ITZKOWITZ Israël

Par Daniel Grason

Né le 16 mars 1894 à Dzialoszyn dans la province de Lodz (Pologne), fusillé comme otage le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; cordonnier.

Israël Itzkowitz, marié et père de trois enfants, demeurait 29 rue du Général-Galliéni à Montreuil-sous-Bois (Seine, Seine-Saint-Denis) ; il exerçait la profession de cordonnier. Le gouvernement de Vichy adopta un statut des Juifs le 3 octobre 1940, puis le 2 juin 1941. Ces textes s’alignaient sur la législation nazie ; dans les faits, les Juifs ne pouvaient plus exercer leur métier. Israël Itzkowitz vivait dans la crainte d’une arrestation. Pourtant, il ne se méfia pas et se présenta seul quand il fut convoqué à la préfecture de police pour le renouvellement de son récépissé de titre de séjour, le 5 septembre 1941. Immédiatement arrêté, il fut transféré au camp de Drancy, réservé aux Juifs.
La Section spéciale de recherches (SSR) des Renseignements généraux était chargée, depuis 1937, de la surveillance des étrangers. Louis Sadosky, responsable du rayon allemand et du rayon polonais, fut nommé en 1941 responsable du rayon juif, rompant ainsi avec le principe de la nationalité. Il écrivit au sujet d’Israël Itzkowitz : « Membre de l’ex-Parti communiste. Propagandiste notoire des théories soviétiques, suspect au point de vue politique, dangereux pour l’ordre intérieur. »
Israël Itzkowitz fut désigné comme otage et passé par les armes le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien ; il fut inhumé au cimetière de Suresnes.
Le gendre d’Israël Itzkowitz, Raymond Lachontch, vingt-sept ans, lieutenant membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI) au bataillon Chamonix, déclara après la Libération devant la commission d’épuration de la police : « Il n’a jamais fait de politique ni propagé d’idées communistes, il évitait de sortir de chez lui. [...] Il ne fréquentait pas les cafés, les lieux publics et je démens formellement que mon beau père ait appartenu au Parti communiste. Il n’a jamais pris position contre les Allemands pour ne pas porter préjudice à sa famille. »
À cause de sa nationalité étrangère, la mention « Mort pour la France » ne fut pas accordée à Israël Itzkowitz par le ministère des Anciens Combattants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145343, notice ITZKOWITZ Israël par Daniel Grason, version mise en ligne le 2 mars 2013, dernière modification le 15 novembre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo, BA 2439, KB 95. – DAVCC, Caen, otage B VIII dossier 2 (Notes Delphine Leneveu, Thomas Pouty). – Louis Sadosky, brigadier-chef des RG, Berlin 1942, CNRS Éd., 2009. – Dominique Rémy, Les lois de Vichy, Romillat, 1992. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC.

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