LEBLOND Charles, Georges

Par Daniel Grason

Né le 29 octobre 1910 à Paris (XIe arr.), fusillé le 27 novembre 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; agent hospitalier ; résistant membre du réseau Georges-France.

Charles Leblond était le fils de Charles, dessinateur, et de Joséphine, née Dietrich. Son père, soldat pendant la Première Guerre, mourut de maladie le 11 août 1918 à l’hôpital d’Auxerre (Yonne). Orphelin, Charles Leblond fut pupille de la Nation, adopté par jugement du tribunal civil de la Seine du 5 juillet 1922. Il épousa le 14 février 1939 Berthe Marzari, originaire de Moselle, infirmière à l’hôpital Laënnec. Le couple vivait 15 rue Rousselet à Paris (VIIe arr.). Une fille Brigitte, naquit le 29 février 1940 à Paris (XIVe arr.).
Charles Leblond travailla en qualité d’agent hospitalier à l’hôpital Saint-Antoine, puis à Laennec jusqu’au 15 décembre 1941, date à laquelle il fut détaché à l’Administration centrale de l’assistance publique. Il recueillait des renseignements pour le réseau de Résistance Georges France qui déployait notamment son activité en région parisienne.
Il fut arrêté le 29 janvier 1942 par la police allemande à son domicile. Une perquisition eut lieu et son poste de TSF fut saisi. Incarcéré à la prison de Fresnes, jugé le 12 novembre 1942 par le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.), il fut condamné à mort pour « espionnage » et passé par les armes le 27 novembre 1942 au Mont-Valérien. Son inhumation eut lieu au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).
Son nom figure sur la plaque commémorative de la mairie du VIIe arrondissement, avec la mention « Mort pour la France », sur celle posée en l’église Saint-François-Xavier et sur la plaque posée 184 rue du Faubourg-Saint-Antoine des « Morts pour la France personnel hospitalier et médical ». Après la guerre, le réseau Georges-France fut homologué et reconnu comme unité combattante du 1er septembre 1940 au 1er janvier 1943.

L’abbé Stock, aumônier allemand écrivit :
« 16 exécutions. Visite à Fresnes, où appris que 16 exécutions prévues pour l’après-midi.
Darrtichon Alexandre ; Gontier Pierre ; Ross René ; Netter Jean ; Vinçon ; Chevaux ; Huet Pierre ; Leblond Charles ; Camus René ; Roussel Ernest ; Hugon A.Casimir ; Mascré ; Renard Maxime ; Massé Eugène.(...)
Leblond était très pieux ; on le disait d’une intelligence limitée, souvent malade pendant sa détention. Sa santé s’améliora un peu les dernières semaines seulement, quand il reçut des colis. Il fut le premier à demander s’il pouvait communiquer. Il déposa sa médaille sur la table de communion dans sa cellule, une petite médaille qu’il me demanda de bénir ; très bien préparé, il posa à côté les phots de sa femme et de sa petite fille.
(...) L’’exécution eut lieu à 4 heures au Mont-Valérien. N’en suis parti qu’à 5h30. Arrivâmes au cimetière, tout était fermé. Nous finîmes par y entrer, avec des lanternes. Il faisait déjà nuit noire. Les 16 furent enterrés vers 7 heures environ. 47ème div. 2ème ligne. »
Maurice Daniel et Maxime Fournat appartenaient aussi à ce groupe de victimes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145400, notice LEBLOND Charles, Georges par Daniel Grason, version mise en ligne le 5 mars 2013, dernière modification le 13 novembre 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., 77W 435. – DAVCC, Caen, Boîte 5 B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – F. Marcot (sous la dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, op. cit., p. 1084. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (XIe arr.).— Abbé Stock,Journal de guerre, op. cit.

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