LOREAU Raymond, Édouard

Par Daniel Grason

Né le 15 avril 1921 à Paris (XVe arr.), fusillé le 20 mai 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; chaudronnier tôlier à la SNCF ; résistant au sein des FTPF de Côte-d’Or.

Raymond Loreau à droite, avec un républicain espagnol en exil en France
Raymond Loreau à droite, avec un républicain espagnol en exil en France

Fils d’Édouard Loreau, employé de chemin de fer et de Juliette, frère de Pierre Loreau qui fut résistant communiste et des FUJP, Raymond Loreau vivait 8 rue Gaston-Pinot (rue de la Concorde) à Paris (XIXe arr.), chaudronnier tôlier, il travaillait aux ateliers de la SNCF à Noisy-le-Sec (Seine, Seine-Saint-Denis). Antifasciste, il participa en 1938 aux campagnes de solidarité avec l’Espagne républicaine.
Il fit, en 1938, de fréquents voyages à la frontière espagnole pour aider les républicains espagnols internés. Jeune communiste clandestin dans le XIXe arrondissement en 1942, réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), il rejoignit les Francs-tireurs et partisans (FTP) en septembre 1943, matricule 4117, et recruta Gilbert Bizé. En août 1943, un responsable régional des FTP affecta Raymond Loreau au Service G chargé de la récupération d’armes notamment par parachutages dans différents départements dont l’Aisne.
Désormais matricule 12105, il réceptionna des armes et des munitions dans le Doubs. Une agression fut commise à Poitiers le 27 septembre 1943 contre le docteur Michel Guérin, président départemental du PPF de la Vienne qui ne survécut pas à ses blessures. Raymond Loreau et Gilbert Bizé récupérèrent des armes entreposées au domicile d’un militant impliqué dans cette action.
Arrêté le 2 février 1944 par des inspecteurs de la BS2, il fut interrogé dans les locaux des Brigades spéciales en préfecture de police. Incarcéré à Fresnes, il comparut le 12 mai 1944 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) en compagnie de Fernand Palin, André Cayron, René Lanet, Jean Fournier, Roger Briers*, Gilbert Bizé et Robert Bonnet. Tous furent condamnés à mort. Raymond Loreau fut passé par les armes pour « actes de franc-tireur » le 20 mai 1944 à 12 h 06 au Mont-Valérien.
Gilbert Loreau fut inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) dans le carré des corps restitués aux familles, 39e division, située avenue de l’Est. Son nom figure sur la plaque commémorative des cheminots morts en 1940-1945 dans la gare de Noisy-le-Sec et sur le monument des fusillés du Mont-Valérien.
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Raymond Loreau laissa une dernière lettre à ses « amis et camarades » : « Tout va bien en ce qui concerne la santé et le moral (excellent) car pour le restant vous connaissez la nouvelle, c’est lamentable de ne pas voir la fin (le soleil levant) et c’est atroce pour mes parents mais les jeunes d’ici et moi savons que notre sacrifice n’aura pas été vain (autrement on ne nous fusillerait pas). Que ceux qui restent sachent et se souviennent de ceux qui sont tombés volontairement pour que notre idéal ne restât pas sans défenseurs dans une période difficile. »

Son frère cadet, Pierre Loreau, fut arrêté le 2 mars 1944 à dix-huit ans, emprisonné à la Santé et libéré le 17 août 1944 à l’occasion du déclenchement de l’insurrection parisienne.

Le 20 mai 2021, le Souvenir Français dévoila à Paris XIXe arr., rue Gaston Pinot, une plaque en hommage à Raymond Loreau, résistant fusillé le 20 mai 1944 au Mont-Valérien. Jean-Pierre Loreau, délégué général du Souvenir Français de la Drôme et neveu de Raymond Loreau, est à l’origine de la demande d’apposition de cette plaque 8 rue Gaston Pinot où vécut son oncle. Laurence Patrice, adjointe à la Mairie de Paris en charge de la mémoire et du monde combattant, François Dagnaud maire du 19ème arrondissement de Paris, Serge Barcellini, Président Général du Souvenir Français participèrent à la cérémonie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146225, notice LOREAU Raymond, Édouard par Daniel Grason, version mise en ligne le 28 avril 2013, dernière modification le 16 juillet 2021.

Par Daniel Grason

Raymond Loreau à droite, avec un républicain espagnol en exil en France
Raymond Loreau à droite, avec un républicain espagnol en exil en France

SOURCES : Arch. PPo., BA 2117, PCF carton 8, carton 16, rapports hebdomadaires sur l’activité communiste pendant l’Occupation. – DAVCC, Caen, Boîte 5, Liste S 1744-352/44 (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet ANACR Paris (XIXe arr.). – Mémorial GenWeb. – ANACR, 1940-1945. La Résistance dans le XIXe arrondissement de Paris, Le Temps des Cerises, 2005, 321 p. (avec iconographie). – État civil, Paris (XIIIe arr.). — Notes de Jean-Pierre Ravery. Notes de Jean-Pierre Loreau.

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