PIERRET Émile, Arthur [alias Ferré]

Par Frédéric Stévenot

Né le 17 janvier 1891 à Crécy-sur-Serre (Aisne), mort le 18 février 1971 à Saint-Quentin ; chef d’équipe aux Postes et Télécommunications  ; ancien combattant 1914-1918, résistant  ; militant communiste de l’Aisne ; président du comité local de libération, maire de Saint-Quentin, vice-président du Conseil général de l’Aisne.

La naissance d’Émile Preudhomme fut déclarée par Mathilde Azélie Sallandre, sage-femme à Crécy-sur-Serre. Il naquit au domicile de sa mère, Marie Ernestine Adèle Prudhomme, journalière ; le père était inconnu. Lors du mariage de sa mère et d’Henri Alfred Pierret, à Crécy, le 26 décembre 1896, Émile fut légitimé et prit son nom définitif.

Il se maria le 16 février 1912 à Marle, avec Laure Célina Boutreux. Émile Pierret était veuf en 1945, et père d’un enfant.

Ses parents et lui-même étaient domiciliés à Marle (Aisne) quand il fut appelé au service militaire. Reconnu soutien de famille par décision du conseil départemental du 24 août 1912, il fut incorporé au 45e régiment d’infanterie le 10 octobre suivant, il fut mobilisé dès le 2 août 1914. Il fit partie du corps expéditionnaire en Orient à partir du 3 novembre 1915. Évacué comme malade le 26 juillet 1916 au 2 août (accès de paludisme secondaire), il fut à nouveau le 11 novembre suivant, en raison d’une blessure. Rentré à la CM3 le 29 janvier 1917, il passa au 17e régiment d’infanterie le 22 février 1918, puis au 72e régiment d’infanterie le 19 septembre suivant. Entre temps, il bénéficia d’un détachement temporaire agricole, du 1er juin au 10 juillet 1918. Émile Pierret fut enfin démobilisé le 16 juillet 1919, muni d’un certificat de bonne conduite. Il obtint par la suite la carte du combattant n° 12 846. La croix de guerre lui fut attribuée, mais la citation inscrite dans le registre matricule n’a pas été numérisée.
Il fut dégagé de ses obligations militaires le 15 octobre 1940.

Le 2 février 1924, il déclara demeurer à Athies-sous-Laon, place de la mairie. Muté à Saint-Quentin, il résidait au 14 rue de la Chaussée-romaine à partir du 14 février 1928. Il habita ensuite brièvement dans les environs de Beauvais, à Voisinlieu (Oise), à partir du 24 avril 1930, avant de regagner Saint-Quentin l’année suivante (à partir du 14 avril 1931), toujours rue de la Chaussée-romaine, mais au numéro 76.

Le 16 juillet 1925, il fut classé affecté spécial, comme agent des lignes de l’administration du service de la télégraphie

Membre du parti communiste avant-guerre, Émile Pierret devint en 1944 le responsable du Front national pour Saint-Quentin (Aisne) qu’il avait contribué à constituer en 1943. Il prit contact avec des chefs de la Résistance qu’il hébergea ; sa maison servit à l’occasion de lieu de réunion. Le 14 avril 1944, un responsable de la Résistance fut arrêté au seuil de la maison d’Émile Pierret, alors qu’une réunion devait se tenir.

À la Libération, il fut désigné comme président du Comité de Libération de Saint-Quentin en l’absence du docteur Claude Mairesse, déporté. Aux élections municipales de 1945, Émile Pierret fut élu maire et à nouveau en 1952. Il mena la « liste d’Union républicaine et résistante et de défense des intérêts communaux, présentée par le parti communiste français », aux municipales du 19 octobre 1947. La majorité passa cependant à la SFIO, emmenée par Marcel Bugain.
En janvier 1945, il fut proposé par le préfet de l’Aisne pour remplacer le radical-socialiste Dupont, conseiller général de Saint-Simon, révoqué. Émile Pierret fut élu vice-président du Conseil général.

Émile Pierret fut présenté par le PCF aux élections cantonales dans le canton de Saint-Quentin, où il fut élu le 23 septembre 1945, dès le premier tour. Il devint vice-président du conseil général de l’Aisne lors de la session d’octobre 1945. Il l’était encore en janvier 1948, mais plus en mai 1949. Il figurait en troisième position sur la liste communiste aux élections à la première Assemblée constituante, en octobre 1945. Seuls Adrien Renard et René Thuillier furent élus. Le comité fédéral lui reproposa la même place en vue des élections de mai 1946, qu’il repoussa au profit de Paulette Charbonnel. La liste communiste eut cette fois trois députés.

Au premier tour des cantonales de 1955, le 24 avril, le siège de conseiller général du canton de Saint-Quentin lui échappa, et passa au socialiste Georges Bachy, docteur à Saint-Quentin. Celui-ci arrive derrière Pierret au premier tour. En contradiction avec les accords fédéraux, Bachy refusa de se désister en sa faveur. Soutenu par sa section et profitant du retrait des candidats du RGR et du MRP, il battit Émile Pierret.

Si les services d’Émile Pierret pour la Résistance ont été homologués (on ignore cependant à quel titre), la médaille de la Résistance ne semble pas lui avoir été attribuée.
Après sa mort en 1971, le conseil municipal de Saint-Quentin donna son nom à l’une des rues de la commune.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145481, notice PIERRET Émile, Arthur [alias Ferré] par Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 10 mars 2013, dernière modification le 18 décembre 2020.

Par Frédéric Stévenot

SOURCES. La Liberté de l’Aisne (n° 48 du 8/9/1945, n° 56 du 3/11/1945) ; L’Aurore de l’Aisne (n° 1, 16/09/1944). --- Arch. dép. Aisne, Délibérations du Conseil général de l’Aisne (1945-1981), J. 1461/12 (fonds Berthiault), 3 MM 4, reg. matr., bureau de Laon, 20R139 - 1911 (matr. 386). SHD Vincennes, GR 16 P 477040. IHS-CGT Aisne, liste électorale pour les municipales de Saint-Quentin, oct. 1947. --- État civil Crécy-sur-Serre, 5Mi0404.

ICONOGRAPHIE : La Liberté de l’Aisne, n° 54 du 20 octobre 1945.

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