TESSE Roger, Aimé

Par Jean-Marie Guillon, Jean-Pierre Pellegrin

Né le 14 avril 1921 à Saulges (Mayenne), exécuté le 29 août 1944 à Briançon (Hautes-Alpes) ; Armée secrète (AS)-Organisation de résistance de l’Armée (ORA)-Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Fils d’Anatole Tessé, ouvrier agricole (meunier et chauffeur auparavant), et d’Armandine Bailif, résidant à Saulges (Mayenne), Roger Tessé s’était engagé pour trois ans en octobre 1942 dans un régiment d’artillerie de l’armée d’armistice, basé à Tunis. Le débarquement américain en Afrique du Nord du 8 novembre se produisit alors qu’il attendait un bateau à Marseille. Ne pouvant rejoindre son affectation, il fut admis dans l’aviation et nommé au Service du Guet de Serres (Hautes-Alpes) en décembre 1942. Il fut la première recrue du groupe de résistance de Serres, créé à l’initiative d’un enseignant du cours complémentaire, capitaine de réserve. Le groupe, qui venait en appui aux maquis, fut rattaché au secteur K de l’AS des Hautes-Alpes. Roger Tessé lui servait d’agent de liaison, assurant la transmission des messages entre Aspres, Rosans, Jubéo, La Beaume, etc. où les divers maquis étaient implantés. Ayant épousé Yolande Oddou à Serres, il installa une ligne téléphonique clandestine chez la famille Oddou, où se tenaient des réunions entre chefs de maquis. Fin mai 1944, il signa un engagement auprès des FFI du secteur D, en tant que membre de l’ORA, puisqu’il était toujours sous contrat militaire. Durant la période des combats de l’été 1944, Roger Tessé continua à assurer des liaisons et à servir de chauffeur à la Résistance. Il participa au combat et, avec une section du maquis, à la libération de Gap, préfecture des Hautes-Alpes. Il fit partie des éléments venus prêter main forte aux résistants de Briançon, alors que la ville, évacuée par les Allemands le 24 août, restait sous leur menace. Sans doute était-il l’un des chauffeurs de la section motorisée de dix hommes, commandée par l’adjudant André Varanfrain* qui fut envoyée le 29 août pour réoccuper le Fort des Têtes. Elle fut prise sous le feu des Allemands revenus inopinément, à proximité du village de Fontchristiane et de l’entrée Nord du Fort du Randouillet, au lieu dit Communication Y. Le FFI Henry Peuzin*, qui travaillait au même service que lui à Serres et qui avait suivi le même parcours, fut tué alors que ses neuf camarades, rejoints par un agriculteur, parvenaient à se protéger derrière un parapet au bord de la route. Vers 15 heures, une patrouille allemande se dirigea vers eux, précédée de quatre civils prisonniers, mis en couverture. Deux membres du groupe tentèrent de fuir et furent abattus. Tous les autres furent fusillés contre le mur qui les avait protégés Les corps furent enterrés dans une fosse commune le 31 août. Cette fosse fut découverte le 3 septembre suivant par une commission venue identifier les corps de deux soldats américains tués. Après la libération de Briançon, les corps furent inhumés dans le cimetière de la ville lors d’une cérémonie officielle et religieuse. Leurs camarades de la compagnie leur firent un peloton d’honneur. Un monument fut érigé à la mémoire des maquisards du Buech fusillés de Briançon au col de Montbrand (Hautes-Alpes). Roger Tessé fut homologué comme caporal par le commandement FFI. Il fut décoré de la Médaille de la Résistance à titre posthume le 5 janvier 1959. Son épouse donna naissance à son fils, le 2 décembre 1944 et lui donna son prénom. Son nom a été donné à une rue de Serres. « Mort pour la France »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146205, notice TESSE Roger, Aimé par Jean-Marie Guillon, Jean-Pierre Pellegrin, version mise en ligne le 17 septembre 2013, dernière modification le 13 octobre 2021.

Par Jean-Marie Guillon, Jean-Pierre Pellegrin

SOURCES : Mémoire des Hommes SHD Caen DAVCC 21 P 161875 et 21 P 681022 et Vincennes GR 16 P 565691 (nc). ⎯ Commission d’histoire de l’Occupation et de la Libération de la France, Hautes-Alpes, secteur D-Buech. — Richard Duchamblo, Cahiers « Maquisards et Gestapo », Gap, Ribaud Frères, 19 cahiers 1945-1949, reprint 2005, Gap, Éditions des Hautes-Alpes, tome 2, 15e cahier. — Jean-Pierre Pellegrin, 29 août 1944. Neuf résistants de la vallée du Buech assassinés à Briançon. Un crime resté impuni, texte inédit, 2016.— État civil.

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