NAQUET Gustave

Par Roger Vignaud

Né le 1er juillet 1819 à Paris, mort le 14 mars 1889 à Paris ; journaliste et professeur ; participant à la Commune de Marseille (Bouches-du-Rhône).

Gustave Naquet fut l’un des personnages les plus influents de la démocratie marseillaise. Après avoir été professeur de collège, il s’intéressa rapidement aux idées socialistes et milita en faveur de l’éducation de la classe ouvrière. En 1847, il écrivit une brochure d’argumentation juridique et politique contre Guizot intitulée : De la Presse périodique et des lois qui la régissent. L’année d’après, il devint le rédacteur en chef du Contrat social, Journal démocratique de Rouen. Gustave Naquet publia en 1849 à Lyon Le Niveau social, périodique montagnard éphémère. En décembre 1851, il signa l’Appel aux Travailleurs du Comité central des Corporations.

Installé à Marseille, il fut en 1868, l’un des dirigeants de la Société d’Union démocratique et directeur du journal, Le Peuple. Il rencontra Clovis Hugues, venu travailler pour ce quotidien et le nomma rapidement rédacteur en raison de ses qualités littéraires. Aux législatives de 1869, il soutint les candidatures de Léon Gambetta et d’Alphonse Esquiros qui furent tous deux triomphalement élus. À la suite de la défaite cuisante subie par l’armée française à Forbach, le 7 août 1870, une manifestation eut lieu en direction de la préfecture. Elle fut conduite par tous les républicains radicaux et socialistes de la ville de Marseille. Après son discours véhément prononcé contre le régime Impérial, il fut arrêté pour cri séditieux et offense à l’Empereur. En guise de soutien et de protestation, le 8 août, une nouvelle manifestation, conduite par Gaston Crémieux, tourna à l’insurrection et aboutit à envahir l’Hôtel de ville. Lors de la proclamation de la République, le 4 septembre 1870, il fit partie du Comité de salut public présidé par Alexandre Labadié, créé ce jour-là. Il représentait le comité républicain. Le 5 septembre, il fut nommé membre de la commission départementale provisoire, née de la fusion entre la municipalité et le comité de salut public qui venait de se créer dans les bureaux du journal Le Peuple. Le 27 septembre 1870, il était également membre du comité de défense et du comité exécutif de la Ligue du Midi. Naquet soutint sans y participer directement la Commune révolutionnaire proclamée le 1er novembre 1870 à Marseille.

Au début de l’année 1871, il était nommé préfet de la Corse. On ne sait pas exactement le rôle qu’il joua durant la Commune. Après l’échec du mouvement insurrectionnel, il était arrêté et écroué, le 24 mai. Naquet fut jugé le 6 juin 1871 et condamné à deux ans de prison et cinq mille francs d’amende pour outrage à la morale. Le 11 août 1874, il était arrêté à nouveau et poursuivi pour arrestations illégales. Le 16 septembre 1874, faute de preuves, il bénéficia d’un non lieu.
Dans un livre intitulé Révélations sur l’état de siège à Marseille publié en 1875, il dénonça l’attitude du gouvernement de Thiers et du général Espivent de la Villeboinest farouche opposant aux républicains ; il décrivait également dans son ouvrage les conditions pitoyables de l’état des casemates. En 1876, Gustave Naquet se présenta aux législatives, mais il fut battu.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146227, notice NAQUET Gustave par Roger Vignaud, version mise en ligne le 28 avril 2013, dernière modification le 20 mars 2020.

Par Roger Vignaud

SOURCES : Archives Départementales des Bouches-du-Rhône, cote : 2R.594, numéro d’ordre 814.

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