VARANFRAIN André, Pierre

Par Jean-Marie Guillon, Jean-Pierre Pellegrin

Né le 20 mai 1913 à Montéglin (commune de Laragne, Hautes-Alpes), exécuté le 29 août 1944 à Briançon (Hautes-Alpes) ; Organisation de résistance de l’armée (ORA)-Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Fils de Gustave Varanfrain, boulanger, et de Pélagie Eysserie, André Varanfrain s’était engagé dans l’armée après son service militaire et avait intégré le 159e Régiment d’infanterie alpine à Gap. En septembre 1939, il avait été affecté au 73e Bataillon alpin de forteresse à Jausiers, comme chef de section mitrailleur, avec le grade de sergent-chef. Il servit dans l’armée de l’armistice jusqu’à sa dissolution en novembre 1942. À sa mise en congé, il revint alors à Montéglin avec sa famille. Il était marié avec Yvette Garçin de Savournon (Hautes-Alpes) et était père de trois enfants, alors âgés de 9, 8 et 4 ans. Contacté par le lieutenant Céard qui avait servi dans le même régiment que lui, il adhéra à l’ORA en 1943. Ayant rejoint le maquis d’Aspres-Montbrand (Hautes-Alpes) en avril 1944, il y assura l’instruction des recrues et commanda une section à partir du 1er juin. L’une des attestations qui figurent dans son dossier FFI, celle de René Robert, instituteur à Aspremont (Hautes-Alpes) et responsable du recrutement du secteur, affirme que « A. Varanfrain a été contacté il y a plusieurs mois par le Lt Cérd à qui il avait donné une adhésion immédiate et enthousiaste pour l’activité armée clandestine contre l’occupant ». Une fois la libération de l’essentiel du territoire du département assurée, il fit partie des éléments venus prêter main forte aux résistants de Briançon, alors que la ville, évacuée par les Allemands le 24 août, restait sous leur menace. Adjudant au 3e bataillon du 159e Régiment d’infanterie alpine des FFI, il commandait la section motorisée de dix hommes, venant tous du secteur D-Buech, qui fut envoyée le 29 août pour réoccuper le Fort des Têtes. Elle fut prise sous le feu des Allemands revenus inopinément, à proximité du village de Fontchristiane et de l’entrée Nord du Fort du Randouillet, au lieu dit Communication Y. Le FFI Henry Peuzin* fut tué alors que ses neuf camarades, rejoints par un agriculteur, parvenaient à se protéger derrière un parapet au bord de la route. Vers 15 heures, une patrouille allemande se dirigea vers eux, précédée de quatre civils prisonniers, mis en couverture. Deux membres du groupe tentèrent de fuir et furent abattus. Tous les autres furent fusillés contre le mur qui les avait protégés. André Varanfrain portait sur lui une somme d’argent du budget de l’intendance et avait noué un drapeau tricolore autour de sa taille. Les corps furent enterrés dans une fosse commune le 31 août. Cette fosse fut découverte le 3 septembre suivant par une commission venue identifier les corps de deux soldats américains tués. Après la libération de Briançon, les corps furent inhumés dans le cimetière de la ville lors d’une cérémonie officielle et religieuse. Leurs camarades de la compagnie leur firent un peloton d’honneur. Un monument fut érigé à la mémoire des maquisards du Buech fusillés de Briançon au col de Montbrand (Hautes-Alpes). Il fut homologué comme adjudant par le commandement FFI. Il fut reconnu comme « Mort pour la France » et fut décoré de la Médaille de la Résistance à titre posthume le 7 novembre 1958..

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146207, notice VARANFRAIN André, Pierre par Jean-Marie Guillon, Jean-Pierre Pellegrin, version mise en ligne le 30 septembre 2013, dernière modification le 13 octobre 2021.

Par Jean-Marie Guillon, Jean-Pierre Pellegrin

SOURCES : Mémoire des Hommes SHD Caen DAVCC 21 P 170719 et 21 P 686631, Vincennes GR 16 P 586023 (nc). ⎯ Commission d’histoire de l’Occupation et de la Libération de la France, Hautes-Alpes, secteur D Buech. — Richard Duchamblo, Cahiers « Maquisards et Gestapo », Gap, Ribaud Frères, 19 cahiers 1945-1949, reprint 2005, Gap, Éditions des Hautes-Alpes, tome 1, 1er cahier. — Jean-Pierre Pellegrin, 29 août 1944. Neuf résistants de la vallée du Buech assassinés à Briançon. Un crime resté impuni, texte inédit, 2016. — État civil.

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