SNAUKO Peter (nom d’emprunt), né NEUER Alik [Pseudonyme dans la Résistance : Jules]

Par Daniel Grason

Né le 5 janvier 1914 à Cernova (royaume de Hongrie, Slovaquie), fusillé le 6 octobre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; manœuvre, interprète ; militant communiste ; volontaire en Espagne républicaine ; responsable technique des FTP-MOI parisiens.

Peter Snauko, de son véritable nom Alik Neuer, combattit en Espagne républicaine dans l’armée républicaine espagnole, où il eut la fonction de commissaire politique. Rapatrié en France, il fut interné dans le camp du Vernet (Ariège), d’où il s’évada et rejoignit Paris par une filière de la Main-d’œuvre immigrée (MOI). Il fit partie de l’Organisation spéciale (OS), avec Oswald Zavodsky, puis des Francs-tireurs et partisans-Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) de la région parisienne. Il était dans le deuxième triangle de direction avec Boris Holban et Boris Milev. Après la chute de Joaquim Olaso, en décembre 1942, il le remplaça comme responsable technique des FTP-MOI sous le nom de Peter Snauko, dit Jules.
Pendant les six mois où il fut membre du triangle de direction, les quatre détachements FTP-MOI menèrent plus de quatre-vingt-dix actions : grenadages d’hôtels occupés par les Allemands, incendies de garages, exécutions de soldats et d’officiers allemands...
Le 3 juillet 1943, deux dirigeants des FTP, Louis Wallé et Pierre Lamandé, furent interpellés avenue Daumesnil, à proximité de la porte Dorée (XIIe arr.). Des documents se rapportant à leurs activités clandestines furent découverts sur eux. Lors de la perquisition du domicile de l’un d’eux, les policiers trouvèrent un plan de la région d’Herblay (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), où devait avoir lieu une livraison d’armes et de matériel. Deux jours plus tard, des inspecteurs de la Brigade spéciale no 2 (BS2) étaient sur place. Peter Snauko fut arrêté, ainsi qu’Hélène Glasz, dite Suzanne, son agent de liaison, en France depuis 1937, originaire de Hongrie et considérée par les Renseignements généraux comme « Juive, réfugiée politique ».
À l’issue d’une vaste opération policière, soixante-huit militants et combattants de la MOI furent arrêtés.
Peter Snauko demeurait 165 rue Pelleport (XXe arr.) et disposait de deux domiciles clandestins, 21 rue Soleillet (XXe arr.) et 8 rue Beudant (XVIIe arr.), où la police découvrit de nombreux documents. Dans un dépôt 18 rue Dauphine (VIe arr.), les policiers saisirent trente bombes, soixante-deux corps de bombes, quinze engins incendiaires, deux revolvers, une grenade, des détonateurs et des produits chimiques destinés à fabriquer des bombes incendiaires.
Pendant les interrogatoires, Peter Snauko ne lâcha pas sa véritable identité. Il comparut le 1er octobre 1943 devant le tribunal du Gross Paris siégeant rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) et fut condamné à mort pour « actes de franc-tireur ». Passé par les armes le 6 octobre 1943 au Mont-Valérien, il fut ensuite inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).
Hélène Glasz fut incarcérée en novembre 1943 à la prison d’Aix-la-Chapelle (Allemagne) en attendant son jugement à Cologne. Classée « NN » (c’est-à-dire Nuit et brouillard), condamnée à disparaître, elle fut déportée à Ravensbrück, et libérée le 14 avril 1945 par la Croix-Rouge.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145436, notice SNAUKO Peter (nom d'emprunt), né NEUER Alik [Pseudonyme dans la Résistance : Jules] par Daniel Grason, version mise en ligne le 7 mars 2013, dernière modification le 1er février 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., PCF carton 14, rapports hebdomadaires sur l’activité communiste, KB 5, KB 74, 77W 727. – DAVCC, Caen, Boîte 5 / B VIII dossier 4 (Notes Thomas Pouty). – Andreu Castells, Las Brigadas internacionales de la guerra de España, Ariel, 1974. – S. Courtois, D. Peschanski, A. Rayski, Le sang de l’étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1989. – Boris Holban, Testament. Après quarante-cinq ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle..., Calmann-Lévy, 1989. – FMD, Livre-Mémorial, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes.

Version imprimable Signaler un complément