TARDIF Joseph, Absalon

Par Roger Vignaud

Né vers 1834 à Saint-Julien d’Asse (Alpes de Haute-Provence) ; militant de l’AIT à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; participant à la Commune de Marseille ?

Fils de Désiré et de Marguerite Isnard. Journaliste et homme de lettres, Tardif est ancien rédacteur en chef du journal Le Plébéien et membre de la section de Marseille de l’Association Internationale des Travailleurs. En juillet 1868, il faisait partie de l’Association Phocéenne pour le développement de l’instruction dans laquelle figuraient également Gaston Crémieux, Jean-Baptiste Brochier, André Bastelica, et bien d’autres républicains avancés et socialistes. Ils représentaient le parti ouvrier de l’Union démocratique qui s’opposait au parti libéral. Les dissensions des tendances allaient aboutir, en août 1868, à la scission de cette association. Le parti libéral fonda la Ligue Marseillaise de l’Enseignement.
À l’occasion du plébiscite de Napoléon III du 8 mai 1870, Tardif, membre du Comité républicain socialiste, signa un tract appelant les travailleurs des Bouches-du-Rhône à voter « non » au projet de l’Empereur. Lors des élections du Conseil général des Bouches-du-Rhône et du Conseil d’arrondissement de Marseille de juin 1870, il figurait par les signataires d’une établie le 10 juin par le comité Républicain-Socialiste, qui affirme que : « considérant qu’aucun des candidats ne réunit les conditions nécessaires pour représenter la population républicaine et socialiste des Bouches-du-Rhône, les électeurs républicains sont appelés à s’abstenir de voter ou de voter blanc ».
Le 7 août 1870 Tardif se rendit à la Préfecture en compagnie de Sorbier, Louis Delpech et Gaston Crémieux pour obtenir la libération de Gustave Naquet qui venait d’être arrêté. Devant le refus opposé par le préfet, il participa à la constitution d’une délégation qui manifeste le 8 août. Le cortège conduit par Gaston Crémieux aboutit à l’occupation de la Préfecture. Après l’échec de ce mouvement insurrectionnel, Tardif fut arrêté et emprisonné. Le 27 août 1870, il fut condamné par le 1er conseil de guerre à un mois de prison. Toutefois, dans la nuit du 4 septembre 1870, après la proclamation de la République, sur ordre de Léon Gambetta, il était libéré comme l’ensemble des détenus. À cette époque là, il habitait 40, rue des 3 Rois à Marseille. Le 15 septembre 1870, il était nommé chef du cabinet du préfet.
Le 22 septembre 1870, désigné avec Gensoul et Lombard, comme délégué permanent de l’Internationale auprès de l’assemblée régionale de la Ligue du Midi, il représentait le département des Bouches-du-Rhône. Tardif figurait parmi les signataires du procès-verbal établi le 30 octobre 1870 qui décida de dissoudre tous les pouvoirs locaux, de révoquer tous les fonctionnaires de l’Empire encore en fonction et de constituer une commission exécutive du nom de Comité de salut public, prélude de la Commune révolutionnaire proclamée le 1er novembre 1870 à Marseille, dont il fut le secrétaire. Tardif se présenta le 14 novembre aux élections municipales, mais il fut battu. Il fit partie du Cercle républicain du Midi, fondé le 15 novembre, qui tenta de ressusciter l’esprit et les buts de la Ligue du Midi.
Son rôle au sein de la Commune du 23 mars au 4 avril 1871, n’a pu être clairement établi. Après l’échec du mouvement insurrectionnel, il fut arrêté le 31 juillet 1871. Il engagea des poursuites judiciaires contre le général Espivent de la Villeboinest pour séquestration arbitraire, mais il fut débouté de son action par jugement du 15 mai 1872.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146230, notice TARDIF Joseph, Absalon par Roger Vignaud, version mise en ligne le 28 avril 2013, dernière modification le 18 août 2020.

Par Roger Vignaud

SOURCES : Antoine Olivesi, La Commune de 1871 et ses origines, page 103. — Le Sémaphore, 15 avril et 17 mai 1872.

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