GUYOT Louis, Edmond

Par Daniel Grason

Né le 15 juin 1908 à Saint-Quentin (Aisne), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; artisan imprimeur ; sans appartenance politique.

Louis Guyot dans son jardin.
Louis Guyot dans son jardin.

Fils de Rémy, employé, et de Clémentine, née Ruzié, Louis Guyot épousa Jane Guyvarch le 17 octobre 1931 en mairie d’Argenteuil (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Le couple eut deux enfants. La famille demeurait dans la ville au 84 rue de Calais.
Des inspecteurs de la BS1 repérèrent Arthur Tintelin au début du mois de mars 1942 dans le quartier Saint-Ambroise (XIe arr.), ils le surnommèrent « Ambroise ». Il avait la responsabilité des ateliers de photogravures et d’impressions et rétribuait les artisans. Onze inspecteurs de la BS1 filèrent les militants impliqués dans l’impression et la diffusion des tracts et des journaux édités par le parti communiste clandestin du début mars au 16 juin 1942.
Maurice Grandcoing se rendit le 18 mai 1942 par le métro au restaurant Chez Léon de Lyon il arriva à 13 heures et en sortit à 14h 40, il reprenait le métro et descendit Porte de Clichy. Il emprunta l’autobus 40, et alla jusqu’au Pont d’Argenteuil. À pied il se rendit à 15heures 45 à l’imprimerie Guyot, 84 rue de Calais à Argenteuil.
Il fut arrêté le 18 juin 1942 par des inspecteurs de la BS1 qui se présentèrent à son imprimerie il a été saisi dix mille tracts intitulés « À nos frères derrière les barbelés ». Le zinc de ce tract était encore sur la machine. Des clichés zinc de précédents tirages ont été également saisis.
Vingt-cinq mille tracts furent saisis, ainsi que deux cents kilos de papier blanc et des clichés. De plus, des papiers attestaient d’un projet de fabrication de faux cachets de la préfecture de police. Les tracts comme les plaques de zinc qui furent saisis ne faisaient pas explicitement référence au parti communiste clandestin. Les policiers interpellèrent aussi son épouse Jeanne, déportée, elle mourut à Auschwitz.
Deux autres imprimeurs furent arrêtés, Georges Gentil à Bezons et Léon Appay à Suresnes. Il y eut trente-neuf arrestations. Son interrogatoire eut lieu dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police, il fut incarcéré au Dépôt du quai de l’Horloge. Le 10 août il était emmené au fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis).
Le 5 août 1942, deux grenades étaient lancées par des résistants communistes sur des militaires allemands qui s’entraînaient au stade Jean-Bouin (XVIe arr.). Deux furent tués, cinq grièvement blessés et quinze autres blessés Les occupants allemands décidaient le 10 août de fusiller quatre-vingt-huit otages au Mont-Valérien.
Le lendemain, Louis Guyot était passé par les armes à 7 h 35 au Mont-Valérien. Le journal collaborationniste Le Matin annonça le 11 août dans un « Avis » que « pour répondre à chaque attentat [...] 93 otages terroristes qui ont été convaincus d’avoir commis des actes de terrorisme ou d’en avoir été complices » étaient fusillés.
Son épouse Jane, orthographiée Jeanne, fut déportée le 14 janvier 1943 à destination d’Auschwitz (Pologne), matricule 31631, elle y mourut le 25 avril 1943.
Leurs noms figurent sur le monument aux morts d’Argenteuil, celui de Louis étant par ailleurs inscrit sur la cloche du Mont-Valérien.
Le corps de Louis Guyot repose dans le carré des fusillés, au cimetière de Thiais (Val-de-Marne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article144983, notice GUYOT Louis, Edmond par Daniel Grason, version mise en ligne le 17 décembre 2019, dernière modification le 6 avril 2020.

Par Daniel Grason

Louis Guyot dans son jardin.
Louis Guyot dans son jardin.
Louis Guyot (Arch. PPo.).
Louis Guyot (Arch. PPo.).

SOURCES : Arch. PPo., BA 1747, BA 1752, BA 2117, GB 38 (rapport de filatures), KB 7, KB 30, KB 95, PCF carton 13 rapports hebdomadaire sur l’activité communiste, 77W 942. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit.Le Matin, 11 août 1942. – FMD, Livre-Mémorial, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Saint-Quentin. — Notes Frédéric Stévenot.

ICONOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 154, cliché du 14 juillet 1942.

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