GROSS Jean, Marc, Charles [dit Carrier]

Par Daniel Grason

Né le 26 juillet 1915 à Paris (IIe arr.), fusillé le 6 octobre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; expert-comptable ; résistant FTPF, responsable du détachement Kléber.

Fils de Charles et d’Émilie, née Fournié, tous les deux employés de banque, Jean Gross demeurait 24 rue de Belfort à Clichy-la-Garenne (Seine, Hauts-de-Seine) et était le responsable du détachement FTP Kléber de la région P3. Il participa à l’organisation et parfois à l’exécution d’actes de sabotage : le 9 mars 1943 vers 22 heures, tentative d’incendie d’un garage réquisitionné par les Allemands rue Paul-Bert à Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis) ; en avril 1943, dépôt d’un engin explosif sur une voie ferrée à proximité de la gare de Nanteuil-le-Haudoin (Oise) ; le 10 avril, dépôt d’une charge explosive sur la voie ferrée près de la gare de Trilport (Seine-et-Marne) ; en mai, incendie d’une raffinerie d’alcool à Saint-Ouen-l’Aumône (Seine-et-Oise, Val-d’Oise) ; le 1er juin, tentative de destruction de deux pylônes de lignes à haute tension à Annet-sur-Marne (Seine-et-Marne) et, le 4 juin, jet de grenade contre un détachement de soldats allemands au Pont-de-Saint-Ouen.
Le groupe, composé de Jean Queffeulou, Pierre Cosnard, Jean Poiré, Richard Patrucco, Joseph Gauthier, Marcel Dutet, William Dahan et Simone Dutet, repéra plusieurs objectifs qui n’aboutirent pas du fait de l’arrestation de tous les membres. Étaient projetés : l’attaque d’un poste allemand dans le bois de Vincennes ; le dépôt d’un engin explosif sur la voie ferrée à proximité de Pontoise ; enfin le sabotage de la voie ferrée entre Chantilly et Creil qui était prévu dans la nuit du 12 au 13 juin 1943.
Le 12 juin la police municipale interpella Jean Gross dans un couloir de la station de métro Gare-de-l’Est. Il portait sur lui un revolver à barillet calibre 8 mm, une grenade Mills ainsi que des documents sur l’activité des FTP. Jean Gross fut remis aux policiers de la BS2 ; ils visitèrent son domicile qui ne livra que peu d’éléments sur l’activité du groupe : un lot de carte d’état-major et des écrits sur la vie du groupe.
La perquisition du dépôt de matériel contrôlé par Jean Gross au 21 rue Juliette-Dodu à Paris (Xe arr.) fut fructueuse : une bouteille incendiaire, deux engins incendiaires, cinq crayons allumeurs à retardement, cinq détonateurs, des amorces, trois charges explosives, un engin explosif pour faire sauter des rails sur une voie ferrée et un kilo de dynamite.
Au cours de ses interrogatoires dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police, Jean Gross expliqua qu’il avait adhéré au Front national dans un but patriotique, et qu’il devint permanent appointé deux mille trois cents francs en février 1943. Il resta trois semaines à la disposition des BS, certainement tabassé, torturé.
Il fut livré aux Allemands et incarcéré à la prison de Fresnes le 24 juin 1943. Il fut jugé le 1er octobre 1943 par le tribunal du Gross-Paris siégeant rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « actes de franc-tireur », il fut passé par les armes le 6 octobre 1943 au Mont-Valérien.
Après la Libération, son père Charles témoigna devant la commission d’épuration de la police. Il déclara : « J’ai su par divers témoignages que mon fils avait été odieusement frappé durant son séjour à la préfecture. »
Le nom de Jean Gross figure sur le monument des fusillés et des morts en déportation, place de la République à Clichy.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145749, notice GROSS Jean, Marc, Charles [dit Carrier] par Daniel Grason, version mise en ligne le 24 mars 2013, dernière modification le 30 mai 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 1798, PCF Carton 8 militants arrêtés par la police française, Carton 14 et 15 rapports hebdomadaires sur l’activité communiste, KB 6. – DAVCC, Caen, Boîte 5 B VIII dossier 4 (Notes Thomas Pouty). – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (IIe arr.).

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