VALENTIN Maxime, Bernard, Léon, dit « Max »

Par Gilles Pichavant

Né le 26 juin 1926 à Notre-Dame-de-Bondeville (Seine-Inférieure, Seine-Maritime)  ; ouvrier des lignes des PTT ; syndicaliste CGT de Seine-Maritime ; communiste

Max Valentin
Max Valentin

Fils de parents ouvriers, Max Valentin commença à travailler comme bûcheron en 1940. Deux ans plus tard, il fut aide-cuisinier chez Peugeot.

Le 21 septembre 1944, Max Valentin entra comme auxiliaire au service des lignes aériennes des PTT à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). Il adhéra à la CGT dès que se reconstitua le syndicat des PTT à l’automne de cette année là. Il fut élu membre de la Commission exécutive du syndicat CGT des PTT de Seine Maritime lors de son congrès de 1945, au titre des jeunes.

A l’époque de la scission syndicale en 1947, il était au service militaire qu’il fit en Algérie à partir du le 21 décembre 1946. Sa libération fut anticipée parce que son frère Jean Valentin* était mort en déportation à Birkeneau-Auschwitz (Pologne), et avait été déclaré “Mort pour la France” le 30 janvier 1947. Lorsque que Max Valentin rentra en Seine-Maritime, il fut affecté à la Recette Principale de Rouen, rue Jeanne d’Arc, comme facteur, puis nommé au Havre le 1er janvier 1948 comme Agent des lignes au Service Souterrain. Aussitôt installé au Havre il demanda sa mutation pour le Service Souterrain de Rouen, qui lui fut accordée un an après. Il intégra alors les locaux du service des ligne alors situés rue Sablée, derrière la prison de Bonne-Nouvelle. A sa première notation on peut lire en appréciation « Agent donnant de grands espoirs », suivi d’une baisse de note pour fait de grève.

En revenant du service militaire, tout ayant été affecté au Havre, il retrouva sa place à la Commission Exécutive du syndicat départemental des PTT. Les réunions se tenant le soir, il était hébergé chez sa mère qui habitait à Notre-Dame-de-Bondeville (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). Il fut donc membre de la CE départementale avant de devenir le responsable des Lignes.

En 1952, lors d’une réunion de la section syndicale services techniques, qui regroupait alors les agents du service des lignes, ceux du central téléphonique, les ouvriers professionnels, et les agents du garage des PTT, il remplaça Jean Vadeleau* comme secrétaire général de la section, celui-ci désirant disposer de temps pour préparer le concours de conducteur de chantier. Max Valentin fit tout de suite preuve d’imagination dans les actions syndicales. Le 15 juin 1953, lors d’une assemblée générale convoquée pour protester contre des mesures prise par l’Administration sur le remboursement des frais de mission et de déplacement, il proposa, et la décision fut prise, d’aller le jeudi 18 juin 1953, déposer en délégation de masse les revendications auprès Directeur Régional, sans se déclarer en grève, et en utilisant les véhicules servant à transporter les équipes sur les chantiers. C’était une innovation. Le Ministère ayant donné l’ordre au Directeur Régional de ne recevoir personne, le personnel resta sur place toute la journée, les véhicules garés sur le boulevard. Cette action fut connue comme un véritable événement au niveau national, dans les métiers des lignes, et servi de modèle par la suite.

En 1953 Max Valentin participa au collectif qui dirigea la grande grève d’août dans la région rouennaise. Il fut chargé par son syndicat des relations avec les syndicats FO et CFTC de Seine Maritime, et passa donc la plupart de son temps dans les locaux de Force Ouvrière. Cette grève fut décisive dans le redressement de la CGT dans le département, au delà des services techniques qui était son bastion traditionnel. La fin de la grève fut en effet marquée par un fort repli de Force ouvrière qui appela à la reprise, alors que lors de l’assemblée générale du matin son secrétaire départemental avait déclaré vouloir continuer la grève "jusqu’au bout".

La même année, Max Valentin participa à une délégation de la Fédération CGT des PTT en URSS, délégation conduite par Georges Frishmann, secrétaire général de la fédération.

En 1954, Max Valentin fut élu membre de la CE de la Fédération CGT des PTT, et le resta jusqu’en 1984.

Ce n’est qu’en 1957 qu’il fut élu au bureau départemental du syndicat CGT des PTT de Seine-Maritime lors du congrès départemental du 24 mars. Il fut élu au titre de la section des services techniques. Le 16 octobre 1957, il fit voter par l’assemblée générale du service des lignes une grève de 24 heures pour le lendemain, à la fois pour la revendication de la Paix en Algérie et sur un cahier de revendications professionnelles. Le lendemain, il participa avec 150 d’entre eux à une manifestation à Rouen, vers la direction départementale. Même chose en 1958, où la grève dura plusieurs jours, dans son service, contre l’avènement du pouvoir personnel.

En 1960, Max Valentin devint le secrétaire général du syndicat CGT des PTT de Seine-Maritime, en remplacement de Michel* écarté en cours de mandat, et le resta jusqu’en 1982. Comme secrétaire général du syndicat, de 1961 à 1966, il anima une campagne revendicative dans le cadre de l’électronisation des Chèques Postaux de Rouen, 1er centre informatisé en France, qui amena une réduction du temps de travail à 36 heures, et même 35 heures dans certains services. Même chose au central téléphonique de Rouen et chez les téléphonistes de l’ensemble du département, menacées par l’automatisation du téléphone.

Il anima le syndicat pendant les grandes grèves de mai-juin 1968 et de 1974 (grande grève dans les PTT). Tirant les expériences de 1953 où le mouvement de grève avait été cassé alors que se tenait tous les jours une Assemblée Générale regroupant l’ensemble du personnel de la ville de Rouen, le syndicat CGT des PTT, première organisation syndicale du département, s’opposa à la tenue de telles réunions au cours de ces deux grands mouvements. Il imposa l’organisation de la lutte au niveau de chaque service, les sections syndicales de service pilotant les comités de grève, leurs militants animant les assemblées générales de services.

En 1961, Max Valentin devint secrétaire régional pour la Normandie de la CGT PTT. Le comité régional était, par ailleurs, composé de Jean Lemesle*, du centre de tri Caen-Gare (Calvados), secrétaire régional adjoint, et des membres François Chrestia*, ancien secrétaire régional, de Caen, Jean Viel* du Central téléphonique de Caen, et de Georges Havard*, préposé à la distribution de la Recette Principale de Rouen, trésorier régional. Il laissa cette responsabilité en 1970. En 1982 il retrouva une responsabilité de secrétaire régional pour la Haute-Normandie (Seine-Maritime et Eure), à la suite de la division de la Normandie PTT en deux région administrative distinctes.

Au plan national Max Valentin fut élu membre de la commission exécutive fédérale lors du 15ème congrès fédéral, du 16 au 19 novembre 1954 au titre des catégories techniques, puis membre du bureau fédéral lors du 21ème Congrès Fédéral qui se tint du 21 au 24 avril 1970 à Issy-les-Moulineaux. Durant toute cette période il fut membre de la commission nationale des lignes, écrivant régulièrement des articles pour son journal, le Bulletin des lignes. Max Valentin occupa ces mandats nationaux jusqu’au 25ème Congrès Fédéral du 22 au 27 novembre 1982.

Pendant cette période, il fut élu pendant 12 années délégué à la Commission Paritaire (CAP) Centrale du Corps des Lignes au ministère des PTT, qui siégeait pour l’avancement, ainsi qu’en conseil de discipline.

Au plan interprofessionnel il fut membre de la Commission exécutive de l’Union Locale CGT de Rouen des années 50 à 1968, et membre de la Commission Administrative de l’Union Départementale CGT de Seine Maritime de 1962 à 1987. Il fut membre du bureau de l’Union Départementale des Seine-Maritime de 1964 à 1970.

De 1962 jusqu’aux ordonnances de 1967, il fut administrateur de la Caisse Primaire de Sécurité Sociale de Rouen, régulièrement réélu sur la liste CGT, et administrateur CGT de la Caisse Régionale de Sécurité Sociale. Jusqu’en 1996, Il fut administrateur des Hôpitaux de Rouen, de l’Hôpital du Belvédère de Mont St Aignan (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) et du Centre Départemental de l’Enfance à Canteleu (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). Il fut élu membre du Conseil Supérieur de la Sécurité Sociale, mais n’y siégea jamais, les ordonnances de 1967 ayant modifié les règles avant la première réunion. Parallèlement il fut membre Comité de section de Rouen de la Mutuelle Générale des PTT, et s’attacha dès les années 1950 à ce que les élus de la CGT y prenne toute leur place, au point que dès les années 1970 la CGT y emporta l’ensemble des sièges.

En 1951, Max Valentin fut présenté sur la liste CGT aux élections à la Cantine des PTT de Rouen, et fut élu administrateur. Il s’attacha patiemment à y renforcer la présence de la CGT si bien qu’à partir des années 1960, et jusqu’à la disparition des restaurants PTT au début des années 2000, la CGT y remporta régulièrement les élections, et présida le conseil d’administration. Lorsqu’après 1968 le nombre de restaurants fut multiplié dans l’agglomération rouennaise, la CGT y remporta toutes les élections et présida les nouveaux conseils d’administrations avec des militants comme Jean Julien, Julien Bertheuil*, Jean-Pierre Traineau*, Catherine Lacheray* Catherine Prat*. C’est la région rouennaise qui fut à l’origine de la création de la Fédération Nationale des Restaurants, qui, lorsque Jean Julien en fut président, créa une centrale d’achat pour l’ensemble des restaurants PTT du territoire national.

Max Valentin ayant adhéré à la Jeunesse Communiste à la Libération, puis au PCF, il devint le secrétaire de la section de Maromme de 1950 à 1955, puis, en 1956, devint le secrétaire de la Section de Rouen Gauche. En 1952 il fut élu au Comité Fédéral de Seine Maritime du PCF, puis membre du bureau fédéral, et le resta pendant une vingtaine d’années.

Il avait épousé de Suzanne Maurice le 5 mars 1955 à Rouen.

Ayant pris sa retraite en 1984, Max Valentin se retira d’abord à Ectot-l’Auber (Seine-Maritime), près d’Yvetot, tout en passant une partie importante de l’année dans les Côtes-d’Armor, département d’origine de sa femme, à rénover une vieille maison au bord du lac de Guerledan. En 2018 il était toujours syndiqué à la CGT et habitait Anneville-Ambourville.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145404, notice VALENTIN Maxime, Bernard, Léon, dit « Max » par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 25 septembre 2013, dernière modification le 19 décembre 2018.

Par Gilles Pichavant

Max Valentin
Max Valentin
Max à la tribune du congrès départemental CGT PTT en 1975
Max à la tribune du congrès départemental CGT PTT en 1975

l SOURCES  : Arch. comité national du PCF. — Archives du syndicat CGT des PTT, in Arch. Dép. de Seine-Maritime, site de Darnetal. — Enregistrement de Max Valentin en 1998, par Gilles Pichavant, Arch. de la fédération CGT FAPT. — Antoine Fiszlewicz, Haute-Normandie Pages d’Histoire Sociale- Témoignages de syndicalistes, édité par l’IHS CGT 76 et le Comité Régional CGT de Normandie octobre 2009. — Notice de Jean Valentin, son frère, sur le site mémoire vive — Notes de Jacques Defortescu — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément