LHEUREUX Louis, Henri, Joseph

Par Daniel Grason

Né le 14 novembre 1910 à Labourse dans l’arrondissement de Béthune (Pas-de-Calais), mort le 19 août 1964 à Evian (Haute-Savoie) ; chef de chantier ; communiste ; volontaire en Espagne républicaine.

Fils d’Arthur, houilleur et de Louise, née Delroise Louis Lheureux fut orphelin à l’âge de cinq ans. Son père Arthur mobilisé en 1914 au 4e Régiment d’infanterie était tué le 13 janvier 1915 sur le champ de bataille de Crouy (Aisne), reconnut « Mort pour la France ». Louis Lheureux était adopté par la nation le 24 mars 1920 par un jugement du Tribunal de Béthune. Il vint en région parisienne, habitat 129 Rue Cardinet à Paris, XVIIe arr. (Seine). Il adhéra en 1935 au Parti communiste, travaillait comme chef de chantier, il se syndiqua en juin 1936 à la CGT.

Il se présenta au centre de recrutement de la rue Mathurin-Moreau, XIXe arr., déclara qu’il était marié père d’un enfant. Il arriva en Espagne le 6 janvier 1937. Incorporé dans la XIIe Brigade internationale, bataillon André Marty, il prit part aux combats du Jarama, fut blessé le 11 février 1937 à Arganda. Ses blessures nécessitèrent son hospitalisation au Palace Hôtel à Madrid jusqu’au 5 mars. Il bénéficia d’une permission de convalescence de dix jours.

Très affecté moralement, Lheureux rencontra le 11 mars en ville deux français d’une colonne anarchiste. Ils venaient de rencontrer le consul de France à Madrid qui favorisait leur rapatriement en France au départ de Valence. Louis Lheureux alla au consulat, demanda à rentrer chez lui, il devait embarquer à Alicante à destination de la France. Au moment où il s’apprêtait à monter dans un autocar, une patrouille des brigades l’interpella.

Il fut interrogé les 28 mars 1937 par deux membres du « service de contrôle de la base », Albert Lafon* et Artur London*, le premier commissaire politique adjoint de la base d’Albacete, le second avait pour pseudonyme Gérard (Gerhard Elberfeld) qui travaillait pour le Service d’investigation militaire (SIM). Tous les deux voulaient connaître l’ampleur des désertions et les filières. À cette date, près de quatre cents volontaires de différentes nationalités et obédiences politiques attendaient leur rapatriement, la moitié avait combattu sur le front de Madrid, une infirmerie permettait de soigner malades et blessés. Louis Lheureux ne connaissait aucun nom. Il fut rapatrié en juin 1937 pour officiellement effectuer une période militaire.

Il épousa Félicie Crasmier le 26 décembre 1950 à Trouville (Seine-Maritime).

Louis Lheureux mourut le 19 août 1964 à Evian (Haute-Savoie).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145041, notice LHEUREUX Louis, Henri, Joseph par Daniel Grason , version mise en ligne le 18 février 2013, dernière modification le 29 novembre 2015.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. RGASPI 545.6.1285, BDIC mfm 880/23 ; RGASPI 545.2.112, BDIC mfm 880/47 ; RGASPI 545.6.1039 liste des Brigadistes français en Espagne républicaine. – État civil, Labourse.

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