MALBOS Huguette [MALBOS Huguette, Berthe Joséphine, née GARNIER]

Par Françoise Olivier-Utard

Née le 17 septembre 1926 à Strasbourg (Bas-Rhin), morte le 5 avril 2009 à Strasbourg ; attachée commerciale à Paris, puis dans le Bas-Rhin ; militante CGT-FO du Gaz, secrétaire de la section FO du Gaz de Strasbourg, membre de la CE départementale du Bas-Rhin de 1978 à 1981, secrétaire de la Fédération FO des industries de l’Électricité et du Gaz, administratrice suppléante de la CCAS (1974-1982) ; militante du Parti socialiste, conseillère municipale de Strasbourg de 1989 à 1995.

Son père s’appelait Louis Garnier (né en 1896 à Mayet dans la Sarthe, mort à Paris en 1971). C’était un grand invalide de guerre qui, après sa convalescence à Strasbourg, s’était inscrit à la faculté de droit de cette ville et était entré dans une banque, dont il devint directeur général en 1935. Sa mère, Madeleine Bonneau (née en 1904 à Caen, Calvados, morte en 1936 à Strasbourg), avait élevé ses deux enfants. Huguette Garnier commença sa scolarité à l’école privée catholique Notre-Dame-de-Sion, à Strasbourg.

En 1939, la famille fut évacuée, comme la plupart des Strasbourgeois, à Périgueux (Dordogne). Française de l’Intérieur, elle ne fut pas autorisée par les autorités nazies à rentrer chez elle après l’armistice. Elle s’installa alors à Paris. Huguette Garnier y passa son bac. Intéressée par le théâtre et la musique, elle trouva un premier emploi comme rédactrice à la revue des Jeunesses musicales de France.

Elle se maria très jeune, le 12 août 1947, avec Pierre Malbos, qu’elle avait rencontré au Conservatoire. Le couple eut trois enfants.

Huguette Malbos se fit embaucher à Paris dans une entreprise filiale de GDF, la Société de développement de l’industrie du gaz (SDIG). Le hasard fit qu’elle se retrouva à travailler dans le bureau de Pierre Bérégovoy. Ce dernier la convainquit de rejoindre les rangs de FO, ce qu’elle fit en 1956.

Son mari, qui avait entamé une carrière au siège parisien de l’usine textile Coframaille, demanda en 1962 une mutation en Alsace, pour des raisons de santé. La famille s’installa à Schirmeck, où se trouvait l’une des trois usines du groupe. Huguette obtint un emploi d’attachée commerciale au Gaz de Strasbourg. Elle fonda dès 1963 la section FO du Gaz de Strasbourg et en devint la première secrétaire. Elle était très active. Ses camarades du syndicat, qui n’avaient pas beaucoup de femmes militantes dans leurs rangs, étaient impressionnés par elle et la traitaient amicalement de « pétroleuse ».

De 1978 à 1981, elle participa à la commission exécutive de l’Union départementale en tant que secrétaire administrative chargée de la presse et des questions féminines. Élue à la commission exécutive de la fédération FO des industries de l’électricité et du gaz à l’occasion de son XIIe congrès (septembre 1975), elle intégra ensuite le secrétariat fédéral jusqu’au XVe congrès (Dijon, novembre 1981) puis continua de siéger au comité fédéral national. Son activité en direction des femmes l’amena également, à la même époque, à représenter sa fédération à la commission confédérale féminine. Elle fut désignée administratrice suppléante de la CCAS de 1974 à 1982. Après une période d’éclipse qui correspondait à une crise interne de l’UD FO, elle retrouva sa place de secrétaire administrative au sein de la CE départementale, en 1987, quelques mois avant de prendre sa retraite.

Son engagement politique fut plus tardif que son engagement syndical. Elle adhéra au PS au moment de sa fondation ou juste un peu avant. À cette époque, sa famille habitait à Mutzig (Bas-Rhin), où militait André Lurker, dernier secrétaire départemental de la SFIO et également ancien membre de la CE de l’UD CGT-FO du Bas-Rhin. Elle se rangea à ses côtés, et fut proche de Jean Oehler. Quelques années plus tard, en 1973, elle choisit de résider à Strasbourg (le divorce fut prononcé en 1983) pour poursuivre une carrière politique dans une grande ville. Elle fut candidate sur la liste municipale conduite par Catherine Trautmann en 1989. Élue, elle se vit confier la responsabilité du secteur des personnes âgées ainsi que des relations avec les représentants des religions.

Elle ne fut pas sollicitée pour faire partie de la liste du second mandat socialiste, en 1995, ce qui la contraria et lui fit prendre ses distances avec le parti.

Très profondément religieuse, elle était engagée dans les actions caritatives de la paroisse catholique de Saint-Pierre-le-Jeune, au centre de Strasbourg. Elle participait volontiers à des pèlerinages. Elle se plaisait aussi à faire la lecture aux pensionnaires de la maison de retraite Saint-Arbogast et enregistrait des cassettes pour les personnes mal voyantes.

Ayant subi plusieurs opérations handicapantes, elle choisit de s’installer dans une maison de retraite au centre-ville de Strasbourg. Elle décéda subitement, d’une maladie nosocomiale foudroyante.

Elle avait par ailleurs, au début de son arrivée en Alsace, participé à la création de l’association musicale AJAM (Amis des jeunes artistes musiciens) fondée par D. Bott, secrétaire général du Gaz de Strasbourg.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145620, notice MALBOS Huguette [MALBOS Huguette, Berthe Joséphine, née GARNIER] par Françoise Olivier-Utard, version mise en ligne le 18 mars 2013, dernière modification le 4 novembre 2015.

Par Françoise Olivier-Utard

SOURCES : Arch. CCAS (notes de Françoise Robert-Sangué). — Lumière et force, n°160 (septembre 1975), 178 (décembre 1978), 191 (janvier 1982), 292 (mai-juin 2009) — Dernières Nouvelles d’Alsace, Strasbourg, 9 avril 2009. — Entretien avec Pierre Malbos du 25 février 2013.

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