GLASZ Hélène dite Suzanne [née WEISS]

Par Daniel Grason

Né le 7 janvier 1906 à Ujhartyan (Hongrie), morte à une date inconnue ; couturière ; militante communiste ; résistante FTP-MOI ; déportée.

Fille d’Ernest et de Marguerite, née Klinger, Hélène Glasz vint en France en 1937, fuyant le régime autoritaire de son pays. Communiste, elle fut pendant la guerre l’agent de liaison de Peter Snauko, de son véritable nom Alik Neuer. Il fut membre du deuxième triangle de direction des FTP-MOI parisiens de décembre 1942 au 5 juillet 1943. Hélène Glasz transportait également du matériel pour l’organisation.
Le 3 juillet 1943 deux dirigeants des FTP Louis Wallé et Pierre Lamandé étaient interpellés avenue Daumesnil, à proximité de la Porte Dorée. Des documents se rapportant à leurs activités clandestines furent découverts sur eux. Lors de la perquisition du domicile de l’un d’eux les policiers trouvèrent un plan de la région d’Herblay (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), où devait avoir lieu une livraison d’armes et de matériel. Deux jours plus tard, des inspecteurs de la BS2 étaient au rendez-vous, Peter Snauko ainsi qu’Hélène Glasz était arrêtés. Les policiers arrêtèrent soixante-huit militants et combattants de la Main d’œuvre immigrée.
Lors de la perquisition de son domicile 42 rue d’Aboukir, à Paris IIe arr. les policiers découvraient des tracts de l’organisation. Ils volaient quatre-vingt dollars en or, une bouteille de cognac, une montre bracelet.
Hélène Glasz, incarcérée en novembre 1943 à la prison d’Aix-la-Chapelle (Allemagne) en attendant son jugement à Cologne. Classée « NN » Nuit et Brouillard, condamnée à disparaître, elle fut déportée à Ravensbrück, libérée le 14 avril 1945 par la Croix-Rouge.
Elle témoigna le 1er octobre 1945 devant la commission d’épuration de la police sur son interrogatoire par les hommes de la BS2 : « J’ai été interrogée par le secrétaire […] qui, devant mon mutisme, a ordonné » à deux inspecteurs de l’interroger. L’un la fit se « déshabiller jusqu’à la ceinture, [il] m’a frappé sauvagement sur tout le corps et la plante des pieds, il m’a également frappée à coups de poing au visage. J’ai été pendant une quinzaine de jours sans pouvoir m’asseoir ni m’allonger sur le dos ».
Elle porta plainte contre les inspecteurs qui l’arrêtèrent, contre ceux qui la frappèrent et qui dérobèrent argent et objets à son préjudice. Elle serait rentrée en Hongrie.
Quant à Peter Snauko après son interrogatoire par les Brigades spéciales, il était livré aux occupants. Il comparut devant un Tribunal militaire allemand le 1er octobre 1943, condamné à mort pour « actes de franc-tireur ». Il fut fusillé le 6 octobre 1943 au Mont Valérien.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145619, notice GLASZ Hélène dite Suzanne [née WEISS] par Daniel Grason, version mise en ligne le 16 mars 2013, dernière modification le 8 septembre 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. PC carton 14 rapports hebdomadaire sur l’activité communiste, KB 5, KB 41, KB 64, KB 74, 77W 727, 77W 3114. – Bureau Résistance (pas de dossier). – Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le sang de l’étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1989. – Boris Holban, Testament. Après 45 ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle…, Calmann-Lévy, 1989. – Livre-Mémorial, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Ed. Tirésias, 2004.

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