MARQUIÉ Raymond, Louis

Par Claude Pennetier

Né le 27 juin 1913 à Paris (VIIe arr.), mort le 2 janvier 2004 à Paris (XVe arr.) ; lieutenant colonel ; secrétaire national de l’association France-URSS.

Fils de Camille Marquié, mécanicien, et de Marie Espérine Garbolin, sans profession, italienne d’origine populaire, Raymond Marquié fut adopté pupille de la Nation en septembre 1919. On ignore tout de ses études qu’il aurait faites chez les Jésuites. Il était employé de commerce au moment de son premier mariage en 1936.
Mobilisé à l’été 1939, il était en juin 1940 sous les ordres général Fernand Lescanne qui refusait l’Armistice. Prisonnier de guerre en Prusse orientale, libéré, membre semble-t-il du MNPGD (Mouvement national des prisonniers de guerre et des déportés) puis lieutenant colonel à la Libération, Raymond Marquié, assuma en 1944 la fonction de chef de la mission française de rapatriement à Moscou. Il eut un rôle actif dans la question du rapatriement des Alsaciens-Lorrains (Malgré-nous) prisonniers des soviétiques.
Il fut suspendu de ses fonctions et rappelé en 1947 puis emprisonné un mois, en février, en forteresse à Saint-Denis (Seine) pour avoir, sans autorisation, fait une conférence de presse au cours de laquelle il avait critiqué le gouvernement. Il devint aussitôt secrétaire national à la propagande (permanent) de l’association France-URSS et le resta jusqu’en 1953. Gravement malade, il fut alors soigné en URSS.
De retour en France, il travailla dans l’industrie chimique, à l’entreprise des parfums Carden, par l’intermédiaire du résistant Maurice Pinot (ou Pineau). Il se disait ingénieur. Il continuait à militer à France-URSS, jouant un rôle actif dans les commémorations de Stalingrad. Son bureau au domicile familial de la rue Cambronne (XVe arr.) était orné d’un portait de Lénine et d’un portrait de Staline, cette photographie disparut à fin des années 1950.

La police le considérait comme membre ou sympathisant du Parti communiste. Il aurait eu, une fois au moins, un contact personnel avec Maurice Thorez. Mais selon sa famille, il était plus philosoviétique que philocommuniste. Peu porté sur les idées, il détestait les trotskistes, les opposants à l’Union soviétiques et même les intellectuels communistes comme Aragon qui faisaient des réserves sur l’URSS.

Il s’était marié le 27 juin 1936 à Paris (XVe arr.) avec Marie Gorgeret, employée de bureau, dont il divorça en octobre 1948 pour se remarier le 7 juin 1951 toujours à Paris (XVe arr.) avec Hélène Henriette Mégray, professeure agrégée d’histoire. Veuf, il épousa en troisième noce Jacqueline Beltrando le 12 février 1964 à Paris (XVe arr., secrétaire qui fut sa collaboratrice à France-URSS, et militante communiste active. Le couple eut une fille, Hélène.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145194, notice MARQUIÉ Raymond, Louis par Claude Pennetier, version mise en ligne le 23 février 2013, dernière modification le 23 juin 2022.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Fonds Raymond Marquié, La Contemporaine, inventaire en ligne. — Documentation IHTP, Direction générale de la Sûreté nationale. Direction centrale des Renseignements généraux : dossiers de personnalités du monde politique, économique, culturel et social . — Archives en ligne de Paris (VIIe arr.) cote 7N 129_A , vue 5. — Conversation avec sa fille Hélène Marquié, novembre 2021.

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