GRANDJEAN Raymond, Claude, Maurice

Par Daniel Grason

Né le 27 juillet 1911 à Matton-et-Clémency (Ardennes), fusillé le 6 août 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; chauffeur-mécanicien ; communiste ; résistant FTPF.

Fils d’Émile et de Marie, née Leray, Raymond Grandjean était marié. Le couple demeurait 137 boulevard du Havre à Colombes (Seine, Hauts-de-Seine). Pendant la guerre, permanent appointé, il fit partie des FTP de la région nord de la région parisienne.
Il participa à plusieurs actions : le 13 avril au cambriolage de la mairie d’Ezanville (Seine-et-Oise, Val-d’Oise) ; le 17 avril à une tentative d’attentat contre Jean-Marie Clamamus, ex-maire communiste de Bobigny ; le 27 avril, au cambriolage du centre de distribution des titres de rationnement rue de la Sablière à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine) ; le 29 avril, au transport de grenades vers Chaumont-en-Vexin (Oise).
Le 15 mai, il était dans l’équipe qui commit un attentat contre Raymond Dirr, maire de Pierrefitte-sur-Seine nommé par Vichy. Au moment où il s’apprêtait à prendre l’autobus à l’arrêt Élisée-Reclus, près du pont de Creil à Pierrefitte, Raymond Grandjean tira deux balles dans le dos de Dirr, le blessant mortellement. L’équipe qui commit l’attentat était dans une Citroën Traction Avant volée ; une partie du numéro de la plaque minéralogique du véhicule fut relevée, et Grandjean identifié.
Le 20 mai, au volant du même véhicule, Raymond Grandjean stationna à trois cents mètres du domicile de Clamamus. Des policiers repérèrent la Citroën ; des coups de feu furent échangés au moment où Raymond Grandjean allait être appréhendé, un gardien de la paix fut blessé. Dans le véhicule, les policiers saisirent : deux chargeurs de mitraillettes complets, deux grenades Mills, des cartouches de revolver de calibre 7,65 mm, une cocarde tricolore et deux tracts émanant des FTP ; dans la malle de la voiture : une pèlerine, un képi, un casque et un étui revolver de gardien de la paix dérobés le 27 avril 1943, au cours de l’attaque du centre de distribution de titres de rationnement d’Asnières.
Livré aux Allemands, probablement torturé, il parla. Le tribunal du Gross Paris siégeant rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) le condamna à mort le 27 juillet 1943 pour activité de franc-tireur. Le 6 août il fut passé par les armes au Mont-Valérien. Il fut inhumé après la Libération au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) dans le carré des corps restitués.
Pour implication dans la même affaire, la police arrêta Juliette Vigny, quarante-trois ans, qui fut déportée en septembre 1943 en Allemagne, à Aix-la-Chapelle. Condamnée à une peine de travaux forcée, elle la purgea à Lübeck, à Ravensbrück (Allemagne), puis à Mauthausen (Autriche). Elle fut libérée par la Croix-Rouge le 22 avril 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145444, notice GRANDJEAN Raymond, Claude, Maurice par Daniel Grason, version mise en ligne le 8 mars 2013, dernière modification le 30 mai 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 1748, BA 2117, BA 2297, PCF carton 6 et 14 rapports sur l’activité communiste pendant l’Occupation, KB 8. – DAVCC fusillé Boîte 5, Liste S 1744-213/44 (Notes Thomas Pouty). – FMD, Livre-Mémorial, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Matton-et-Clémency.

Photographie : Arch. PPo. GB 179.

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