MIROGLIO Albert

Par Gérard Leidet

Né le 21 avril 1898 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 16 juillet 1950 à Marseille ; instituteur ; militant syndicaliste et mutualiste, secrétaire du syndicat de l’enseignement laïque (CGTU) des Bouches-du-Rhône (1929-1931), membre du bureau départemental du SNI, secrétaire de la MGEN.

Albert Miroglio était le fils de Jules Miroglio (né en 1871), employé, et de Félicie Du Cazal (née en 1873), mère au foyer ; le couple habitait alors au 60 boulevard de Rome à Marseille 

Instituteur à Marseille, à l’école de garçons de la Cathédrale, très consciencieux selon plusieurs témoignages, Albert Miroglio enseigna durant vingt-sept ans dans cette école, dans un quartier où la population scolaire « assez mêlée » exigeait de la part des maîtres une grande rigueur professionnelle. Jean Briand qui fut d’abord son élève dans les années 1920, avant d’exercer pendant une année avec lui dans cette école de la Cathédrale, voyait en Miroglio le type même du militant syndical et mutualiste, un « exemple à suivre ».

Militant pacifiste, membre du conseil syndical du Syndicat de l’enseignement laïque (adhérant à la CGTU) avant la fusion, Albert Miroglio devint en 1929 le secrétaire de la section départementale de ce syndicat. Il le demeura jusqu’en 1931, selon la règle de l’alternance dans les responsabilités chère aux syndicalistes-révolutionnaires. Il rejoignit la section du Syndicat national des instituteurs après la fusion.

Après 1936, avec Pascal Léna, il participa au rapprochement des organisations mutualistes de l’enseignement du département qui aboutit à la création en 1938 de l’Union des sociétés mutualistes de l’enseignement des Bouches-du-Rhône dont il fut le secrétaire et le gérant du Bulletin. En 1941, une demi-douzaine de sociétés mutualistes en faisaient partie (le Sanatorium de l’enseignement primaire, la Mutuelle-incendie, l’Orphelinat de l’enseignement primaire, la Mutuelle automobile, la Solidarité des Bouches-du-Rhône (accidents, salaires, diffamation) et le Comité d’entr’aide fraternelle aux instituteurs, aux institutrices et à leurs familles victimes de la guerre).

En 1937 Miroglio qui résidait alors au 35 de la rue de la République, était secrétaire de l’Union des sociétés mutualistes de l’enseignement des Bouches-du-Rhône dont le bureau était composé de Pascal Léna (Président), I. Creyssel (vice-présidente) et A Pellet (trésorier). En effet, en dehors de ses activités syndicales, Albert Miroglio, mutualiste convaincu comme la plupart des militants enseignants de sa génération, militait au sein de quatorze sociétés mutualistes et laïques mises en place avant 1938. Il y exerçait souvent d’importantes responsabilités . Il était notamment membre du Grand Conseil de la Mutualité, membre des bureaux puis secrétaire de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale, dès la naissance de celle-ci, de la Solidarité. Délégué à l’œuvre antituberculeuse, secrétaire de la société scolaire de secours mutuels, administrateur de la clinique de Bonneveine, il était aussi membre de la commission de contrôle de la Mutuelle accidents élèves. Militant laïque, il était membre du bureau des AIL.

Après la Seconde Guerre mondiale, il participa avec d’autres camarades tels Georges Cheylan, Jean Buisson, Léon Garnier, Roger Lombard, Édouard Sicard, Alfred Bizot, Madeleine Franchet… , à la reconstruction de la section départementale du SNI. Dans ce contexte difficile de réorganisation totale de la section départementale, il fut membre de la commission exécutive en 1946 et 1947 puis assuma au sein du bureau départemental la charge de secrétaire à la Sécurité sociale. En 1948, Miroglio devint le trésorier de la caisse de solidarité « Dîme du bonheur » de la section départementale.

Cette intense activité militante le contraignait à consacrer ses jeudis et ses dimanches à l’ensemble de ces réunions - celles de la MGEN avaient lieu le dimanche matin (témoignage de Louis Jeansoulin) - sans compter les longues soirées passées à écrire une nombreuse correspondance.

Selon le témoignage de Pascal Léna, « sa modestie et une certaine timidité lui faisaient préférer les tâches effacées, le travail obscur ». Ses avis éclairés étaient cependant toujours écoutés avec attention, encore qu’une certaine humilité ne lui avait jamais permis de prendre la parole lors de grandes assemblées publiques. « Discret par tempérament », il excellait dans la minutie et l’exactitude de la tâche entreprise.

La place importante qu’il avait occupée sur le plan syndical et mutualiste avait été reconnue dès 1948 lorsque la médaille du Mérite social lui fut décernée.

Albert Miroglio se maria à Marseille le 28 décembre 1929 avec Germaine, Victorine Favro ; le couple eut une fille, Michèle, née en 1951.

Il décéda alors que plusieurs membres du bureau départemental des Bouches-du-Rhône (notamment Jean Buisson, Eugène Costa et Sauvebois, militant de Salon) participaient aux travaux du congrès national du SNI (convoqué salle Cadet à Paris). Lors de son enterrement, au cimetière Saint-Pierre, Marcel Astruc adressa un « fraternel et émouvant adieu » au militant prématurément disparu, au nom des bureaux départementaux du SNI, de la FEN et de la MGEN.

Un instituteur-syndicaliste, Camille Miroglio, était adhérent du SN en 1925 ; y a –t-il un lien de parenté entre les deux militants ? Il s’agit sans doute dans ce cas-là de Miroglio, membre du conseil d’administration du Syndicat national des institutrices et instituteurs publics en 1923 et 1924, dirigé alors par Bernard Varèse*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145782, notice MIROGLIO Albert par Gérard Leidet, version mise en ligne le 27 mars 2013, dernière modification le 2 janvier 2019.

Par Gérard Leidet

SOURCES : Archives départementales des Bouches-du-Rhône, fonds 42 J 1 293 du SNI et de la FEN.(1945-1977). — Bulletin du Syndicat unique des institutrices et instituteurs des Bouches-du-Rhône, octobre 1950. —Témoignages oraux et écrits de Jean Briand, Jean Buisson, Eugène Costa et Pascal Léna.

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