MAILLARD Henri, Théodule, Albert

Par Daniel Grason

Né le 9 avril 1883 à Cavron-Saint-Martin (Pas-de-Calais), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; menuisier-ébéniste ; résistant, membre du Front national.

Fils de Jules, couvreur, et d’Agnès, née Osselin, Henri Maillard se maria avec Marie Charlot dont il divorça en 1921, puis épousa Suzanne Potet (née le 1er avril 1894) le 29 mars 1921 en mairie de Gagny (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis). Le couple demeurait dans un pavillon de la localité au 3 rue Guerbette, un fils naquit le 17 juin 1930.
Dans le cadre de l’affaire Arthur Tintelin, les policiers de la BS1 suivirent de nombreux militants communistes, l’un d’eux venait presque quotidiennement au pavillon d’Henri Maillard. Le 18 ou le 20 juin 1942 les policiers perquisitionnèrent à cinq heures du matin ; deux postes émetteurs à ondes courtes et un appareil de transmission morse furent saisis.
Mis en état d’arrestation ainsi que sa femme Suzanne, il fut emmené et interrogé dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police. Détenu à la prison du Dépôt de la préfecture de police, le 10 août 1942, il fut livré aux Allemands au fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis).
Le lendemain 11 août, quatre-vingt-neuf otages dont Henri Maillard furent passés par les armes au Mont-Valérien. Le même jour, le journal collaborationniste Le Matin publiait un « Avis » signé d’un responsable SS : « Malgré plusieurs avertissements, le calme a à nouveau été troublé sur certains points de la France occupée. Des attentats ont été perpétrés contre des soldats allemands par des terroristes communistes à la solde de l’Angleterre. [...] J’ai en conséquence, fait fusiller 93 terroristes qui ont été convaincus d’avoir commis des actes de terrorisme ou d’en avoir été complices. »
Le corps d’Henri Maillard fut incinéré au Père-Lachaise ; sa femme Suzanne fut déportée le 21 janvier 1943 de Compiègne (matricule 31627) à destination d’Auschwitz-Birkenau (Pologne). Elle y mourut du typhus à la mi-avril de la même année, ou le 14 mars selon les sources. .
Le nom d’Henri Maillard fut gravé sur le monument aux morts dans le cimetière de Gagny et sur la plaque des morts de 1939-1945 apposée dans l’église Saint-Germain.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145910, notice MAILLARD Henri, Théodule, Albert par Daniel Grason, version mise en ligne le 5 avril 2013, dernière modification le 19 février 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 2117, PCF carton 13, rapports hebdomadaires sur l’activité communiste, 77W 385. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, Éd. de Minuit, 1995. – Le Matin, 11 août 1942. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC VII-7. – Fichier FMD. — Mémorial GenWeb. – État civil, Arch. Dép. Pas-de-Calais.

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