LÉPERVANCHE Léon de [LÉPERVANCHE de, Léon, Vincent, Paul, Marie, Jules, Simon]

Par Claude Pennetier

Né le 21 novembre 1907 à Saint-Denis (La Réunion), mort le 14 novembre 1961 au Port (La Réunion) ; employé des chemins de fer ; syndicaliste, journaliste, député communiste maire du Port (octobre 1945, juin 1946 ; novembre 1946-avril 1951) ; un des pères de la départementalisation ; maire de Port de juin 1945 à sa mort, président du conseil général de la Réunion en 1946.

Issu d’une famille aisée, Léon de Lépervanche occupa cependant une fonction modeste aux chemins de fer du Port de La Réunion à partir de 1923. Journalier jusqu’en 1930, il était en 1936-1938 secrétaire général du syndicat du CPR (Chemins de fer et port de la Réunion) et une des principales figures syndicales de l’Ile. Facteur chef, il fut licencié après les grèves d’août 1938, puis en 1940-1942 il subit le contrôle de la sécurité pétainiste pendant deux années. Ses convictions le conduisirent en 1941 devant la Cour criminelle spéciale mise en place à Saint-Denis par le régime de Vichy. Il prit possession de la Mairie du port et organisa l’appui aux forces libres fin nombre 1942 lors de l’arrivée d’un bateau de la France libre. Il fut maire du Port de 1945 à 1961.

Fondateur du journal Le Communiste en 1944 et directeur jusqu’en 1945, député de novembre 1946 à juin 1951 aux côtés de Raymond Vergès*, il agit de concert avec celui-ci, trouvant l’appui du député de la Martinique Aimé Césaire en faveur de la « départementalisation » des colonies d’Amérique et de La Réunion, adoptée le 19 mars 1946. Son rôle lui valut l’appellation de père de la départementalisation.

Tribun écouté, il mena une bataille contre le décret de décembre 1950 qui imposa la dissolution du Chemin de fer et Port de la Réunion (CPR). Lepervanche était un esprit indépendant qui ne suivit pas toujours les orientations tant du PCF que du Parti communiste réunionnais (créé en 1959). La de la création de ce parti, il donna lecture création du PCR, 17 18 mai 1959), donne lecture d’un long texte rappelant les origines de son engagement. Il dit sa conviction intime que l’autonomie interne fait courir à l’île le risque d’un tarissement des sources de crédits. « La gorge serrée », il déclara qu’il se prononcera contre le projet de thèses présenté à la conférence fédérale. Ce fut son testament politique car deux ans plus tard, il mourut dans sa modeste case de la rue des Volontaires au Port.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145140, notice LÉPERVANCHE Léon de [LÉPERVANCHE de, Léon, Vincent, Paul, Marie, Jules, Simon] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 22 février 2013, dernière modification le 27 mars 2021.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Yvan Combeau, La vie politique à la Réunion 1942-1963, SEDES, 2001, p. 12, 33, 35, p. 41, 89, 124, 127. — Eugène Rousse, Combat des Réunionnais pour la liberté, I, Editions CNH, 1993, p. 82, 84, 92, 109 (photo), 122, 162, 183 (icono), 185. — Dictionnaire biographique de la Réunion, 2. — Prosper Eve, Tableau du syndicalisme à la Réunion de 1912 à 1968, 1991, Éditions CNH, p 57 (photo).

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