 2009. – Yves Santamaria, 1939, le Pacte germano-soviétique, Éd. Complexe, 1998. – Dominique Rémy, Les lois de Vichy, Romillat, 1992. – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC.

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