LERAT Roger, Pierre, Émile

Par Daniel Grason

Né le 27 septembre 1912 à Saint-Satur, canton de Sancerre (Cher), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; jardinier-fleuriste ; militant communiste.

Fils d’Émile Lerat (1883-1943), cordonnier, populaire dirigeant communiste du Sancerrois, et de Lydie, née Lacour, ménagère, Roger Lerat demeura à l’Haÿ-les-Roses (Seine, Val-de-Marne) puis 15 rue Deparcieux à Paris (XIVe arr.). Il travaillait comme fleuriste à la maison Soulas au cimetière du Montparnasse. Il adhéra en 1932 au 6e Rayon de la 4e Entente de la Fédération des Jeunesses communistes de France, ainsi qu’au Secours rouge international. Le 12 juin 1932 il participa à une fête champêtre à la Villette-aux-Aulnes en Seine-et-Marne avec les Jeunesses communistes. Le groupe rentra en autocar et chanta avec ardeur une vibrante « Internationale ». L’autocar fut stoppé par la police boulevard de Sébastopol, un contrôle d’identité eut lieu au commissariat du Xe arrondissement à Paris.

Roger Lerat changea plusieurs fois de domicile, habita 15 rue Beaunier, puis dans un immeuble de sept étages au 120 rue de la Tombe-Issoire dans le XIVe arrondissement. Il participait aux sorties champêtres organisées par les Auberges de la jeunesse. En janvier 1938, Roger Lerat entra à l’essai comme aide-jardinier à la Ville de Paris. Nommé stagiaire en avril, il fut titularisé en janvier 1939. Il était inscrit sur les listes électorales, adhéra au Parti communiste en 1938, et milita. Mobilisé le 10 mai 1940 il rejoignit le 104e Régiment d’infanterie. Démobilisé, il ne participa pas à l’activité du Parti communiste clandestin.
Pendant la guerre, sa belle-sœur Gilberte Thibaudat était à la recherche d’une chambre pour son ami Gaston Picard, vingt-quatre ans, étudiant en médecine. Une chambre se libéra là où il habitait, Roger Lerat intervint auprès du propriétaire, et le couple logea dans le même immeuble. À cette occasion il rencontra une fois Jean-Jacques Hautin, en fait Martinot. Il n’ignorait pas que ce dernier et Picard étaient membres de l’organisation clandestine.

Le 18 juin 1942, des inspecteurs de la BS1 interpellèrent Roger Lerat dans le cadre de l’affaire Tintelin. Aucun tract communiste ne fut saisi lors de la perquisition domiciliaire. Il fut inculpé d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939 pour complicité, et emmené dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police pour interrogatoire. Incarcéré au Dépôt, il fut livré aux Allemands le 10 août 1942 au fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis).

Le lendemain 11 août, quatre-vingt-huit otages dont Roger Lerat furent passés par les armes au Mont-Valérien. Le même jour, le journal collaborationniste Le Matin publiait un « Avis » signé d’un responsable SS : « Malgré plusieurs avertissements, le calme a à nouveau été troublé sur certains points de la France occupée. Des attentats ont été perpétrés contre des soldats allemands par des terroristes communistes à la solde de l’Angleterre ». Son père ne survécu qu’un an à cette terrible nouvelle.

Le corps de Roger Lerat fut incinéré au Père-Lachaise. Son nom figure sur la plaque commémorative apposée sur la façade de la Section du PCF 45 rue Théophile-Lamy à Bourges (Cher) : « Honneur à nos morts tombés pour que vive la France », ainsi que sur le monument aux morts de Saint-Satur, sa ville natale.

La mention « Mort pour la France » figure sur l’acte de naissance de Roger Lerat.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146069, notice LERAT Roger, Pierre, Émile par Daniel Grason, version mise en ligne le 18 avril 2013, dernière modification le 10 février 2021.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo., BA 2117, PCF carton 13, rapports hebdomadaires sur l’activité communiste, 1W 0071. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Le Matin, 11 août 1942. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC. – Mémorial GenWeb. – État civil, Saint-Satur.

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