VIEILLARD Lucien

Par Georges Portalès

Né le 24 décembre 1923 à Toulouse (Haute-Garonne) ; huissier de justice puis cadre ; syndicaliste Force ouvrière (FO) de la Haute-Garonne ; résistant.

Lucien Vieillard
Lucien Vieillard

Fils de André et de Lucie Munch, employés de bureau, méridional par son père et alsacien par sa mère, Lucien Vieillard fréquenta le lycée de Toulouse (aujourd’hui lycée Pierre de Fermat). Il poursuivit ses études à la Faculté des lettres et à la Faculté de droit de sa ville natale. Il obtint sa licence et, lauréat de la faculté, il est également titulaire du certificat d’aptitude à l’administration des entreprises.

En juin 1940, il n’accepta pas la défaite de la France. Comme sa famille, fidèle aux valeurs républicaines, il s’insurgea immédiatement contre le régime de Vichy À dix-sept ans, il participa à la Résistance des lycéens et étudiants toulousains. À la suite d’une manifestation place du Capitole, il fut arrêté par la police. On le soupçonna d’appartenir à la Résistance. Il subit un sérieux interrogatoire, mais faute de preuve, il fut relâché le lendemain.

Après avoir rencontré deux émissaires venus de Lyon, il fut intégré officiellement en 1941 au sein du mouvement « Libération Sud » grâce au père de l’un de ses camarades, Georges Germain, membre du comité directeur régional R4. (L’attestation délivrée, le 16 décembre 1947, par Roger Monpezat, chef des Corps Francs de la Montagne Noire, en fait foi). En relation constante avec ce dernier, outre les contacts habituels, Lucien Vieillard reçut, en particulier, des instructions pour la distribution des tracts à la Faculté de droit.

Pour éviter le probable départ au STO (Service du travail obligatoire) de la classe 43 en Allemagne, il fut tout d’abord désigné pour rejoindre le maquis de la Montagne Noire. Mais finalement, des complicités proches de la Résistance réussirent à le faire infiltrer, à la cartoucherie de Toulouse, fabriquant des obus anti-aériens pour l’armée allemande. Chargé d’établir des statistiques sur les productions, il fournit régulièrement à son réseau des renseignements qui furent transmis à Londres.

Outre cette mission d’agent de renseignements, Lucien Vieillard fut intégré, au début d’août 1944, en tant qu’agent de liaison dans l’état-major départemental des FFI (Forces françaises de l’intérieur), dirigées par Jean-Pierre Vernant et Serge Ravanel. Il participa à la libération de Toulouse le 19 août 1944, sous le feu des miliciens embusqués sur les toits. Il participa ensuite à l’accueil des maquis en ville et à la prise de possession de la préfecture et du Palais Niel, siège de l’état-major de l’armée allemande en fuite.

Mobilisé pendant quelques mois avant la victoire de mai 1945, Lucien Vieillard reprit ses études.

En 1951, il fut nommé huissier de justice du Tribunal de grande instance de Béziers en résidence à Capestang. Il en démissionna en 1959 pour devenir chef du contentieux de la Caisse de retraite des commerçants et industriels à Toulouse, dépendante de l’ORGANIC (Organisation autonome nationale de l’industrie et du commerce). Il devint également formateur à la caisse nationale de l’ORGANIC.

Enfin, il fut nommé directeur de la caisse régionale de Rennes de cet organisme, couvrant plusieurs départements de la Bretagne. Lors de son départ à la retraite en 1990, il fut promu directeur honoraire.

Depuis, il s’adonne totalement à la peinture. Lucien Vieillard exprima en effet, dès son plus jeune âge, ses dons pour le dessin et la peinture. En 1968, sa rencontre avec Anatole Jahovsky, critique d’art mondialement connu, lui permit de commencer, en véritable autodidacte, une carrière de « peintre du dimanche », parallèlement à sa carrière administrative. Après une première exposition à Paris où il rencontra immédiatement le succès, il participa ensuite à de très nombreuses expositions (personnelles ou de groupe) en Europe et en Amérique notamment.

Ses œuvres sont exposées dans une douzaine de musées et figurent chez des collectionneurs du monde entier. Une très importante bibliographie, de nombreux articles de presse et d’émissions de radio et de télévision lui sont consacrés.

Adhérent à Force ouvrière, fidèle à ses convictions de jeunesse, à son passé de Résistant et à son humanisme, il s’implique dans diverses associations afin de maintenir intacte la mémoire et transmettre aux nouvelles générations le souvenir et l’esprit de la Résistance. Il assume à ce titre de nombreuses fonctions, notamment celles de président départemental et membre du bureau national de l’Association nationale des anciens combattants et ami(e)s de la Résistance (ANACR), de vice-président du Conseil départemental de la Résistance en Haute-Garonne, de membre du comité directeur de l’Association pour le Mémorial de François Verdier (Libération Sud)...

Lucien Vieillard est Commandeur de l’Ordre national du Mérite, il est également détenteur de la Croix du combattant volontaire de la Résistance.

Marié en 1949 avec Jeannine Colson (aujourd’hui décédée), ils eurent un fils Philippe (également décédé).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article146235, notice VIEILLARD Lucien par Georges Portalès , version mise en ligne le 14 octobre 2013, dernière modification le 9 janvier 2017.

Par Georges Portalès

Lucien Vieillard
Lucien Vieillard

SOURCES : Arch. Dép. Haute-Garonne, mémoire de maîtrise d’histoire de Claude Laporte Les enseignants dans la Résistance en Haute-Garonne, fonds Daniel Latapie, 16 J 16. — CD-ROM La Résistance en Haute-Garonne, par Michel Goubet et l’Association Histoire de la Résistance en Haute-Garonne dans le cadre de la campagne nationale de l’AERI (Association pour des études sur la Résistance intérieure). — La Dépêche du Midi, édition de Toulouse, 19 août 2012. — Magazine d’informations de la ville de Toulouse, octobre 2010. — Le Dictionnaire de Toulouse, Éditions Loubatières. — Arch. de l’Union départementale FO de la Haute-Garonne. — Attestation délivrée le 21 mai 1984 par le Secrétariat d’État auprès du ministre de la Défense chargé des Anciens combattants. — Site Internet : www.vieillard-luc.com. — État civil.

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