ETHIS Marcel, Jean-Baptiste

Par Daniel Grason

Né le 23 novembre 1894 à Montreuil-sous-Bois (Seine, Seine-Saint-Denis), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; artisan fondeur en cuivre.

Photographie au nom d’Ethis dans le fichier de l’Association des familles de fusillés. Il s’agit vraisemblablement de Marcel Ethis
Photographie au nom d’Ethis dans le fichier de l’Association des familles de fusillés. Il s’agit vraisemblablement de Marcel Ethis
Musée de la résistance nationale

Fils de Charles et d’Augustine, née Richy, Marcel Ethis, de la classe 1914, combattit plusieurs années pendant la Grande Guerre ; il fut titulaire de la Médaille militaire et de la Croix de guerre avec trois citations. Il était marié à Gabrielle, née Papillon, le couple était sans enfant et vivait 33 rue de la Fraternité à Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis). Avant la Seconde Guerre mondiale, il adhéra à l’association des Amis de l’Union soviétique, sans adhérer au Parti communiste. Artisan, son atelier de fondeur en cuivre était attenant à son pavillon, mais du fait de la guerre son activité de fondeur lui rapportait huit cents francs par mois, moins que le salaire d’un ouvrier.
Louis Thorez et Henri Le Gall s’évadèrent du camp d’internement de Compiègne dans la nuit du 21 au 22 juin 1942. Louis Thorez, beau-frère d’Alphonse Baconier, qui habitait Romainville, se présenta chez lui, et il lui demanda de les accueillir pour quelques jours. Dans l’impossibilité de les héberger, il s’adressa à une ancienne amie, Henriette Pizzoli. Celle-ci demanda à son oncle Marcel Ethis de pourvoir au repas du midi chez lui. Baconier ne dévoila pas l’identité des deux fugitifs. Il indiqua que ses deux amis voulaient échapper au Service du travail obligatoire. Marcel et son épouse Gabrielle acceptèrent pour rendre service à leur nièce car ils savaient qu’Alphonse Baconier continuait à l’importuner et à la menacer physiquement.
Une lettre anonyme parvint à la police le 6 juillet, et quatre inspecteurs de la BS1 se présentèrent le vendredi 10 juillet vers 13 h 30, au 33 rue de la Fraternité. Les occupants avaient compris qui se présentait. Louis Thorez et Henri Le Gall sautèrent du premier étage dans le jardin situé derrière la maison. Les policiers savaient qu’ils étaient là. La porte fut forcée, et après une brève poursuite les deux hommes étaient maîtrisés.
Interpellée également, Henriette Pizzoli reconnut l’écriture du dénonciateur sur l’enveloppe qui lui fut présentée, celle de l’ancien ami éconduit, Baconier. Marcel et Gabrielle Ethis furent aussi arrêtés.
Marcel Ethis fut livré aux Allemands et incarcéré au fort de Romainville. Le 11 août, quatre-vingt-huit otages furent passés par les armes au Mont-Valérien. Le même jour, le journal collaborationniste Le Matin publia un « Avis » signé d’un responsable SS : « Malgré plusieurs avertissements, le calme a à nouveau été troublé sur certains points de la France occupée. Des attentats ont été perpétrés contre des soldats allemands par des terroristes communistes à la solde de l’Angleterre. » Le corps de Marcel Ethis fut incinéré au Père-Lachaise, inhumé au cimetière de Bagneux le 29 août 1942, ré-inhumé après la guerre dans le carré militaire du cimetière de Romainville. Son épouse Gabrielle et sa nièce Henriette Pizzoli furent déportées le 24 janvier 1943 à destination du camp d’Auschwitz-Birkenau, la première mourut le 1er mars 1943, la seconde le 11 juin de la même année.
Une plaque fut posée en mairie et dévoilée le 11 novembre 1948 en présence de la population et du conseil municipal de Romainville. Elle était dédiée aux cent cinq victimes de la guerre 1939-1944. Marcel et Gabrielle Ethis, Henriette Pizzoli y figurent.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article145950, notice ETHIS Marcel, Jean-Baptiste par Daniel Grason, version mise en ligne le 8 avril 2013, dernière modification le 17 octobre 2020.

Par Daniel Grason

Photographie au nom d'Ethis dans le fichier de l'Association des familles de fusillés. Il s'agit vraisemblablement de Marcel Ethis
Photographie au nom d’Ethis dans le fichier de l’Association des familles de fusillés. Il s’agit vraisemblablement de Marcel Ethis
Musée de la résistance nationale

SOURCES : Arch. PPo., BA 2117, KB 74, KB 87, PCF carton 13, rapports hebdomadaires sur l’activité communiste, 77W 1748. – DAVCC, Caen, otage B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit.Le Matin, 11 août 1942. – FMD, Livre-Mémorial, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC XLV-44. – Mémorial GenWeb.

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