MARHAIM Samuel, Isidore

Par Daniel Grason

Né le 26 mars 1889 à Chorzele, en Mazovie (Pologne), fusillé comme otage le 21 février 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; presseur-tailleur de vêtements.

Fils de Joseph Marhaim et de Golda Marhaim, née Przyonski, Samuel Marhaim, célibataire, arriva en France en 1929, et séjourna dans le département de l’Eure. Titulaire d’une carte d’identité, il vint à Paris en 1932. Il logea au 50 rue Chapon, puis au 26 rue de Picardie à Paris (IIIe arr.). Il travaillait comme presseur-tailleur de vêtements pour hommes chez Mager Frères au 14 rue de Bretagne à Paris (IIIe arr.). Il se déclara comme Juif respectant ainsi l’ordonnance du 27 septembre 1940, et il était titulaire d’une carte d’identité délivrée par la préfecture de police au titre de « travailleur » valable jusqu’au 31 décembre 1942.
Il fut interpellé le 13 juin 1941 lors d’un contrôle d’identité dans le restaurant Goura, 59 rue du Faubourg-du-Temple à Paris (Xe arr.), qualifié par la police de « lieu de rendez-vous des communistes Juifs ». Interné à la caserne des Tourelles (XXe arr.), il fut transféré le 22 août 1941 au camp de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis) réservé aux Juifs. la Section spéciale de recherches (SSR) des Renseignements généraux était chargée, depuis 1937, de la surveillance des étrangers. Louis Sadosky, responsable du rayon allemand et polonais, fut nommé en 1941 responsable du rayon juif, rompant ainsi avec le principe de la nationalité. Il fit de Samuel Marhaim un « suspect au point de vue politique, sympathisant des théories communistes, susceptible de se livrer à la propagande en faveur de la IIIe Internationale », il concluait : « Dangereux pour l’ordre public ».
Dans la nuit du 5 au 6 février 1942, une sentinelle allemande fut très grièvement blessée à Tours (Indre-et-Loire). S’y ajoutait l’attentat commis à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) le 4 février 1942 contre des militaires allemands. En représailles, les Allemands décidèrent de fusiller ou de déporter cinquante otages ; ils désignèrent quatorze otages à exécuter au Mont-Valérien dont treize Juifs internés au camp de Drancy : Szmul Balbin, Abraham Gärtner, Léon Jolles, Josef Kape, Max Kawer, Mordka Korzuch, Towja Lipka, Samuel Marhaim, Aron Miller, Jankiel Minsky, Israël Rubin, Lejbus Wajnberg et Israël Wirtheim, ainsi que Henri Debray militant communiste interné à à la prison de la Santé à Paris (XIVe arr.).
Transféré le 19 février 1942 à la prison du Cherche-Midi à Paris (VIe arr.), Samuel Marhaim fut passé par les armes le samedi 21 février 1942 au Mont-Valérien avec les treize autres otages. Il fut inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) le lundi 23 février 1942, division 39, ligne 2, n° 25.
Le nom de Samuel Marhaim figure sur la cloche du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien.

L’abbé Franz Stock évoque les 13 Juifs exécutés le 21 février 1942 dans son Journal de guerre :

« Samedi 21.2.42
14 exécutions.
Venu me prendre à 8h pour le Cherche-Midi, 14 otages doivent être exécutés à 11 heures : 13 juifs, d’origine germano-polonaises, du camp de Drancy ; un Français de la Santé.
....
Un jeune juif me dit : "Ils peuvent bien nous tuer mais d’autres se lèveront, il est impossible d’exterminer la race juive." Certains juifs étaient pieux, récitaient des psaumes, l’un s’est entouré de son châle de prière en soie, il voulait être enterré avec. Question : aucun rabbin ne vient ? Les 14 doivent être enterrés lundi seulement. Le seront à Ivry. »

Voir Mont-Valérien, Suresnes (Hauts-de-Seine)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145322, notice MARHAIM Samuel, Isidore par Daniel Grason, version mise en ligne le 28 février 2013, dernière modification le 24 janvier 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 2439, 1W 0725. — DAVCC, Caen, B VIII dossier (Notes Thomas Pouty). — Louis Sadosky, brigadier-chef des RG, Berlin 1942, CNRS Éd., 2009. — S. Klarsfeld, Le livre des otages. — Site Internet Mémoire des Hommes. — Site Internet CDJC. — MémorialGenWeb. — Franz Stock, Journal de guerre. Écrits inédits de l’aumônier du Mont Valérien, Cerf, 2017, p. 66. — Répertoire des fusillés inhumés au cimetière parisien d’Ivry.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément